www.classicToulouse.com
Annonces
 
Théâtre du Capitole
Association Aïda
Francis Grass
26/03/2018
Théâtre du Capitole
Présentation publique
saison 2018-2019
27/03/2018
 
Critiques
 
Théâtre du Capitole
Marie-Nicole Lemieux
mezzo-soprano
25/10/2018
Théâtre du Capitole
La traviata
Giuseppe Verdi
26/09 et 07/10/2018
Théâtre du Capitole
Chœur du Capitole
27/06/2018
Théâtre du Capitole
La Clémence de Titus
Wolfgang Amadeus Mozart
22/06/2018
Théâtre du Capitole
Macbeth, Giuseppe Verdi
18/05/2018
Théâtre du Capitole
Carmen, Georges Bizet
06/04/2018
Théâtre du Capitole
Orphée et Eurydice
Christophe Willibald Gluck
23/02/2018
Théâtre du Capitole
La Walkyrie
Richard Wagner
30/01/2018
Opéra Grand Avignon
Les Mousquetaires
au couvent
Louis Varney
29/12/2017
Théâtre du Capitole
Concert de Noël
Chœur du Capitole
06/12/2017
Opéra de Paris/Bastille
La bohème
Giacomo Puccini
04/12/2017
Théâtre du Capitole
La Rondine, G. Puccini
17/11/2017
Théâtre du Capitole
Tiefland, E. d'Albert
29/09/2017
Odyssud
Anacréon - Actéon
22/09/2017
Théâtre du Capitole
Journées du Patrimoine
16/09/2017
Théâtre du Capitole
Le Prophète
Giacomo Meyerbeer
23/06/2017
Théâtre du Capitole
Lucia de Lammermoor
G. Donizetti
19/05/2017
Opéra Grand Avignon
Anna Bolena
G. Donizetti
14/05/2017
L'Opéra
Film documentaire de
Jean-Stéphane Bron
04/2017
Théâtre du Capitole
L'Ombre de Venceslao
M. Matalon
04/04/2017
Théâtre du Capitole
Ernani
G. Verdi
10/03/2017
Théâtre du Capitole
L'Enlèvement au Sérail
W. A. Mozart
27/01/2017
Théâtre du Capitole
Candide, L. Bernstein
20/12/2016
Théâtre du Capitole
Concert de Noël
Chœur du Capitole
06/12/2016
Théâtre du Capitole
Le Turc en Italie
Gioacchino Rossini
18/11/2016
Opéra de Paris/Bastille
Les Contes d'Hoffmann
Jacques Offenbach
03/11/2016
Opéra de Paris/Bastille
Samson et Dalila
Camille Saint-Saëns
24/10/2016
Théâtre du Capitole
Béatrice et Bénédict
Hector Berlioz
30/09/2016
Théâtre du Capitole
Concours International
de Chant de Toulouse
51ème édition
10/09/2016
Theatro São Pedro
São Paulo - Brésil
Le Nain, A. Von Zemlinsky
21/08/2016
Théâtre du Capitole
Faust, Charles Gounod
22/06/2016
Opéra de Paris/Bastille
Aïda, Giuseppe Verdi
16/06/2016
Théâtre du Capitole
L'Italienne à Alger
Gioacchino Rossini
17/05/2016
Théâtre du Capitole
Le Nozze di Figaro
Wolfgang Amadeus Mozart
15/04/2016
Théâtre du Capitole
Le Roi David
Arthur Honegger
08/03/2016
Théâtre du Capitole
Les Fêtes vénitiennes
André Campra
23/02/2016
Théâtre du Capitole
Les Caprices de Marianne
Henri Sauguet
22/01/2016
 

 

Opéra/ Opéra de Paris - Bastille – La bohème, Giacomo Puccini
4 décembre 2017
 
COUP DE CŒUR

CRITIQUE

2017, l’Odyssée des Bohèmes

A vrai dire, l’affiche de ce spectacle annonçait bien la couleur : une soucoupe volante échouée dans une forêt enneigée ! Bien naïf, à partir d’un tel message, qui s’attendait à une énième illustration « zeffirellienne » du Quartier Latin parisien des années 40 du dix-neuvième siècle. Avec tous les avantages qu’une telle vision suppose bien sûr.



Premier tableau - Photo Bernd Uhlig -

Avant les premières notes de la partition et dès le lever de rideau, les dés sont jetés. Claus Guth (mise en scène), Etienne Pluss (Décors), Eva Dessecker (costumes) et Fabrice Kebour (lumières) nous amènent, c’est le cas de le dire, à des années-lumière de nos confortables habitudes. Pour ce faire, quoi de plus légitime que de se référer à l’œuvre littéraire d’origine, ces fameuses Scènes de la vie de bohème, d’Henri Murger, dont beaucoup parlent et encore plus n’ont jamais lues. A leur lecture, nous apprenons, dans les derniers paragraphes, que les quatre Bohèmes : Rodolphe, Schaunard, Colline et Marcel, se sont transformés, au fur et à mesure de leurs succès artistiques, en de pathétiques bourgeois. Dans leur dernière discussion, Marcel dit à Rodolphe : Nous sommes finis mon vieux. Nous sommes morts et enterrés. La jeunesse n’a qu’un temps. Ils vont ensuite dîner dans ce restaurant où nous avions si faim quand nous avions fini de manger. Ils partent encore une fois égrener leurs souvenirs, faire ressurgir à nouveau la nostalgie des amours perdues, de l’amitié partagée, de l’insouciance, de tout ce qui les animait du temps de leur jeunesse. Claus Guth s’empare de ce dernier paragraphe et le transporte non pas quelques dizaines d’années après la mort de Mimi, mais deux siècles plus tard.



