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Opéra/ Théâtre du Capitole - La Ville morte – Erich Wolfgang Korngold
22 novembre 2018


     

CRITIQUE

Historique entrée au répertoire capitolin

En programmant le chef d’œuvre lyrique d’Erich Wolfgang Korngold, Christophe Ghristi accomplit un geste historique pour le Théâtre du Capitole. Celui que l’on pourrait presque qualifier de dernier des romantiques est salué dès son plus jeune âge par un Gustav Mahler sidéré du talent d’un gamin de 9 ans. De la plupart des quelques ouvrages lyriques que E W Korngold écrit avant de s’exiler aux USA, où il deviendra l’un des plus grands compositeurs de musique de film, il ne reste aujourd’hui au répertoire que cette Ville morte, créée conjointement, fait rarissime, le même jour, 4 décembre 1920, à Cologne et à Hambourg. Le compositeur a 23 ans !

Subtile et originale conjugaison de styles wagnérien, straussien et puccinien, autant dans l’écriture vocale que musicale, la partition de cette Ville morte réclame un orchestre titanesque dans sa formation mais de plus capable de faire émerger les flamboyantes couleurs d’une écriture d’une exceptionnelle richesse. L’ovation qui a salué l’Orchestre national du Capitole de Toulouse le soir de la première montre à l’évidence que le challenge était rempli. Sous la direction de Leo Hussain, c’est un véritable tapis sonore somptueux qui émerge de la fosse avec des préludes, des interludes et des postludes renversants d’ampleur, de dynamique, de brillance, de virtuosité aussi. Un véritable festin musical !



Torsten Kerl (Paul) et Evgenia Muraveva (Marietta/Marie) - Photo Patrice Nin -

Deux voix hors du commun

Pour affronter pareille partition il faut deux voix hors du commun. Paul se doit d’être un heldenténor, pour la puissance de projection, mâtiné d’un grand lyrique pour les phrasés et la musicalité requises par le compositeur. En ce 22 novembre, une annonce prévient que Torsten Kerl n’est pas au mieux de sa forme pour des raisons automnales quasi inévitables en cette saison. Si, effectivement, la fin de la représentation nous laisse entendre, chez celui qui fut sur notre scène un tellurique Rienzi en 2012, quelques incertitudes, force est tout de même de reconnaître que ce ténor a franchi les multiples obstacles de ce rôle avec un aplomb stupéfiant d’autorité. Interprète de référence de ce personnage dans le monde entier, Torsten Kerl relève encore une fois avec vaillance le défi d’un rôle réputé inchantable par sa tessiture tendue et sa longueur.
Débutant sur notre scène ainsi que dans l’ouvrage, Evgenia Muraveva est la révélation de cette soirée. Dans le double rôle de Marietta et Marie, le soprano fait preuve d’un engagement scénique et vocal qui semble passer aux oubliettes les dangers d’une partition hérissée de difficultés. Une projection vaillante, un timbre généreux en couleurs et une belle musicalité font de cette interprète un modèle en même temps qu’une artiste à suivre impérativement.



Deuxième tableau - Photo Patrice Nin -

Deux autres rôles, moins exposés certes, se détachent dans cette œuvre. Franck tout d’abord, l’ami de Paul, ici le magnifique baryton Matthias Winckhler, dont le timbre sombre et le phrasé littéralement wagnérien laissent entendre dans ce rôle tout en récitatif bien d’autres emplois… L’autre clé de fa est le français Thomas Dolié (Fritz). A lui le plus bel air de la partition, un air dans lequel il se jette avec une gourmandise musicale renversante, le parant de demi-teintes évanescentes propres aux souvenirs nostalgiques évoqués dans les paroles. Un véritable lied sur un tempo de valse lente et sentimentale qui envahit l’âme immédiatement. Un moment comme suspendu dans le temps. Hors du temps. Saluons également Katharine Goeldner, Brigitta sévère et bouleversante, ainsi que la troupe de baladins : Norma Nahoum (Juliette), Julie Pastouraud (Lucienne), Antonio Figueroa (Victorin/Gaston) et François Almuzara (Comte Albert). Ovation méritée également pour le Chœur et la Maîtrise du Capitole qui, sous la direction d’Alfonso Caiani, se sont appropriés cette difficile partition.
Ce spectacle a fait son entrée au répertoire du Capitole dans une production de l’Opéra national de Lorraine (2012) mise en scène par Philipp Himmelmann. Celui-ci nous propose une approche très visuelle et parfaitement lisible des névroses de Paul : impossible travail de deuil, fidélité morbide à sa bien-aimée disparue. Alternant scènes oniriques et retour à la réalité, culminant dans un deuxième tableau de toute beauté, cette production est la parfaite illustration de l’enfermement mental dans lequel se débat notre héros.
Nul ne sachant quand nous reverrons, du moins à Toulouse, pareil ouvrage, il est plus que prudent de s’y précipiter. Et il reste des places !

Robert Pénavayre
Article mis en ligne le 27 novembre 2018

 

infos
 

Renseignements concernant les distributions, les dates et les abonnements :

www.theatreducapitole.fr

 

Représentations :

22 novembre au
4 décembre 2018

 

 
 
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