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Opéra/ Opéra de Paris - Palais Garnier –Le Château de Barbe-Bleue
(Béla Bartók)/ La Voix Humaine (Francis Poulenc) – 2 décembre 2015
     

CRITIQUE

L’impossible communion, et pourtant…

Monter Le Château de Barbe-Bleue est un défi en soi, particulièrement côté orchestral car l’opéra de Béla Bartók est extrêmement exigeant musicalement. Mais également côté vocal car cet ouvrage est chanté en hongrois, une langue possédant dans son essence structurelle sa propre musique. Sous réserve de la posséder naturellement, bien sûr. D’une part. D’autre part, cette œuvre étant relativement courte, ne peut faire l’objet à elle seule d’une soirée. Donc, il convient de lui adjoindre un autre opéra, court également. En 2007, le Palais Garnier couplait ce Château avec Le journal d’un disparude Leoš Janáček. En ce début de saison, le Théâtre du Capitole de Toulouse débutait la soirée avec Le Prisonnier de Luigi Dallapiccola. En mai 2016, l’Opéra d’Avignon offrira en complément la création mondiale scénique de Senza sangue de Péter Eötvös.



Le Château de Barbe-Bleue - Crédit photo Bernd Uhlig -

Pour cette nouvelle production de l’Opéra de Paris, le challenge est de terminer la soirée avec La Voix humaine, un long monologue de 3/4 d’heures sur un texte que Cocteau écrivit en 1930 pour La Comédie-Française et que Francis Poulenc a mis en musique en 1959. Ce jumelage est-il pertinent ? Toute la question est là. Il est tentant de répondre par la négative. Sauf qu’ici, Stéphane Lissner a confié la soirée à l’un des metteurs en scène les plus rénovateurs de sa génération, le Polonais Krzysztof Warlikowski. Bousculant – largement – la vision traditionnelle que nous avons de ces deux œuvres, Warlikowski nous propose un opéra « unique », sans coupure, dans lequel il va scruter au plus profond un Homme et une Femme. D’un côté une légende, un conte, Barbe-Bleue, un Homme aussi faible et torturé que puissant et amoureux qui, sous les questions insistantes de Judith, devra, tel Lohengrin, rejoindre une solitude dont il a essayé vainement de s’extraire. De l’autre, une situation domestique des plus banales, une Femme, seule en scène, est abandonnée par son amant sur un coup de fil. Les décors et costumes de Malgorzata Szczesniak situent tout le spectacle de la soirée dans un unique salon meublé 1930. Judith, rousse flamboyante, terriblement aguichante, a revêtu une robe moulante en soie verte. Il n’est rien de dire combien, face à son Barbe-Bleue façon Dracula, cape noire et smoking, elle est le feu qui va essayer de faire fondre la glace. Et d’une certaine manière, elle y parvient, sauf qu’il est bien trop tard lorsqu’elle comprend que les portes de ce château sont autant de replis dans l’âme tourmentée et meurtrie de Barbe-Bleue. Quand elle le réalisera, il n’est plus temps pour elle, même si, à partir de la 6ème porte, son comportement montre à l’évidence une fracture dans son comportement. Superbement conduite par un metteur en scène dont la direction d’acteur est assurément l’un des points forts, Ekaterina Gubanova (Judith), comédienne engagée, déploie un somptueux mezzo, jusqu’à un contre ut éclatant à l’ouverture de la 5ème porte. Une très belle incarnation. Face à elle et remplaçant Johannes Martin-Kränzle initialement prévu, la basse John Relyea est un Barbe-Bleue d’une haute stature, au timbre caverneux à souhait auquel il sait avec un art consommé donner toutes les couleurs du désarroi.



La Voix humaine - Crédit photo Bernd Uhlig -

Une Voix qui fait grincer les dents

Sans transition les deux partitions s’enchaînent. Une femme, La Femme, apparaît dans le fond de la scène. Est-ce une nouvelle Judith ? Quoi qu’il en soit, du sang tâche ses mains. Elle vient de tuer son amant. Celui-ci va bientôt se traîner sur le canapé qui a vu Barbe-Bleue se faire caresser par ses trois premières épouses. Lui est en train d’agoniser, une énorme tâche de sang maculant sa chemise blanche. Est-il un avatar de Barbe-Bleue ? Sommes-nous dans une suite et fin ? Fin car à l’issue du monologue, la Femme se suicide sur le corps de son amant. Nous sommes loin de la pièce de Cocteau créée par Berthe Bovy… D’où les grincements de dents. Ce que nous montre Warlikowski, par la magie d’une vidéo en temps réel qui multiplie l’espace scénique, brouillant de ce fait nos repères, c’est la folie qui s’est emparée de la Femme, ce personnage qui porte le nom générique de Elle. Et il fallait bien une tragédienne lyrique au soprano éclatant du calibre de Barbara Hannigan, et malgré un français parfois peu intelligible, pour tracer le portrait au stylet de cette meurtrière envahie par une panique hallucinatoire. La mise en scène est, encore une fois ici, d’une précision chirurgicale. L’intensité du jeu scénique prend le pas sur une anecdote un rien datée et, il faut le reconnaitre, on se laisse embarquer par ce génial Polonais, quitte à y perdre nos valeurs… Difficile en plus de résister à la direction d’Esa-Pekka Salonen. L’Orchestre de l’Opéra national de Paris, riche en couleurs, en dynamiques, en puissance, est le partenaire idéal pour le chef finlandais. Finalement, un spectacle passionnant, qui secoue un peu certes, mais qui montre combien l’opéra demeure un art vivant, captivant, loin de l’habit muséal qui ses détracteurs veulent lui faire endosser.

Robert Pénavayre
Article mis en ligne le 5 décembre 2015

 

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