www.classicToulouse.com
classic toulouse
ARCHIVES
 
 

 

Opéra/ Opéra de Paris - Garnier /La fiancée vendue -
B. Smetana - 14/10/2008
 

CRITIQUE

La petite Fiancée du peuple tchèque

Le second opéra de Bedrich Smetana, La Fiancée  vendue, est l’une des œuvres les plus populaires et les plus aimées de tout le répertoire tchèque. Il vient de faire son entrée à l’Opéra de Paris.

Créé à Prague en 1866, le compositeur a alors 42 ans, cet ouvrage, en fait un opéra comique en trois actes, tient avant tout par sa musique, une partition d’un charme fou puisant abondamment dans le folklore tchèque, comportant de nombreux chœurs et ballets.
En France, nous connaissons surtout l’ouverture, véritable chef d’œuvre d’écriture. L’histoire en elle-même n’est pas très originale. Elle se passe dans un milieu paysan et met en présence un jeune homme et une jeune fille follement épris l’un de l’autre. Sauf que cette dernière est promise par ses parents à un riche parti, un peu simplet. Pour le moins ! Au milieu de ce drame intervient un marieur, personnage avide d’argent et peu recommandable, qui verra ses plans s’effondrer lamentablement grâce à la ruse du jeune homme. Le passage d’un cirque ambulant achèvera la comédie et tout se terminera dans un chœur d’allégresse et de joie.
Pour son entrée au répertoire de notre première scène nationale, l’œuvre bénéficie d’une nouvelle production signée Gilbert Deflo pour la mise en scène et William Orlandi pour les décors et costumes. Sur un livret pareil, dû par ailleurs à un personnage, Karel Sabina,  qui se révèlera plus tard être un indicateur de police (!),  difficile de s’éloigner de l’esthétique d’origine. Tout au plus, comme pour certain Elixir d’amour, l’action est-elle gentiment transposée au début du siècle dernier. Si le décor, tout en nuances de rouge, est quasi minimaliste, la mise en scène est particulièrement alerte et répond bien aux contraintes du genre.


Le ténor Ales Briscein (Jenik) (Photo : Sébastien Mathé)

Une distribution  d’une parfaite homogénéité
Plusieurs rôles importants sont à distribuer. Peut-être pas très difficiles, mais requérant une connaissance parfaite de cette musique et du style de l’écriture vocale qu’elle sous-tend.
Saluons tout d’abord la très belle prestation du ténor tchèque Ales Briscein. C’est lui Jenik, le jeune homme par qui le scandale (la vente de sa fiancée…) et le bonheur (la ruse qu’il emploie pour la récupérer) éclatent. Une belle prestance scénique se double ici d’un bel organe, clair et lumineux, homogène jusque dans les aigus et parfaitement projeté. La ligne de chant est superbe de tenue et de souffle. Sa bien aimée, Marenka, a les traits charmants du soprano allemand Christiane Oelze. Son extrême musicalité fait merveille dans sa grande scène du troisième acte. Autre rôle important, celui du marieur Kecal. C’est la basse allemande Franz Hawlata qui affronte ici, avec bravoure et une confondante aisance scénique,  une tessiture réclamant un ambitus profond. Soulignons enfin, les autres rôles, bien tenus au demeurant, étant vraiment secondaires, l’interprétation délicate du neuneu de service, le simplet cousu d’or : Vasek, ici le ténor allemand Christoph Homberger. Lui finira dans la peau d’un ours, au grand dam de ses parents.


Vue d’ensemble de la production (photo : Sébastien Mathé)


L’orchestre et les chœurs (remarquables dans un pareil répertoire) de l’Opéra de Paris sont sous la direction de Jiri Belohlavek. Sous sa baguette, cette partition nous parvient dans toute sa brillance, son entrain, sa complexité aussi, laissant ainsi entrevoir les trésors de subtilité qu’elle contient.

Robert Pénavayre

 

infos
 



Prochaines représentations : 22, 26, 28 et 31 octobre
et 2 novembre 2008
Renseignements et réservations : www.operadeparis.fr

 
 
Les saisons musicales
lyrique et
chorégraphique
toulousaines
2008-2009








 

 

 

copyright © 2007
www.classictoulouse.com
- tous droits réservés -
infos légales

 

 

 

entretiens - festivals - concerts - danse - opéra - disques - dvd - partenaires - contacts - liens - index