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Opéra/ Opéra de Paris - Bastille – Samson et Dalila, Camille Sait-Saëns
24 octobre 2016
     

CRITIQUE

Un duo, un chœur et… un chef !

Voilà un quart de siècle que l’œuvre lyrique emblématique de Camille Saint-Saëns n’avait pas été donnée à l’Opéra de Paris. En 1991, cet ouvrage avait fait les beaux soirs de la toute jeune salle Bastille inaugurée quelques semaines avant avec Les Troyens. C’est dans une nouvelle production signée Pier Luigi Pizzi et sous la direction de Myung-Whun Chung, alors directeur musical de l’illustre maison, que nous avons entendu Marjana Lipovsek (Dalila), Vladimir Atlantov (Samson) et Alain Fondary (Le Grand Prêtre de Dagon). Il n’est rien de rappeler combien cette production, en particulier le dernier acte, avait été « discutée » …



Un duo d’amour bien banal – Anita Rachvelishvili (Dalila) et Aleksandrs Antonenko
(Samson) - Photo Vincent Pontet -

Que nous propose-t-on aujourd’hui ?

Une nouvelle production qui, encore une fois, ne fait pas l’unanimité, loin s’en faut !

Depuis une quinzaine d’années, Damiano Michieletto, metteur en scène vénitien, est sollicité par les plus prestigieux théâtres et festivals lyriques du monde. Il est incontestablement la personnalité montante du métier, une personnalité qui ne s’aventure que très rarement en dehors du répertoire italien et mozartien. Il s’est tout de même laissé tenter par ce Samson et Dalila. Avec la complicité de Paolo Fantin (décors) et Carla Teti (costumes), Damiano Michieletto se lance dans une relecture de cette fresque biblique. Relecture qui ne serait rien si elle se bornait à situer l’action de nos jours, option devenue d’un terrifiant académisme depuis plus de vingt ans, treillis et kalachnikovs à la clé. Soit. Même si l’intérêt est franchement limité. Ce qui est plus gênant est la transformation radicale du personnage de Dalila qui, semble-t-il nous être dit, est follement amoureuse de Samson, pleure sur sa déchéance et meurt avec lui en s’immolant par le feu ! L’autre point surprenant est la scène au cours de laquelle Samson se coupe lui-même les cheveux et les offre à Dalila. Les Saintes Ecritures n’ont qu’à bien se tenir ! De plus, tout l’orientalisme que le compositeur à savamment glissé dans sa partition trouve dans cette production un contre sens esthétique particulièrement flagrant.

Un spectacle sauvé par ses interprètes

Une fois « avalés » les atermoiements du metteur en scène, pour ne pas dire autre chose, force revient aux artistes qui, eux, vont interpréter la partition telle que Camille Saint-Saëns l’a écrite. A-t-on jamais entendu un tissu orchestral d’une telle beauté pour ce Samson ? Philippe Jordan, pour lequel il devient difficile de trouver des superlatifs, aborde cette partition avec un soin extrême, autant dans les déchainements telluriques des colères de Samson que dans les mélismes vaporeux qui entourent les langoureux soupirs amoureux de Dalila. L’Orchestre de l’Opéra de Paris, l’un des plus fabuleux orchestres de fosse du monde, faut-il le rappeler, avec celui du MET new-yorkais, se montre encore une fois à son zénith avec cet incroyable soyeux des cordes, cette autorité d’une parfaite rondeur des vents, cet équilibre des pupitres qui touche à la perfection. Avec Philippe Jordan, chaque partition lyrique devient aussi un véritable concert.



Scène finale - Photo Vincent Pontet -

Sur scène, entourés des chœurs magnifiquement préparés par José Luis Basso, les deux protagonistes principaux donnent à entendre ce qui se fait quasiment de mieux aujourd’hui dans ces deux rôles. La géorgienne Anita Rachvelishvili est une Dalila dont la prosodie française est stupéfiante de précision. Dès son premier air, Printemps qui commence, le ton est donné. Le phrasé et la superbe musicalité du mezzo-soprano se déploient avec une aisance confondante, l’air devient une véritable mélodie d’un cristal éblouissant. C’est un modèle rarement atteint. Au deuxième acte, l’air de bravoure de la philistine, Samson recherchant ma présence, laisse libre cours à la chanteuse en termes de projection. C’est un véritable torrent de décibels qui envahit l’immense nef de Bastille. Même si l’aigu se durcit un peu et le poitrinage dans l’extrême grave manque de finesse, l’essentiel est là, la vengeance de Dalila est magnifiée par un médium littéralement somptueux de rondeur, de couleur et d’impétuosité. Retour au calme avec, à nouveau, une véritable leçon de chant et ce chef d’œuvre de manipulation féminine qu’est Mon cœur s’ouvre à ta voix. Le portrait vocal est un quasi sans faute. Une merveille longuement ovationnée au salut final. Difficile d’exister à ses côtés. Cependant le ténor letton Aleksandrs Antonenko lui tient tête avec des accents qui réveillent les grands souvenirs du passé. Son Samson a un timbre d’un cuivre ardent, le phrasé est ample et généreux, la voix est parfaitement homogène sur tous les registres, la prosodie, ici encore, est d’un excellent niveau, la puissance convient parfaitement au malheureux nazir. Quelques accents véristes malvenus dans l’air dit « de la meule » sont certainement à proscrire. Mais, y a-t-il mieux aujourd’hui ? J’en doute. Son compatriote baryton-basse Egils Silins ne peut se hisser à pareil niveau, non seulement en termes de prosodie mais aussi de style. Bien que louable, son Grand Prêtre de Dagon ne peut faire grande illusion. Il en est de même du français Nicolas Testé, dont la voix se montre un rien tendue dans le rôle d’Abimélech. Il en est tout autrement de l’autre français de l’étape, la basse Nicolas Cavalier, qui délivre les courtes interventions du Vieillard Hébreux avec une noblesse de ton et une assurance vocale jusque dans l’extrême grave qui n’appellent que des louanges. Les autres rôles sont parfaitement tenus. Il s’agit de John Bernard (Un Messager philistin), Luca Sannal et Jian-Hong Zhao (Deux Philistins).
Rappels sans fin et tonnerre d’ovations saluent cette représentation démontrant en creux le goût du public pour ce répertoire du grand opéra à la française… du moment qu’il est bien interprété et, en fermant les yeux, ce spectacle fait tout simplement rêver.

Robert Pénavayre
Article mis en ligne le 15 décembre 2015

 

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Renseignements et réservations :

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