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Concerts/ Les Arts Renaissants / Philippe Jaroussky (22/11/2006)
     

CRITIQUE

Emotion virtuose

Les cimaises du salon rouge du Musée des Augustins en ont certainement frémi de plaisir. Le deuxième concert de la saison des Arts Renaissants, qui avaient retrouvé leur port d’attache le 22 novembre dernier, recevait le jeune et impressionnant contre-ténor Philippe Jaroussky, secondé par son ensemble instrumental Artaserse, dans un programme consacré à l’art des castrats.

Philippe Jaroussky, brillant contre-ténor

     

A 27 ans à peine, Philippe Jaroussky a déjà sérieusement mûri son talent. Réunissant les qualités artistiques les plus rares, il est devenu l’un des contre-ténors les plus accomplis, toutes générations confondues. Son impressionnante maîtrise vocale cohabite avec une sensibilité, une musicalité, un pouvoir expressif dignes des plus grands.

Les possibilités pyrotechniques que lui confère son étonnante agilité vocale éblouissent au premier chef. Le détaché comme le legato, le contrôle du souffle, émanant de ce timbre angélique, bref toute son impeccable technique pourrait se suffire à elle-même. Il n’en est rien. L’émotion jaillit à chaque instant, d’un accent appuyé, d’une tenue pianissimo sur un mot stratégique, d’une ornementation particulièrement bien choisie. Du très grand art !

Alternant arias d’agilité et « lamenti » extatiques, Philippe Jaroussky déploie ses sortilèges sur une dizaine d’airs extraits des opéras favoris des plus célèbres castrats de ce 18ème siècle doré : de Bernacchi à Nicolino en passant par Il Cusanino et l’incontournable Farinelli. La plainte bouleversante d’Ariodante de Haendel ou la fureur déchaînée du Farnace de Leonardo Leo, les sublimes incantations haendéliennes de Rinaldo (l’emblématique « Cara sposa » et l’ébouriffant « Venti turbini ») ne sauraient trouver interprète plus impliqué. L’ultime raffinement est atteint dans les cadences infernales, comme inspirées à Farinelli par les chants d’oiseau, que Philippe Jaroussky ose aborder et parfaitement réussir dans deux arias signés Giacomelli. Avec ce supplément de sensibilité qui émeut.

L’ensemble Artaserse, mené de l’archet énergique du premier violon, Hélène Schmitt, tisse un accompagnement expressif et bien présent. Quelques pièces instrumentales de Haendel et un très virtuose concerto pour basson de Vivaldi (un grand bravo au soliste Jérémie Papasergio, le seul élément masculin parmi les instrumentistes) complètent harmonieusement ce programme attachant.

Deux bis signés Porpora et Hasse calment difficilement l’enthousiasme du public.

 

Serge Chauzy



 

infos
 

Les Arts Renaissants, 24 rue Croix Baragnon 31000 Toulouse
tél : 05 61 25 27 32
E-Mail : Les-Arts-Renaissants@wanadoo.fr

 
 
 

 

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