www.classicToulouse.com
classic toulouse
Annonces
 
Théâtre du Capitole
Carmen
Georges Bizet
21 au 30/01/2022
Opéra, ballet, théâtre
au cinéma
Saison 2021-2022
 
Critiques
 
Théâtre du Capitole
La Flûte enchantée
Wolfgang Amadeus Mozart
19 et 21/12/2021
Opéra de Nice
La Veuve joyeuse
Franz Lehár
04/12/2021
Théâtre du Capitole
Wozzeck
Alban Berg
19/11/2021
Théâtre du Capitole
Wozzeck
Alban Berg
19/11/2021
Théâtre du Capitole
Sophie Koch, mezzo-sop.
Bertrand Chamayou, piano
21/10/2021
Théâtre du Capitole
La Gioconda
Amilcare Ponchielli
24/09/2021
Théâtre du Capitole
Nuits d'été au Capitole
Sonya Yoncheva
Emiliano Gonzalez Toro
Jakub Jozef Orlinski
19 au 21/07/2021
Théâtre du Capitole
Nuits d'été au Capitole
Capella Reial de Catalunya
Hespèrion XXI, Jordi Savall
06/07/2021
Théâtre du Capitole
Elektra
Richard Strauss
25/06/2021
Théâtre du Capitole
La Force du destin
Giuseppe Verdi
23/05/2021
Grand Théâtre de Genève
Pelléas et Mélisande
Claude Debussy
Streaming
18/01/2021
Théâtre du Capitole
Pénélope - Gabriel Fauré
23/10/2020
Théâtre du Capitole
Marina Rebeka
Récital
15/10/2020
Théâtre du Capitole
Cosi fan tutte,
Version piano
Wolfgang Amadeus Mozart
09/10/2020
Théâtre du Capitole
Cosi fan tutte
Wolfgang Amadeus Mozart
26/09/2020
Théâtre du Capitole
Sabine Devieilhe
Alexandre Tharaud
25/09/2020
Théâtre du Capitole
Hommage à Mady Mesplé
25/06/2020
Théâtre du Capitole
L'Elixir d'amour
Gaetano Donizetti
06/03/2020
Théâtre du Capitole
L'Elixir d'amour
Gaetano Donizetti
27 et 28/02/2020
Théâtre du Capitole
Parsifal, R. Wagner
26/02/2020
Théâtre du Capitole
L'Orfeo
Claudio Monteverdi
05/12/2019
Théâtre du Capitole
L'Annonce faite à Marie
Marc Bleuse
23/11/2019
Théâtre du Capitole
Dialogues des Carmélites
Francis Poulenc
22/11/2019
Théâtre du Capitole
Norma, Vincenzo Bellini
26 et 27/09/2019
Théâtre du Capitole
Finale du Concours de
Chant de Toulouse
07/09/2019
Théâtre Municipal de
São Paulo
Rigoletto, Giuseppe Verdi
26/07/2019
Théâtre du Capitole
Werther
Jules Massenet
20/06/2019
Théâtre du Capitole
Béatrice Uria-Monzon
Thibaut Garcia
Marcelo Amaral
07/06/2019
Théâtre du Capitole
Mam'zelle Nitouche
Hervé
12/05/2019
Théâtre du Capitole
Ariane et Barbe-Bleue
P. Dukas
04/04/2019
Théâtre du Capitole
Ariane à Naxos
R. Strauss
01/03/2019
Théâtre du Capitole
Lucrezia Borgia
G. Donizetti
24/01/2019
Opéra de Paris/Bastille
La traviata
Giuseppe Verdi
11/12/2018
Théâtre du Capitole
Théâtre Garonne
Kopernikus, Claude Vivier
11/12/2018
Opéra de Paris/Bastille
Simon Boccanegra
Giuseppe Verdi
04/12/2018
Théâtre du Capitole
La Ville morte
E. W. Korngold
22/11/2018
Théâtre du Capitole
Marie-Nicole Lemieux
mezzo-soprano
25/10/2018
Théâtre du Capitole
La traviata
Giuseppe Verdi
26/09 et 07/10/2018
 

 

Opéra/ Théâtre du Capitole - Wozzeck – Alban Berg
19 novembre 2021

     
COUP DE CŒUR

CRITIQUE

Les souffrances du jeune Wozzeck

Succès triomphal autant que mérité hier au soir pour la première de la nouvelle production du Wozzeck d’Alban Berg au Théâtre du Capitole. Une distribution hors pair et une production d’une incroyable intensité se sont conjuguées pour faire de ces reprises un événement majeur de la vie lyrique française.

Il a bien fallu que le rideau se baisse au termes de multiples rappels afin d’apaiser l’enthousiasme d’un public conquis par cette nouvelle production du chef-d’œuvre d’Alban Berg. Le coup de génie de Michel Fau (metteur en scène) est d’avoir imaginé nous faire revivre le drame de Wozzeck au travers du regard de son jeune fils. Michel Fau nous entraîne sans ménagement aucun dès le départ dans une chambre dont les vagues contours semblent déjà être la proie de fantasmes mortifères.



