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Opéra/ Théâtre du Capitole - Cosi fan tutte – W A Mozart –
26 septembre 2020

     

CRITIQUE

Une ouverture lyrique pleine d’émotion

Cette date du 26 septembre était plus qu’attendue par tous les mélomanes de la Ville rose. Imaginez : l’ouverture de la saison lyrique toulousaine. Un événement qui a plus de trois siècles et qui marque chaque année les débuts des festivités lyriques annuelles du Théâtre du Capitole, un lieu empli d’une histoire que nous envie l’Europe entière.

Passons, sans en faire l’économie, sur les mesures COVID : gel à l’entrée, masque obligatoire tout le long du spectacle, distance entre les spectateurs, pas de vestiaire et encore moins de bar.  Et une sortie en rang ordonné. Cela dit, une véritable armada d’ouvreuses et d’ouvreurs nous accompagne avec gentillesse et compréhension. Il convient de le souligner.  Compte-tenu de tout cela ce ne sont pas moins de près de 800 personnes qui ont pu assister à la première de ce Cosi fan tutte venu en remplacement, pour, encore une fois, cause de COVID, des Pêcheurs de perles depuis longtemps programmés.  Personne ne s’en plaindra tout en souhaitant haut et fort et ardemment que l’œuvre de Bizet revienne sur notre scène le plus rapidement possible.



Mathias Vidal (Ferrando), Anne-Catherine Gillet (Fiordiligi), Jean-Fernand Setti (Don Alfonso), Julie Boulianne (Dorabella) et Alexandre Duhamel (Guglielmo)
- Photo Marco Magliocca -

C’est donc dans une coproduction entre le Slottsteater de Drottningholm et le Château de Versailles Spectacles que cet opéra nous est présenté dans une production créée en 2017 sous les signatures d’Ivan Alexandre (mise en scène), Antoine Fontaine (décors et costumes) et Tobias Hagström Stähl (lumières). Dans un concept de théâtre dans le théâtre, finalement ultra-classique, Ivan Alexandre joue la Carte du Tendre au travers de la folie des jeux et des paris qui s’est emparée de l’Europe du 18è siècle.  Les protagonistes deviennent tour à tour public et acteur d’une comédie des sentiments qui tourne à l’intermittence des cœurs.  Nous le savons tous, cet opéra est certainement LE chef-d’œuvre de Mozart, tant d’un point de vue musical que vocal et dramatique. C’est une horloge d’émotion qui n’accorde pas une seconde de liberté, s’emparant dès l’ouverture du spectateur pour l’amener tout haletant vers un final plus de trois heure après empreint d’une certaine nostalgie conjuguée à un fatalisme tout philosophique que le metteur en scène anime ici d’une violence originale.



Sandrine Buendia (Despina) et Jean-Fernand Setti (Don Alfonso) - Photo Marco Magliocca -

Les Pêcheurs dans la baie de Naples

Nous l’avons maintes fois relaté dans ces mêmes colonnes, pour des raisons sanitaires, Christophe Ghristi a reporté Les Pêcheurs de perles car trop de chœurs, trop de ballet, trop de musiciens eu égard au protocole sanitaire pour donner de manière satisfaisante l’œuvre de Bizet. Et comme il a eu raison de ne pas condamner ce chef-d ‘œuvre de l’opéra-comique français à une vision minimaliste commandée par la pandémie qui s’est abattue sur notre planète.  Cosi fan tutte offrait une alternance plus que satisfaisante à tous égards, nous en convenons tous. La bonne idée a été aussi de faire glisser l’intégralité de la distribution des Pêcheurs sur celle de Cosi, ajoutant au passage bien sûr les deux solistes manquants et offrant aux chanteurs pas moins de cinq prises de rôles sur six protagonistes ! Le challenge se révèle alors majeur. Pour les prises de rôles voici donc Anne-Catherine Gillet qui passe de Leïla à Fiordiligi. Avec un cran incroyable, elle affronte ce rôle redoutable, écrit sur plus de deux octaves et réclamant une souplesse vocale à toute épreuve. Autant redoutable technicienne que fine musicienne, elle nous donne à entendre une Fiordiligi d’une musicalité sans faille, maniant la voix de poitrine avec subtilité et vocalisant avec virtuosité. Au fur et à mesure du spectacle la voix s’affermit, prend de l’autorité et il y a fort à parier que les spectateurs des dernières auront le plaisir d’entendre une interprète débarrassée de toute pression, sans parler des doutes, sûre d’elle-même et délivrant une splendide interprétation.



Julie Boulianne (Dorabella) et Anne-Catherine Gillet (Fiordiligi) - Photo Marco Magliocca -

A ses côtés Julie Boulianne, au mezzo ferme et d’une rondeur imparable d’émission, incarne de son timbre sensuel et chaud une sœurette basculant en tête vers une trahison sentimentale.  La première victime, Ferrando, n’est autre que Mathias Vidal. Ténor/haute-contre familier des 17è et 18è siècles, il se révèle un styliste de tout premier ordre, un musicien accompli et un acteur saisissant de présence. Jean-Fernand Setti, nouveau venu dans le monde de l’opéra, impose non seulement une présence « gigantesque » mais aussi un timbre de bronze qui devrait lui ouvrir des emplois beaucoup plus larges que ce Don Alfonso. La soprano Sandrine Buendia distille, dans la grande tradition de Despina, toute sa rouerie avec une jubilation réjouissante.  Seul à ne pas avoir le trac d’une prise de rôle, le baryton Alexandre Duhamel ne fait qu’une bouchée gourmande de Guglielmo, un personnage qu’il connaît bien.
Dirigeant cette partition avec une énergie débordante laissant peu de place à l’émotion, la cheffe Speranza Scappucci installe la partition dans une spirale vibrante intensément de sons et de rythmes.
Saluons enfin comme ils se doit, d’une part et malgré une participation ici marginale, la tenue mesurée et toujours pleine de sens, de rondeur et de couleurs de notre chœur sous la direction d’Alfonso Caiani, d’autre part, le continuo (clavecin) de Robert Gonnella, plein d’à-propos, de subtilité et d’élégance. Chez Mozart, ces qualités sont fondamentales. Voire essentielles !

Robert Pénavayre
Article mis en ligne le 29 septembre 2020

 

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Renseignements et réservations :

www.theatreducapitole.fr

 

Représentations jusqu’au 11 octobre 2020

 

 
 
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