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Opéra/ Théâtre du Capitole - Carmen - Georges Bizet - 6 avril 2018

     

CRITIQUE

Pour un Don José idéal

Il y a tout juste neuf ans, le Capitole affichait la dernière en date des reprises du chef-d’œuvre de Georges Bizet, Carmen. Loin de toute espagnolade, la production « maison » imaginée par Nicolas Joel (mise en scène), Ezio Frigerio (décors), Franca Squarciapino (costumes) et Vinicio Cheli (lumières) nous a laissé un souvenir émerveillé, tout autant que la direction d’orchestre du maestro Daniele Callegari, direction pleine de transparences, de couleurs, de dynamiques, de légèretés, d’énergie aussi et de contrastes puissants. Quasiment une relecture passionnante qui n’omettait pas musicalement de se souvenir de l’original créé à… l’Opéra-Comique.

C’est dans le cadre d’une nouvelle coproduction associant au Capitole les théâtres de Marseille et de Monte-Carlo que nous revient l’œuvre la plus bouleversante, la plus accomplie, la plus révolutionnaire du répertoire français de cette fin du 19ème siècle. Elle nous revient dans une mise en scène de Jean-Louis Grinda, patron de l’Opéra de Monte-Carlo et des Chorégies d’Orange. Ce qu’il nous propose, pour sa première approche de l’œuvre, est assez insolite de nos jours tant de l’eau a coulé sous les ponts d’une certaine tradition. Insolite car elle nous replonge, nous immerge même, au travers d’une direction d’acteur à vrai dire peu lisible et sans impact émotionnel, dans une Espagne bourrée de clichés dont le plus consternant est certainement l’omniprésence d’une danseuse de flamenco, à tous les coins de rue serions-nous tentés de dire.



Duo Micaëla (Anaïs Constans) et Don José (Charles Castronovo) - Photo Patrice Nin -

La mise en scène des masses chorales (dirigées par Alfonso Caiani, toujours aussi remarquables !) n’est qu’un vaste mouvement d’avant en arrière de la scène, comme prenant le public à témoin (de quoi d’ailleurs ?) et nous ramenant à certaines productions montées en une poignée de jours dans le milieu du siècle dernier. Les décors de Rudy Sabounghi sont avant tout deux immenses demi-coques de bois qui pivotent sur elles-mêmes afin de créer des univers (?) particuliers à chaque moment-clé de l’action. Malin dans l’idée, ce système crée malheureusement des angles morts visuels, voire sonores, assez meurtriers pour le public. Appréhender ce genre de problème semble pourtant le b.a. ba du métier… Seule bonne idée, le tableau final. En effet, le terrifiant duo qui termine cet opéra se passe, hélas dans un lieu clôt (voir ci-dessus), devant un mur de briques blanches sur lequel est projetée une corrida, pour ceux qui n’auraient pas compris le parallèle entre ce qui se passe dans l’arène et le drame qui se joue au dehors. Le danger du concept est de capter l’attention du public par le film. Bref. Les visions du personnage de la cigarière, quant à elles, sont multiples et chaque metteur en scène a droit de cité tant le personnage est complexe. Jean-Louis Grinda nous propose une bohémienne sans charisme aucun, froufroutant du jupon en permanence, certaine d’une sensualité dont la vulgarité est érigée en principe fondateur. Il n’y a aucune obligation d’applaudir à une telle approche… Marginalisant ainsi l’héroïne, le concept laisse involontairement le champ libre à Don José. Nous allons y revenir. Bilan : une nouvelle production qui va tourner pendant des années au terme desquelles il ne reste qu’à souhaiter des améliorations… profondes !



3ème acte : Olivier Grand, Luca Lombardo, Charlotte Despaux, Clémentine Margaine et Marion Lebègue - Photo Patrice Nin -