Deuxième tableau (valse de Musette – Aida Garifullina) - Photo Bernd Uhlig -

Nos quatre amis sont des cosmonautes coincés dans une capsule spatiale en perdition dans l’espace. Le nécessaire vital commence à manquer et pour tromper leur peur, ils n’ont d’autre échappatoire que de revivre ensemble le temps de leur jeunesse. Ils vont rêver La bohème de Puccini revue par ses librettistes : Giuseppe Giacosa et Luigi Illica. Et si Mimi, Musette et toute la joyeuse troupe du Café Momus font leur apparition dans la navette spatiale, ce n’est bien sûr que pur fantasme d’hommes déjà en proie au délire ultime.
Il fallait un metteur en scène de l’intelligence de Claus Guth pour mener à bien ce propos. Challenge réussi haut la main et des larmes plein les yeux pour un public qui, en ce 4 décembre, a fait un triomphe à ce spectacle totalement magique, novateur, émouvant, plein de sens dont le moindre n’est pas le respect absolu de la partition et du texte et, surtout, formidablement cohérent. Dans la seconde partie, à partir de La Barrière d’enfer, le crash de la navette a eu lieu et nous sommes sur une planète que l’on devine inhospitalière aux humains et sur laquelle, dans une vision sublime, c’est Rodolphe, sans casque pour le protéger, qui rendra son dernier souffle en se souvenant de sa Mimi bien aimée. Inoubliable !



Troisième tableau : La barrière d'enfer - Photo Bernd Uhlig -

Gustavo Dudamel pour la première fois dans la fosse de l’Opéra

Le directeur de l’Opéra de Paris a réuni une équipe de choc pour aborder un tel spectacle. Le pari gagné de Stéphane Lissner a été celui de la jeunesse, malgré l’annulation, la veille, de Sonya Yoncheva, star incontestable de cette production. Grâce au double cast de cette Bohème, nous avons pu entendre l’Australienne Nicole Car, Mimi aux aigus éclatants, au médium d’une splendide rondeur et à la musicalité d’un tel niveau que son D’onde lieta usci du troisième tableau lui valut une véritable ovation. Aida Garifullina est une Musette hollywoodienne et bien chantante. Claus Guth lui a ménagé une « valse » qui mit en émoi une bonne partie du public… Côté homme, Atalla Ayan (Rodolphe), jeune ténor brésilien, est une révélation. Voix homogène, phrasé ample et généreux, timbre ensoleillé, souffle sous contrôle, une intéressante découverte. Les trois clés de fa sont irréprochables. Il en est ainsi d’Artur Rucinski, Marcello au baryton incisif et puissant, Alessio Arduini, jeune baryton dont le Schaunard prometteur donne furieusement envie d’entendre cet artiste dans des rôles plus exposés, enfin Roberto Tagliavini dont la magnifique basse et le phrasé large et nuancé ne firent qu’une bouchée du fameux air de la défroque. Quant au maestro Gustavo Dudamel, il eût droit à une double ovation, celle du public et celle de l’orchestre (cette dernière est rarissime…).



Quatrième tableau – Final de l’opéra (Mimi – Nicole Car) - Photo Bernd Uhlig -

Méticuleusement attentif à un plateau de jeunes artistes confrontés à une vision pour le moins décalée, le chef vénézuélien faisait ainsi ses débuts à l’Opéra de Paris. Sa direction, fidèle au phrasé puccinien, mais aussi aux mille modernités contenues dans cette partition, tient lieu d’apothéose à un spectacle incroyable dont il paraît impossible d’imaginer seulement l’oubli. Un spectacle propre à convaincre un nouveau public de la pérennité d’un genre trop souvent confiné dans des visions muséales.
En 1896, lors de sa création, La bohème ne connut qu’un succès relatif, malgré la direction d’Arturo Toscanini. Aujourd’hui elle est l’une des œuvres les plus affichées au monde. Le public de la première de cette nouvelle production, le 1er décembre 2017, a copieusement sifflé ce spectacle. Il y a fort à parier que les nouvelles générations vont se battre pour la voir. Ce sont elles qui participeront à la survie du genre. Merci Claus Guth !

Robert Pénavayre
Article mis en ligne le 7 décembre 2017

 

infos
 

Renseignements et réservations :

www.operadeparis.fr

Représentations jusqu’au 31 décembre 2017




 
Les saisons musicales
lyrique et
chorégraphique
toulousaines

 
2018-2019
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

copyright © 2007
www.classictoulouse.com
- tous droits réservés -
infos légales

 

 

 

entretiens - festivals - concerts - danse - opéra - disques - dvd - partenaires - contacts - liens - index