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Concerts/ Orchestre du Capitole / I. Volkov - R. Muraro (16/02/2007)
     


 
Le chef d'orchestre israélien Ilan Volkov
(photo Keith Saunders)
Le pianiste français Roger Muraro


CRITIQUE

Rutilante Turangalîlâ

L’œuvre en elle-même éblouit par son envergure, ses contrastes, son gigantisme irréaliste, son idéalisme obstiné, sa force de conviction. Messiaen, lorsqu’il a conçu sa Turangalîlâ Symphonie, n’avait, il est vrai, aucune contrainte de la part du commanditaire, Serge Koussevitzky, le directeur du Boston Symphony. Créée en 1949 à Boston, sous la direction du jeune Leonard Bernstein, cette partition d’exception rassemble plus de cent musiciens pour un voyage d’une heure quinze.

Le 16 février dernier, l’orchestre du Capitole s’immergeait dans cette mer symphonique sous la direction du jeune chef israélien Ilan Volkov, avec la participation soliste de Roger Muraro, au piano et de Thomas Bloch à l’onde Martenot, cet instrument magique, initiateur de l’électronique musicale.

Il n’est pas exagéré de dire que l’on sort éclaboussé de sons et de couleurs d’une telle exécution. Ilan Volkov dirige avec une précision admirable un effectif orchestral attentif, discipliné, tendu. Les contrastes d’atmosphère, et ils sont nombreux tout au long des dix mouvements qui composent l’œuvre, sont soulignés avec un sens aigu de la rhétorique de Messiaen. Monumentale entrée du fameux « thème-statue » qui reparaît pendant tout le déroulement de la symphonie, explosions cataclysmiques qui concluent d’impressionnants crescendos, poésie des méditations extatiques, déploiement spectral des timbres, des couleurs, tout concourt à l’exaltation de paroxysmes incroyables.

Le contraste entre la jubilation bouillonnante de « Joie du sang des étoiles » et la méditation nocturne et planante du « Jardin du sommeil d’amour » est à ce titre emblématique.

Le piano de Roger Muraro, grand spécialiste de ce répertoire, illustre ses interventions décisives de ces miraculeux chants d’oiseaux dont Messiaen nourrit tout son œuvre. Thomas Bloch fait planer la voix puissante de l’onde Martenot, lyrique et sensuelle, au-dessus du tutti orchestral.

Tous les musiciens sont à féliciter, des cordes aux cuivres en passant par les bois, sans oublier, bien sûr les 12 percussionnistes, constamment sur la brèche qui ponctue l’éblouissante richesse rythmique.

Un grand bravo au maître d’œuvre, Ilan Volkov, dont la maturité artistique force le respect.

Serge Chauzy

 

 

infos
 

Programme du concert :

*O. Messiaen
Turangalîlâ-Symphonie pour piano, onde Martenot et grand orchestre

 

 

Renseignements et réservations :

Orchestre du Capitole

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