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Entretien avec Robin Johannsen - 15 février 2018
Grands Interprètes - 8 mars 2018
     
     

Robin Johannsen, le bonheur de chanter Mozart

Le 8 mars prochain, à  l’invitation de la saison Grands Interprètes, la jeune soprano américaine, Robin Johannsen vient à Toulouse pour la première fois avec le B’Rock Orchestra, dirigé par René Jacobs. Entre deux symphonies de Schubert interprétées par cette formation originale, Robin Johannsen chantera le Mozart des airs de concert et d’opéra. Robin Johannsen a suivi le programme Young artist du Deutsche Oper Berlin dont elle est devenue soliste. Elle y a chanté Susanna/Le Nozze di Figaro, Norina/Don Pasquale, Oscar/Un Ballo in maschera, Sœur Constance/Dialogues des Carmélites mais aussi Gretel, Marzelline, Blonde, Susanna, et Pamina (Opera de Leipzig). Elle a débuté en 2008, une carrière de soliste indépendante avec une prédilection pour les répertoires baroque et classique. Dans la perspective de ses débuts toulousains, Robin Johannsen a bien voulu répondre à nos questions sur sa jeune et brillante carrière.



La soprano américaine Robin Johannsen - Photo Tatjana Dachsel -

Classictoulouse  : Avez-vous débuté vos études musicales directement par le chant et comment avez-vous découvert votre propre voix ?

Robin Johannsen : Ma mère raconte que j’ai chanté « La, la, la » dès mon plus jeune âge, même avant que je sache parler. Bien qu’il n’y ait pas de musicien dans ma famille, j’ai toujours adoré la musique et j’ai toujours aimé chanter. Je ne sais pas d’où me vient cet amour. Il a été une partie de ma vie depuis le tout début et j’ai toujours rêvé de monter sur une scène.

 :Quelles personnes ou quels événements vous ont décidé à vous lancer dans le chant et l’opéra ?

R. J. : Jusqu’à la classe de première, je voulais faire du théâtre musical à Broadway. Cependant, mon professeur de chœur au lycée a détecté quelque chose dans ma voix qui lui a suggéré que je pourrais devenir chanteuse d’opéra. Il a vraiment cru en moi et m’a fait écouter les grands chanteurs de l’ancienne école qu’il adorait comme Maria Callas, Joan Sutherland, Lily Pons, Leontyne Price, Alfredo Kraus, Nicolaï Gedda et Jussi Björling. Il m’a enseigné quelques airs et m’a encouragé à auditionner pour intégrer des programmes d’opéra de l’université et pas seulement des programmes de théâtre musical. J’ai alors découvert que l’opéra combinait de la musique somptueuse et émouvante avec un jeu théâtral. C’était une véritable chance de toucher le public et d’exprimer toutes les émotions que je ressentais. J’ai grandi en adorant tellement cela que l’ai décidé de considérer plutôt le théâtre musical comme un « hobby ».

 : Comment avez-vous rejoint le Deutsche Oper Berlin après avoir étudié à l’Université de Cincinnati ?

R. J. : J’ai rejoint le Deutsche Oper Berlin en tant que « Young artist ». J’ai passé une audition à New York et comme il y a là de si nombreuses et merveilleuses sopranos à chaque session, je n’imaginais même pas ce qui se passerait si j’étais invitée à venir à Berlin et si j’avais à traverser l’océan. J’ai été surprise lorsqu’on m’a appelée, mais c’était une opportunité trop inespérée pour que je la refuse. Il ne s’agissait alors que d’un programme de dix mois, mais j’ai eu beaucoup de chance que l’Intendant de l’Opéra Allemand, Herr Sense, et le Directeur musical général, Christian Thielemann, m’invitent à devenir soliste de l’Ensemble pour les deux années qui ont suivi mon apprentissage. J’ai alors pu chanter avec des chefs d’orchestre prestigieux et des chanteurs mondialement célèbres, et travailler avec le formidable personnel du Deutsche Oper Berlin. J’ai tellement appris et acquis une telle expérience, que ce soit pendant les répétitions ou les représentations, ou les deux, presque chaque jour pendant trois ans !



Robin Johannsen à l'opéra - Photo Insbrucker Festwochen -

 :Comment caractériseriez-vous votre voix ?

R. J. : Je suis une soprano, mais j’essaie de ne pas me laisser enfermer dans une case au-delà de cela. Certains de mes rôles sont plutôt lyriques et certains autres lyriques avec un prolongement colorature. J’adore chanter des vocalises rapides, et j’essaie d’aborder autant de musique baroque, de Mozart et autre musique classique que possible, car je sens que c’est le domaine où ma voix est la plus heureuse.

