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DVD/ Il Trovatore -  Giuseppe Verdi – Arènes de Vérone
     

Du feu, du sang, des larmes : Il Trovatore

Calé entre Rigoletto et La traviata, Il Trovatore est assurément l’œuvre la plus flamboyante d’un jeune compositeur à peine quadragénaire. Son génie s’exprime ici avec une telle vitalité que le succès public est immédiat, traversant les frontières et les océans. Il ne s’est jamais démenti. Entre chœurs, duos, trios, ensembles et cabalettes endiablées, sans oublier cet air de la Tour qui est peut-être le chef d’œuvre lyrique à lui tout seul du musicien, sans omettre non plus une trame dramatique très resserrée, pleine de rebondissements, ardente et enfiévrée, tout est ici réuni pour faire chavirer le cœur du lyricomane le plus blasé.

Avec Aïda, du même compositeur, Il Trovatore fait partie des titres iconiques des célèbres Arènes de Vérone depuis plus d’un siècle.  Et c’est avec une ferveur sans cesse renouvelée que les quelques 22 000 spectateurs que contient ce lieu en dehors du temps se réunissent chaque année pour célébrer un art fait d’émotion et de passion. Cette foule immense communie avec une action et des interprètes malgré une distance pouvant, pour certains spectateurs, dépasser la centaine de mètres. C’est dire combien les productions se doivent de respecter un cahier des charges précis. Ici le grandiose et le visible sont de mise.

O

Inutile pour un metteur en scène de passer trois heures à régler la position d’un bras ou d’une main car les héros de ces représentations sont devenus des archétypes. Sur la plus grande scène du monde le détail disparaît au profit du symbole compréhensible immédiatement et de tous côtés. Franco Zeffirelli (1923-2019) l’avait parfaitement appréhendé et avait conçu pour ce Trovatore véronais un décor caméléon se transformant à l’envi en camp militaire, campement de gitans, somptueuse cathédrale ou ténébreuse prison. Si la direction d’acteur peut se révéler rudimentaire, mais appropriée au lieu, encore faut-il préciser qu’elle n’a rien à envier cependant à celle que l’on peut par contre déplorer dans des cadres plus intimes… Saluons donc comme il convient la reprise de cette production créée in loco en 2001 et follement applaudie depuis par un public en délire.

Des voix, certes, mais pas que…

La tradition a fait de cet ouvrage l’un des plus épiques vocalement de Giuseppe Verdi malgré une orchestration peu chargée. Le drame certainement, plus quelques gosiers en mal de se pousser du col ont participé à cette évolution. Soit. Il faut faire avec. Et en l’occurrence, à Vérone, certains « formats » ne sont pas inutiles malgré l’acoustique. Voici donc la basse italienne Riccardo Fassi, dont le répertoire mozartien est tout sauf anodin, dans le rôle de Ferrando. C’est lui qui installe le drame en une sorte de prequel. Le timbre est magnifique, de même que la ligne de chant et la musicalité. Il est difficile de penser mieux dans ce rôle. Arrivent ensuite les quatre protagonistes principaux. C’est la mezzo américaine Dolora Zajick qui ouvre le ban avec son Azucena, un rôle qu’elle a fait sien sur les plus grandes scènes de la planète et depuis de nombreuses années. A la veille de ses 70 ans, la cantatrice fait une véritable démonstration de technique. Le timbre est intact et si l’on peut entendre quelques retenues dans le médium, comment ne pas être sidéré par la profondeur d’un grave abyssal et le tranchant d’un aigu péremptoire. Une leçon certainement pour la jeune génération. Si le rôle-titre ne trouve pas chez le ténor azerbaidjanais Yusif Eyvazov un artiste des plus subtils, du moins faut-il concéder à celui-ci une vaillance qui gomme en partie un timbre assez ingrat souligné par un appui sensiblement en arrière. Avec le baryton italien Luca Salsi nous nous retrouvons avec l’une des stars actuelles dans cette tessiture et ce répertoire. En effet, le chanteur écume les plus grandes scènes du monde dans le répertoire verdien. Paris, Milan, New York, Vienne et d’autres capitales ne peuvent se passer de lui dès qu’elles affichent Verdi. D’une parfaite homogénéité la voix se déploie dans un volume impressionnant et un phrasé aussi large que généreux. Pour ses débuts dans l’amphithéâtre romain, l’Austro-russe Anna Netrebko s’aventure en terrain connu et conquis d’avance, celui de Leonora, un rôle qu’elle a fait sien depuis longtemps et qu’elle maîtrise à la perfection de sa voix puissante, mordorée, capable de demi-teintes insondables de finesse et de sons filés renversants, le tout dans un legato stupéfiant de musicalité. Indiscutable !
Des voix donc, certes, mais pas que. Effectivement le Chœur et l’Orchestre des Arènes de Vérone, sous la direction de Pier Giorgio Morandi, participent pleinement à la réussite de l’entreprise, tant par leurs couleurs, leur discipline, leur musicalité et le drame que la direction du maestro italien sait insuffler dans sa proposition.
Superbe !

Robert Pénavayre
Article mis en ligne le 4 janvier 2021

 

 

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Giuseppe Verdi
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