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Disques/CD / Johannes Brahms - Les deux concertos pour piano et orchestre - András Schiff - Orchestra of the Age of Enlightenment
     

Le Brahms nouveau est arrivé !

Le pianiste et chef d’orchestre d’origine hongroise András Schiff innove tout en retournant aux sources. Sa pratique du piano soliste se combine à celle de la direction d’orchestre pour explorer un répertoire nouveau. Les concertos de Bach, de Mozart et dans une moindre mesure ceux de Beethoven ont incité certains pianistes à y jouer les deux rôles. Celui de soliste et celui de chef d’orchestre. L’amplification de la partie orchestrale dans les œuvres romantiques avait jusqu’à cette nouvelle expérience détourné (intimidé ?) les musiciens tentés par l’expérience. András Schiff franchit le pas et mène son projet avec conviction autour des deux concertos de Brahms.

Né en Hongrie, puis installé au Royaume Unis où il prend la nationalité britannique András Schiff a même été ennobli par la Reine. La démarche qui est la sienne dans cette nouvelle parution des deux concertos pour piano et orchestre de Brahms est double. Non seulement il assume les deux fonctions de soliste et de chef, mais il choisit de confier son approche à l’instrumentarium d’époque. Ainsi, il joue un piano contemporain du 1er concerto de Brahms, fabriqué en 1859 par la compagnie Julius Blüthner de Leipzig et portant le n° 762. Sa sonorité, je devrais écrire ses sonorités, chaleureuses et colorées, confèrent à ses interventions une rondeur intime qui n’empêche pas les élans romantiques.

O

Afin d’accompagner cet instrument et le jeu du soliste, encore fallait-il convoquer un orchestre aux sonorités « compatibles ». C’est ce qui a été accompli avec la participation de la belle phalange composée de musiciens jouant eux aussi sur instruments anciens ou copies d’anciens, le britannique Orchestra of the Age of Enlightenment, autrement dit l’Orchestre de l’Age des Lumières. Le duo qu’il forme avec le piano du soliste/chef d’orchestre s’avère d’une cohérence totale. Aussi bien sur le plan des sonorités que celui des intentions purement musicales.

Disons tout de suite que la vision de Brahms que projettent les interprétations de ces deux partitions s’affranchit d’une tradition post-romantique bien établie. Le discours s’avère moins sévère, l’orchestration (une quarantaine de musiciens) comme le jeu du piano sonnent avec une transparence nouvelle, fuyant les références récentes. La conception peut surprendre certains, mais elle a le mérite de renouveler notre vision du compositeur.
Le Concerto n° 1 en ré mineur du jeune homme de 26 ans, s’ouvre sur une tempête orchestrale (Maestoso) qui prépare avec ardeur l’entrée d’un piano conquérant. Mais, comme le signale András Schiff dans la notice de l’album, Brahms apparaît ici « sans sa barbe ni son gros ventre », allusion faite aux photos du compositeur en fin de vie ! On est frappé par le recueillement de l’Adagio qui retrouve là le caractère sacré souligné par Schumann qui le compare à un « Benedictus ». Dans le Rondo final, la filiation avec le 3ème concerto de Beethoven (un modèle pour le jeune Brahms) est soulignée par l’interprétation.
Dans le Concerto n° 2, plus élaboré et divisé, comme une symphonie, en quatre mouvements, le propos s’élargit sans s’alourdir. La transparence sonore confère au jeu de l’ensemble un caractère de musique de chambre pour grand orchestre. Les tempi et les nuances s’attachent avec une volonté affichée aux indications métronomiques et aux nuances souhaitées et notées par le compositeur. Le dialogue entre l’orchestre et le piano aux accents appuyés, s’établit d’égal à égal. A la vigueur des deux premiers mouvements succèdent les discussions contrastées de l’Andante. Le touchant solo de violoncelle qui l’ouvre, tel une confidence apaisée, ne sombre jamais dans un épanchement excessif. L’animation de la partie centrale laisse la place aux échanges. Une légèreté lumineuse imprègne tout le final. Le caractère tsigane de la danse évoquée, sa gaieté et sa vigueur ne saurait échapper au chef/pianiste dont l’origine magyar dicte l’authenticité de l’interprétation.
Un nouveau regard est posé sur Brahms.

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 25 juin 2021

 

Infos
 


J. Brahms
Concertos n° 1 et 2 pour piano et orchestre
András Schiff, piano et direction
Orchestra of the Age of Enlightenment
EMC New Series 2690/91
Enr. 2019

 

 

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