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Opéra/ Théâtre du Capitole / La Chauve-souris - J. Strauss(23/12/2006)
     

La fête chez le Prince Orlofsky -  De gauche à droite :  Michel Trempont, Patrick Raftery et Max Emanuel Cencic (photo Patrice Nin)


CRITIQUE

« La situation est peut-être désespérée mais pas sérieuse »

 

Cette phrase, dans la bouche des Viennois pris en étau entre Napoléon et les Turcs, est l’essence même de cet esprit d’une incroyable légèreté qui trouvera son apothéose dans le chef d’œuvre de Johann Strauss : La Chauve-souris.

En reprenant cet ouvrage, en français,  dans le cadre d’une nouvelle coproduction  en association avec l’Opéra Royal de Wallonie, Monte-Carlo, Metz et Bordeaux, le Capitole de Toulouse ne pouvait mieux choisir pour terminer l’année 2006.
Si la mise en scène (Jean-Louis Grinda), les décors (Rudy Sabounghi), les costumes (Danièle Barraud) et les lumières de Laurent Castaingt s’inscrivent directement dans une tradition séculaire, par contre, l’élément moteur de ces représentations n’est autre que le chef d’orchestre Günter Neuhold. Après son immense succès remporté in loco l’an passé dans La Veuve Joyeuse, il était légitime que Nicolas Joel lui propose cette Chauve-souris. Face à une partition finalement plus complexe que celle de Lehár, le miracle se reproduit à l’identique. Dès les premiers accords, on sent les cordes frémissantes, prêtes à bondir sur ces changements de rythmes, valses, polkas, galops qui émaillent cette opérette de luxe. L’intention suit en permanence et il n’est que d’écouter le magnifique ensemble concertant du 2nd acte (Petit frère…) pour appréhender tout le magnifique  travail de ce chef et de notre orchestre. Avec eux, cette musique retrouve ses lettres de noblesse. Un must !

Un choc nommé Orlofsky

Dans une distribution de qualité, plus qu’une surprise, un vrai choc nous attendait. Dans un rôle finalement secondaire, celui du Prince Orlofsky, habituellement distribué à un mezzo-soprano, Nicolas Joel avait invité le contre-ténor Max Emanuel Cencic. Avec l'impossible dégaine de celui qui est revenu de tout, conjuguée à une espèce d’accent très Europe Centrale à couper au couteau, sans oublier bien sûr cette incroyable voix aux harmoniques venues d’ailleurs, une voix, faut-il le souligner, à la puissante projection, ce jeune artiste fait entrer le spectacle dans une autre dimension.
A ses côtés, il convient de saluer tout le talent de Sophie Marin-Degor, Caroline  au soprano impérieux et subtile comédienne, Jael Azzaretti, Adèle pleine d’un charme canaille qui n’enlève rien à une très jolie voix, Estelle Danière, Flora à l’abattage dévastateur.
Si le Gaillardin de Patrick Raftery et le Duparquet de Didier Henry doivent beaucoup à la présence scénique de leurs interprètes, retenons l’excellent Alfred du ténor Sébastien Droy, sans oublier nos irremplaçables vétérans : Michel Trempont (Tourillon) et Ricardo Cassinelli (Blind).
Un dernier mot pour dire combien la chorégraphie de Laura Scozzi, avec ses clins d’œil à West Side Story, nourrit le deuxième acte d’une pointe d’irrévérence…fort bien venue.

Robert Pénavayre



     
     

 

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Prochaines représentations les 27,28,29,30 et 31 décembre
Renseignements et réservations sur www.theatre-du-capitole.org


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