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Concerts / Concert à l'Orangerie de Rochemontès - Duo Solot
12 avril 2015
     
COUP DE CŒUR

CRITIQUE

L’orchestre au bout des doigts

Le concert du 12 avril à l’Orangerie de Rochemontès s’ouvrait une fois encore à la découverte de nouveaux talents et de nouvelles approches musicales. Le Duo Solot, composé depuis 2009 de Stéphanie Salmin et Pierre Solot, unis à la ville comme à la scène, pratique un vaste répertoire de piano à quatre mains. A côté des partitions originales conçues pour cette formation, les deux musiciens excellent dans l’exécution de transcriptions pour quatre mains d’œuvres, grandes ou petites, initialement composées pour l’orchestre et même pour les voix. C’est à cette dernière pratique qu’ils avaient décidé de consacrer ce bel après-midi dominical baigné de soleil.

Stéphanie Salmin, occupant la partie aiguë du clavier, et Pierre Solot la partie grave, se partagent équitablement la tâche. Parfaitement synchronisé, tel un pianiste doté de quatre bras, le jeune couple s’investit avec passion, énergie et finesse dans un programme musical à deux volets complémentaires. La transcription, par Dvořák lui-même, de sa 9ème symphonie, la célébrissime « Symphonie du Nouveau Monde », occupe toute la première partie. Un bouquet d’extraits d’opéra de Rossini complète le programme. Pierre Solot, d’une voix sonore et bien assurée, présente les œuvres avec un réel talent de pédagogue et cette pointe d’humour agrémentée d’un léger accent belge.



Le Duo Solot : Stéphanie Salmin et Pierre Solot, piano à quatre mains
- Photo Céline Lamodi -

Avec l’une des plus fameuses symphonies de tout le répertoire, les deux pianistes abordent la transcription que d’aucuns qualifient de « réduction », puisque le seul clavier se substitue à la richesse orchestrale. Comment en effet ne pas « réduire » le pouvoir des couleurs et de la variété sonore incarnées par la partition orchestrale ? L'aptitude étrange de la mémoire, celle des interprètes mais aussi, et peut-être surtout, celle de l’auditeur joue ici un rôle essentiel. Tel éclat de trompettes, tel solo de cor, telle invocation des altos ou des violoncelles apparaissent comme en filigrane sous les touches du piano. D’autant mieux et d’autant plus clairement que les interprètes colorent admirablement leur toucher. Et puis d’autres facettes de l’œuvre sont ainsi révélées par la transcription. La clarté de la polyphonie fait ainsi émerger certains détails, certaines voix secondaires que l’orchestration ne laissait pas toujours apparaître. Avec l’énergie et la passion de leur jeunesse, Stéphanie Salmin et Pierre Solot insufflent à l’ultime symphonie de Dvořák l’enthousiasme de la découverte de nouveaux horizons. La vision des espaces sans limite du Nouveau Monde, portée par le premier mouvement, l’émotion du Largo avec son nostalgique solo de cor anglais (on le perçoit même au piano !), l’animation fébrile de la fête évoquée dans le Scherzo, conduisent inexorablement au final flamboyant, mené avec vigueur et détermination jusqu’à son terme. On ne peut résister à l’implacable montée d’adrénaline qui accompagne la coda. Un grand moment !
Si la seconde partie du concert relâche nettement la tension accumulée pendant la première, elle n’en déploie pas moins une séduction pleine de charme. Les extraits d’opéra de Rossini que joue le Duo Solot se retrouvent dans leur très séduisant album CD déjà publié. Le choix des pièces présentées ici s’avère particulièrement judicieux. Ce portrait musical du « cygne de Pesaro » s’ouvre sur l’ouverture de L’Italienne à Alger, habilement transcrite par le compositeur allemand Richard Kleinmichel. Le sourire vient immédiatement aux lèvres. On pense à l'appréciation de Balzac déclarant : « Cette musique donne de l'espérance aux cœurs les plus endormis. » Les interprètes concilient miraculeusement ici la liberté expressive et l’inexorable mécanique du fameux crescendo rossinien.



Pierre Solot et Stéphanie Salmin dans le cadre idyllique de l'Orangerie de Rochemontès
- Photo Céline Lamodi -

Avec les trois extraits de l’opéra fétiche, Le Barbier de Séville, on découvre l’étonnant talent de transcripteur d’Arnold Schönberg. On n’attendait certainement pas, dans ce répertoire, le compositeur qui révolutionna l’écriture musicale en fondant l’atonalisme et le dodécaphonisme ! Après une ouverture menée avec énergie et subtilité, les deux duos, Figaro-Almaviva, puis Rosina-Figaro, donnent parfaitement l’illusion du chant. L’esprit léger, l’humour, les réparties des personnages, l’alternance entre récitatif et aria, toute cette animation de la scène « passe » parfaitement dans la vivacité du jeu des interprètes.
L’ouverture de Guillaume Tell, qui conclut ce portrait, est enfin jouée dans la transcription éblouissante de Louis Moreau Gottschalk, ce pianiste un peu fou qui parcourut en train, avec plusieurs pianos, tout le Far-West américain à l’époque héroïque de la ruée vers l’Ouest. Un festival de virtuosité pianistique caractérise cette partition que les deux pianistes survolent avec panache. De l’orage à la chevauchée finale, le vent des cimes helvétiques souffle sur cette exécution. En particulier, les broderies qui agrémentent le fameux Ranz des vaches témoignent d’une fluidité et d’une agilité stupéfiante de la part de Stéphanie Salmin.
L’ovation enthousiaste qui salue la prestation des deux sympathiques interprètes les retient encore un peu sur scène pour un bis hors du temps : Tea for two dans une aimable version complice à quatre mains. De quoi prolonger encore ce moment de plaisir sans mélange. Les absents ont eu tort !

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 13 avril 2015

 

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Renseignements, réservations :

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Site Internet :

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Informations :

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Tarifs :

Concert : 24 €, gratuit pour enfant de –10 ans

Abonnement trio : mars, avril, mai = 66 € place réservée dans les premiers rangs de face
Limité à 40 personnes

Un cocktail est offert par les partenaires à l’issue du concert.


Direction artistique :
 
Catherine Kauffmann-Saint-Martin :
- tél. : 05 62 72 23 35

Courriel : cksm@orange.fr

 
Programme du concert donné le 12 avril 2015 à 16 h 30 à l'Orangerie de Rochemontès, à Seilh

* A. Dvořák
- Symphonie du Nouveau Monde

* G. Rossini
- L'Italienne à Alger : Ouverture

* G. Rossini

- Le Barbier de Séville : Ouverture
Duo "All'idea di quel metallo""
Duo "Dunque io son, tu non m'inganni ?"

* G. Rossini
-
Guillaume Tell : Ouverture

 
 

 

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