Un Don José d’ores et déjà de référence

N'ayons pas peur des mots, le coup de génie de cette reprise est d'avoir engagé Charles Castronovo qui n'a chanté ce rôle qu'une fois à Berlin au debut de 2018. Passer après Marcelo Alvarez, qui avait offert son premier Don José sur notre scène en 2007, nous paraissait un challenge audacieux pour le ténor américain. C’était sans compter sur l’évolution naturelle de sa voix et l’extrême rigueur professionnelle de cet artiste. J’emploi rarement le mot artiste en parlant de chanteurs d’opéra. Ici il est de mise tant Charles Castronovo nous fait partager du geste et de la voix le personnage tourmenté de Don José. Et l’on ne sait qu’admirer le plus, d’une voix dont l’homogénéité dans tous les registres et la rondeur d’émission sont aussi exemplaires que rarissimes, d’une voix au timbre velouté, aux couleurs changeantes, subtiles, envoûtantes, d’une musicalité à faire fondre les pierres (un si bémol à la fin de son grand air sur un diminuendo triple piano !!!), un contrôle du souffle témoin de sa fréquentation des grands rôles bel cantistes et bien sûr le phrasé y afférent générateur d’une ligne vocale infinie. Ce serait tout que ce serait déjà extraordinaire, mais voilà, Charles Castronovo aujourd’hui c’est aussi une puissance de projection et un éclat dans l’aigu qui laissent augurer des prises de rôles plus qu’attendues dans le futur (Hoffmann, Werther…). Quant à l’engagement scénique et à l’aura dramatique de ce ténor, il n’est rien de dire qu’ils complètent le profil d’un Don José exceptionnel qui, dans ce rôle justement, laisse sur place Jonas Kaufmann. Ce qui n’est pas rien, vous l’admettrez.
Difficile d’exister à côté, il faut bien en convenir. D’autant que la Carmen de Clémentine Margaine, toute auréolée de ses prestations follement applaudies à l’étranger dans ce rôle, ne nous offre ce soir qu’un organe de mezzo ample, généreux et certes puissant (elle va aborder Amnéris) mais dont le métal trop présent, des sons fixes, des respirations trop nombreuses et quelques approximations, sans parler de libertés coupables avec la partition et de bien trop rares nuances, questionnent quant à l’engouement qu’elle peut provoquer. Un accueil glacial du public capitolin à la fin de ses trois airs devrait l’interroger… La proximité avec le Don José de Charles Castronovo a certainement creusé l’écart de même que la conception scénique du personnage.



Final : Don José (Charles Castronovo), Clémentine Margaine (Carmen)
- Photo Patrice Nin -

Nous passerons rapidement, par charité chrétienne, sur l’Escamillo hors contexte vocal de la basse russe Dimitry Ivashchenko. C’est la toute jeune montalbanaise Anaïs Constans qui faisait ce soir-là ses débuts dans un grand rôle, celui de Micaëla. Il est possible de comprendre le trac légitime qui fut peut-être le sien de chanter le duo du 1er acte avec l’un des plus grands ténors du moment. Le rôle n’est pas écrasant mais il requiert une interprète habile afin de l’habiter quelque peu, lui donner de la consistance car il faut reconnaître qu’il manque un brin de relief. Cette jeune soprano nous en fait pour l’instant une lecture pleine de promesses dont nous ne doutons pas un instant que les années à venir confirmeront le potentiel.
Mais le Diable se cache parfois dans les détails, à l’opéra comme ailleurs. Et ici plus particulièrement dans la distribution des seconds rôles, fondamentale pour le second acte et le fameux quintette, un chef-d’œuvre dans le chef-d’œuvre. Une pléiade de chanteurs français était alignée à cet effet, avec bonheur d’ailleurs, en soulignant tout de même pour leur prestation Charlotte Despaux (Frasquita) et Marion Lebègue (Mercédès), sans oublier le vétéran de l’histoire, Christian Tréguier qui impose un Zuniga plein d’assurance, ainsi qu’Anas Seguin (Moralés), Olivier Grand (Le Dancaire), Luca Lombardo (Le Remendado) et Frank T’Hézan (Lilas Pastia).
Le Capitole a pris le risque de la version au plus près de la version originale de l’ouvrage, c’est-à-dire avec les dialogues parlés propres au style « opéra-comique ». Il faut bien reconnaître que ce n’est pas toujours couronné de succès tant la déclamation des chanteurs lyriques est imprégnée de leur art premier.
Pour en finir, regrettons que la direction de Andrea Molino n’ait pas apporté, par des tempos trop carrés, un certain abandon du plateau et un son envahissant dès la seconde partie du spectacle, les points de repères indispensables à la reconnaissance d’une partition qui certes, parle d’une bohémienne, de contrebandiers et d’un pauvre brigadier, mais le fait au travers d’une musique d’une rare élégance, d’une formidable intelligence, une musique dont la trop grande habitude de fréquentation nous fait oublier le génie. Tout simplement.
Enorme succès public au rideau final ! Est-ce l’essentiel ?

Robert Pénavayre
Article mis en ligne le 8 avril 2018

 

infos
 

Renseignements concernant les distributions, les dates et les abonnements :

www.theatreducapitole.fr

 

Représentations :

- 6, 10, 13, 17, 19 avril 2018 à 20 h 00
- 8, 15 avril 2018 à
15 h 00

 

 
 
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