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Entretien avec Amel Brahim-Djelloul - Théâtre du Capitole (13/11/2008)
     


« Je m’exprime dans Mozart de façon très naturelle »

C’est sous le soleil de son Algérie natale qu’Amel Brahim-Djelloul fera ses premières vocalises. Très rapidement elle rejoindra Paris pour parfaire son éducation musicale et vocale et la voici aujourd’hui au Capitole de Toulouse pour l’un des rôles majeurs du répertoire mozartien : Susanna des Noces de Figaro.


La soprano Amel Brahim-Djelloul sera Susanna et Barberina dans les Noces de Figaro au Capitole de Toulouse.

Rencontre

Classictoulouse  : Le public du Capitole vient de vous découvrir dans un rôle tout à fait épisodique, celui d’Antigone, dans l’Œdipe d’Enescu qui ouvrait la saison toulousaine. Vous vous présentez aujourd’hui dans un tout autre emploi, celui de la Susanna des Noces de Figaro, ainsi d’ailleurs que dans celui de Barberina dans ce même ouvrage. Quelle image aviez-vous de ce théâtre et de son public ?

Amel Brahim-Djelloul : En fait, les idées que l’on a avant de venir sont celles que les collègues du métier véhiculent. Donc, je savais que c’était un grand théâtre, tant du point de vue de la programmation que des chanteurs qui y sont engagés, des chefs d’orchestre et des metteurs en scène. Quant au public, je pense qu’il est très connaisseur, averti, chaleureux et accueillant. Nous sommes dans le Sud !

 : Mozart est un compositeur qui, malgré votre jeune carrière, vous est particulièrement familier.

ABD : Effectivement, j’ai déjà à mon répertoire de nombreux opéras de Mozart : Despina (Cosi fan tutte), Pamina (La Flûte enchantée), Servilia (La Clemenza di Tito), Susanna et Barberina (Le Nozze di Figaro). Oui, je le reconnais, Mozart est le compositeur dans lequel je m’exprime avec le plus de naturel musical et vocal.

 : Quelle discipline réclame ce répertoire ?

ABD : Le respect absolu de ce qui est écrit dans la partition, y compris bien sûr les récitatifs. Il ne faut surtout pas « surinterpréter » mais plutôt faire preuve d’humilité.

 

 : Parlez-nous de ce rôle de Susanna.

ABD : C’est, tout d’abord, un rôle extrêmement long ! Dramatiquement, elle  se situe entre la noblesse et le peuple, disons qu’elle serait une gouvernante. Elle est le jouet du comte, elle le sait et le vit très mal d’autant qu’elle le cache, pendant un certain temps, à Figaro. Elle est la personnification de l’humain, avec sa jalousie, ses doutes et ses sentiments cachés.
Avec Figaro, ils sont merveilleux. Cela dit, elle est plus mature que Figaro, mais je crois que c’est dans la nature humaine… D’ailleurs, je me demande si l’opéra ne devrait pas se nommer Les Noces de Susanna ! Vocalement, le rôle n’est pas spécialement difficile, mais il réclame, vue sa longueur, de garder quelques forces pour le 4ème acte.

 : Vous chantez en alternance deux rôles : Susanna et Barberina. Est-ce un exercice facile ?

ABD : Pas tant que çà. Vocalement, Barberina ne pose aucune difficulté, mais les deux femmes ne sont pas du tout du même âge et n’ont pas la même maturité sentimentale. Fort heureusement pour moi, j’ai déjà chanté dans cette production à Lausanne.

 : Avez-vous, comme beaucoup de jeunes interprètes, un rôle qui occupe vos rêves ?

ABD : Aujourd’hui, franchement non. Avant, il y avait Susanna des Noces de Figaro car je pense que ma personnalité colle bien à ce personnage et que, dans la mesure de mes moyens, je peux lui apporter quelque chose. Mais à présent ce n’est plus un rêve. Par contre, j’ai l’opportunité d’aborder Mélisande et j’en suis ravie. C’est un univers qui m’était complètement étranger parce que trop abstrait, loin de moi et je sens à présent ce personnage commencer à m’envahir. J’ai déjà chanté Yniold et cela m’avait complètement déprimée. Si je réfléchis un peu, il est clair que j’aimerai bien faire la Sophie du Rosenkavalier ou encore Lauretta de Gianni Schicchi. Dans tous les cas je reste très prudente par rapport à mon calibre vocal. Une chose est de chanter un air, autre chose de chanter tout le rôle.

 : Quels sont vos projets immédiats ?

ABD : Tout de suite après Toulouse je donne un récital à Paris, au Petit Palais, sur le thème des musiques de la Méditerranée, puis je retourne en Algérie pour deux concerts avec l’Orchestre National d’Alger, ensuite je suis à l’Opéra comique pour ma prise de rôle de Minka dans Le Roi malgré lui de Chabrier que je reprendrai quelques mois après à Lyon. Entre temps j’aurai chanté ma première Mélisande.

 : Parlez-nous un peu de ce répertoire « méditerranéen » que vous interprétez avec votre frère Rachid et qui a donné lieu à un enregistrement.

ABD : Je chante le répertoire arabo-andalou car je souhaite m’exprimer dans ma langue maternelle. C’est un impérieux besoin. En fait, tout le travail de mon frère sur cette musique me fascinait depuis longtemps. Ce qui m’intéressait également était la conjugaison de ma formation classique avec cette musique et tout ce qu’elle me rappelait.

Propos recueillis le 13 novembre 2008 par Robert Pénavayre

 

infos
 

Théâtre du Capitole - Renseignements et réservations :

www.theatre-du-capitole.org

Représentations des
Noces de Figaro
:

21,22,23,25,28,29 et 30 novembre 2008

 

 

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