 : Quel est votre répertoire favori et comment évolue-t-il ?

R. J. : J’adore les périodes baroque et classique, mais j’ai également du plaisir à chanter parfois d’autres types de musique comme un défi et une excitation pour mon esprit et ma voix. Un très bon exercice consiste à étudier les styles des différents compositeurs que vous chantez jusqu’à ce que vous ayez l’impression d’avoir chanté cette musique pendant toute votre vie. Mahler me touche profondément jusqu’au fond de mon âme et j’ai pris un grand plaisir à chanter plus tôt cette année « Les Illuminations » de Britten.

 : Comment partagez-vous vos activités entre les représentations scéniques et les concerts ? Avez-vous une préférence ?

R. J. : J’adore les deux de façon différente. Devoir choisir entre les deux reviendrait à devoir choisir un enfant plutôt qu’un autre ! Je suis très heureuse de pouvoir pratiquer les deux. Bien sûr, il existe une grande différence entre chanter un oratorio et chanter un opéra – surtout parce qu’un oratorio possède souvent une nature sacrée et vous tenez sa musique dans vos mains tout en restant sur place. Mais une fois que la musique est mémorisée, que ce soit pour un concert d’arias comme à Toulouse, ou pour un récital de lieder, cela ressemble pour moi à participer à un opéra, car il n’y a aucune partition qui vous sépare de votre public. Le gros avantage du concert est que la durée des répétitions est beaucoup plus courte et vous passez ainsi moins de temps loin de ceux que vous aimez…



Robin Johannsen et René Jacobs - Photo Facebook/Robin Johannsen -

 : Pourriez-vous nous parler de votre rencontre avec René Jacobs ?

R. J. : J’ai toujours été fan absolue de René Jacobs bien longtemps avant de le rencontrer ou de passer une audition pour lui. C’était un de mes rêves de chanter avec lui. Mon manager a assisté à toutes ses présentations  à Berlin et a discuté avec lui pendant quelques années jusqu’à ce qu’il accepte de m’écouter. J’ai beaucoup de chance de chanter dans de nombreuses productions avec René depuis 2014 et je continue à apprendre beaucoup chaque fois de sa part sur le chant, la musique et l’interprétation.

 : Parlez-nous des airs de Mozart que vous allez chanter lors de votre concert de Toulouse.

R. J. : Chacun de ces quatre airs de Mozart est un bijou et un petit monde en soi.
* « Ah se in ciel, benigne stelle » est extrêmement virtuose avec de rapides coloratures. Chanter cet air revient à sauter dans des montagnes russes sans pouvoir en descendre avant la dernière note !
* « Misera dove son » est composé sur un beau livret poétique de Metastasio. En fait j’ai chanté cet été à Estherazy, en Hongrie, un air de Gluck composé sur le même texte. C’est fascinant de constater comment deux grands compositeurs ont mis en musique de manière si différente ce même texte. Mozart va si loin dans le récitatif pour exprimer la souffrance de mon rôle de Fulvia, lorsqu’elle croit, par erreur, que son époux est mort. Dans l’air, elle se lamente de constater que ce n’est pas elle qui s’exprime, mais son grand chagrin. Elle prie pour que la foudre la frappe, la délivre de son chagrin, et se désole que le ciel n’exhausse pas son vœu.
* « Ah lo previdi », la plus longue et la plus difficile de ces arias, est comme un mini-opéra à elle seule. Le texte provient de l’ouvrage de Paisiello, Andromeda. Dans cet air, mon personnage croît que son aimé Perseo a pris sa propre vie. Il reproche vivement à Eristeo d’avoir épargné sa vie et pas celle de Perseo alors qu’il le pouvait. Puis il exhorte Perseo disparu de l’attendre avant d’atteindre le pays des morts, afin qu’ils franchissent ensemble la dernière marche.
Le dernier air est celui d’Ilia, dans Idomeneo : « Se il padre perdei ». Cet air très élégant est touchant de manière très accessible. Alors qu’elle a perdu son père et sa patrie, Ilia chante son bonheur de constater qu’Idomeneo est maintenant comme un père pour elle, et qu’elle peut vivre dans son pays auprès de son fils bien-aimé.

 : Merci beaucoup ! Nous nous réjouissons de vous entendre à Toulouse le 8 mars prochain.

Propos recueillis par Serge Chauzy
Article mis en ligne
le 17 février 2018

 

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