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Théâtre du Capitole
Mam'zelle Nitouche
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11 au 19/05/2019
Théâtre du Capitole
Saison 2019-2020
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03/04/2019
 
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Opéra/ Opéra de Paris/Bastille – Simon Boccanegra – Giuseppe Verdi
4 décembre 2018
 

CRITIQUE

Le chef d’œuvre mal aimé

L’accueil du public vénitien lors de la création de la première version de cet ouvrage en 1857 fut des plus distants. Cela n’étonna pas outre mesure le compositeur tant il considérait l’œuvre comme « froide et monotone ». Giuseppe Verdi a déjà connu le succès peu d’années auparavant avec Rigoletto, Traviata et Il Trovatore. Dans son esprit, ce sont à présent les phrases amples et une dramaturgie plus puissante qui se dessinent et verront naître Un Ballo in Maschera, puis La Forza del Destino, Don Carlos et Aïda.

C’est d’ailleurs après la création de cette dernière, en 1871, que Giuseppe Verdi, avec la complicité de celui qui allait devenir son librettiste, Arrigo Boito, va réécrire son Simon Boccanegra. Cette seconde version verra le jour à la Scala de Milan en 1881. C’est celle-ci qui fit son entrée au répertoire de l’Opéra de Paris en 1978 et qui est reprise depuis lors. Malgré de profonds remaniements, cet opéra n’a encore jamais pris la place qui est la sienne dans le gotha des œuvres verdiennes. Reconnaissons que, dramatiquement, les vingt ans qui séparent le Prologue du 1er acte portent à confusion. Pour le moins… Et pourtant, a-t-on jamais écrit pareille musique pour évoquer la mer et la passion qu’elle peut entraîner ? Pareille musique pour dire la douleur de perdre un enfant, une femme ? Pareille musique pour imposer la paix ? Assurément l’une des plus subtiles partitions de ce musicien.



Ludovic Tézier (Simon) - Photo Agathe Poupeney -

« Simon Boccanegra est à mes yeux un opéra étrange » Calixto Bieito

Pour sa troisième collaboration avec l’Opéra de Paris, le metteur en scène natif de Burgos est face à une œuvre dramatique qu’il connaît parfaitement car la pièce dont est tiré le livret de cet opéra est en effet signée de l’écrivain espagnol Antonio Garcia Guttiérez. Considérant le personnage de Simon comme le pivot de l’œuvre, ce en quoi il a raison, Calixto Bieito va littéralement le psychanalyser en direct, visualisant sur scène ses souvenirs, ses rêves mais aussi ses cauchemars via des projections ou des personnages réels. L’immense bateau éventré qui occupe la plus grande partie de la scène n’est autre que son cerveau, le siège de sa psyché, un espace mental, abri salutaire face à ses démons. Saluons ici la décoratrice Susanne Gschwender pour le travail architectural fourni. Cela dit, par cette approche scénique qui touche à la métaphysique, il faut bien reconnaître, malgré toute son acuité, qu’elle n’en simplifie pas la compréhension du sujet, Voire… Et c’est dommage car la direction des chanteurs est au cordeau et l’approfondissement de leurs sentiments est remarquable. Une telle analyse dans une œuvre complexe par nature ne pouvait que désarçonner une grande partie du public. C’est chose faite.



Anita Hartig (Amelia) et Francesco Demuro (Gabriele) - Photo Agathe Poupeney -

Distribution de haut vol

Pour sa prise de rôle scénique de ce personnage tourmenté autant par ses problèmes personnels que politiques, un personnage dont la profonde humanité transpire derrière chaque parole, le baryton marseillais Ludovic Tézier, un brin réservé scéniquement, n’a eu aucun mal à réunir tous les suffrages au rideau final tant la voix est ample, généreuse, parfaitement timbrée et répond à un style parfaitement châtié. A ses côtés, Anita Hartig est une Amelia de belle facture, à l’aigu péremptoire, capable de belles nuances. Le ténor Francesco Demuro a davantage la voix de Nadir ou Fenton, ses rôles-signatures, que celle de Gabriele Adorno. Cela dit il se lance dans l’aventure avec une folle conviction et finit, par son engagement scénique, à outrepasser des faiblesses vocales évidentes dans cet emploi. A vrai dire, il y avait sur scène deux barytons dans la capacité de chanter le célèbre Doge. En effet, Nicola Alaimo possède toutes les qualités du rôle-titre, l’italianité en plus. Sauf que ce soir, c’est dans l’emploi peu reluisant dramatiquement de Paolo que nous l’entendons. Il y est bien sûr un interprète de luxe tant par la couleur de la voix que sa puissance et sa ligne de chant. La grande école transalpine conjuguée à une incarnation vibrante. Saluons enfin Mikhail Timoshenko, superbe Pietro. Mais la découverte de la soirée est certainement la basse finlandaise Mika Kares. Son Fiesco sidère dès les premières notes, le creux est là, impressionnant, les harmoniques graves montent dans l’aigu, la voix est donc hyper-bien en place, le phrasé est d’une rare ampleur, l’interprète est sensible, la projection submerge Bastille. Un triomphe mérité l’attendait au rideau final. Une splendide rencontre !
Autre sujet de satisfaction, mais ce n’est pas une révélation, les phalanges maison, chœur et orchestre, se montrent superlatives ce soir-là sous la direction d’un habitué de ce répertoire, qui n’en est pas moins aussi un expert, le maestro Fabio Luisi.
En conclusion, s’il est permis d’ergoter sur la production, il est difficile de ne pas rendre les armes sur la fosse et le plateau.

Robert Pénavayre
Article mis en ligne le 19 décembre 2018

 

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