L’Enfant (Dimitri Doré), Le Docteur (Falk Struckmann) et Wozzeck (Stéphane Degout)
- Photo Mirco Magliocca -
Un seul lit la meuble, ce lit dans lequel l’enfant se réfugie face à ses hallucinations dont le thème n’est autre que la lente et inexorable descentes aux enfers de ses parents. L’a-t-il vécue ? L’imagine-t-il ? A chacun de tirer ses conclusions. Devant pareil déferlement de violence, il était impensable que cet enfant soit interprété, comme de coutume, par un gamin de 5/6 ans, d’autant que Michel Fau ne s’octroie que peu d’économies lorsqu’il s’agit de montrer la déliquescence d’une société en proie au machisme et à la fracture sociale les plus condamnables. C’est donc un comédien, vêtu de blanc, Dimitri Doré, absolument remarquable d’intensité, qui va devant nous découvrir les fonds les plus secrets de sa psyché. L’option est radicale certes, mais d’une intelligence rare et d’une cohérence qui ne peuvent qu’emporter notre adhésion.



L’Enfant (Dimitri Doré), et Marie (Sophie Koch) - Photo Mirco Magliocca -

Les décors d’Emmanuel Charles, les costumes de David Belugou et les somptueuses lumières de Joël Fabing corroborent ce cheminement psychanalytique en nous amenant dans un déstabilisant environnement peuplé de poupées et de soldats de plomb rutilants de couleurs. Une direction d’acteur au cordeau achève de faire de ce spectacle placé sous le signe de l’expressionnisme le plus décadent une immense représentation théâtrale dont l’analyse, en particulier de son volet mystique, n’a pas fini d’alimenter les discussions entre mélomanes. Un spectacle de niveau largement international dont peut d’ores et déjà s’enorgueillir le Théâtre du Capitole.



L’Enfant (Dimitri Doré) et Wozzeck (Stéphane Degout) - Photo Mirco Magliocca -

Distribution exceptionnelle

A une exception près, toute la distribution réunie par Christophe Ghristi s’aventurait pour la première fois dans cet ouvrage réputé sulfureux. Preuve s’il en fallait encore une que le Théâtre du Capitole met à disposition des chanteurs tous les éléments nécessaires à des prises de rôle. Le fait, à vrai dire, est connu de toute la planète lyrique ! A tout seigneur... C’est Stéphane Degout qui endosse les hardes de Franz Wozzeck. Dès son apparition quasi « automatisée », le personnage est là, tétanisé par son environnement, halluciné par une démence qu’il peine à contrôler. Cette superbe incarnation scénique se double d’une interprétation vocale qui laisse... sans voix ! Contrairement à bon nombre d’interprètes de ce rôle se réfugiant souvent pour faire plus « vrai » dans le Sprechgesang ou dans des cris hors propos, Stéphane Degout chante cette partition infernale avec une fantastique rondeur d’émission, un timbre d’une chaleur envoûtante, ne reculant devant aucun des extrêmes d’un ambitus largement sollicité dans son étendue, le tout avec une ampleur et une puissance de projection annonciatrices peut-être de changement de répertoire. Dans tous les cas, le Wozzeck de Stéphane Degout s’inscrit d’ores et déjà dans le gotha de ses interprètes.



L’Enfant (Dimitri Doré), Wozzeck (Stéphane Degout) et Andres (Thomas Bettinger)
- Photo Mirco Magliocca -

A ses côtés et lui donnant une réplique parfaite, Sophie Koch (Marie) est éclatante de santé vocale, presque insolente tant elle affronte avec succès les pires écueils d’une partition qui ne l’épargne guère. On comprend mieux à présent pourquoi elle aborde sa première Sieglinde (La Walkyrie/Marseille cette saison). Nikolaï Schukoff ne fait qu’une bouchée du Tambour-Major, conjuguant son exceptionnel ténor héroïque au portrait intensément phallocrato-machiste de ce militaire. Thomas Bettinger campe un Andres tout en nuances, formidablement émouvant. Falk Struckmann (Le Docteur) impose ici son magnifique baryton et serait presque un Docteur Folamour tant il semble s’amuser des expériences les plus toxiques qu’il fait subir moyennant quelques sous à ses cobayes humains.



Wozzeck (Stéphane Degout) et Marie (Sophie Koch) - Photo Mirco Magliocca -

Wolfgang Ablinger-Sperrhacke est le seul qui ne découvre pas la partition, ici celle du Capitaine. Son ténor dit de caractère, plié de longue date aux plus sinueux mélismes du Mime tétralogique, se glisse avec autorité dans ce personnage pétri de fatuité et de couardise. Il serait injuste de ne pas nommer les autres artisans d’une pareille réussite : Anaïk Morel (Margret), Matthieu Toulouse (Premier Ouvrier), Guillaume Andrieux (Deuxième Ouvrier) et Kristofer Lundin, un Idiot oscillant entre Jésus Christ et... Raspoutine !
Saluons enfin le Chœur et la Maîtrise du Capitole, sous la direction de Gabriel Bourgoin, pour leur engagement autant scénique que musical. Et comment ne pas applaudir à tout rompre Léo Hussain qui, à la tête d’un Orchestre du Capitole en grande forme, nous donne à entendre une partition réputée diabolique, ici dans des dynamiques vertigineuses et des couleurs d’une angoissante présence.
L’un des grands moments de la vie du Capitole de Toulouse !

Robert Pénavayre
Article mis en ligne le 21 novembre 2021

 

 

infos
 

Représentations :  du 19 au 25 novembre 2021

Renseignements et réservations :

www.theatreducapitole.fr


 

 

 

 
 
Les saisons musicales
lyriques et
chorégraphiques
toulousaines

 
2021-2022
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

copyright © 2007
www.classictoulouse.com
- tous droits réservés -
infos légales

 

 

 

entretiens - festivals - concerts - danse - opéra - disques - dvd - partenaires - contacts - liens - index