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Opéra/ Théâtre du Capitole - Rigoletto, Giuseppe Verdi
17 novembre 2015
     

CRITIQUE

Un trio de grandes et belles voix

Le début de cette soirée est consacré, légitimement, à un hommage républicain aux victimes des tueries du Vendredi 13 dernier. Daniel Oren dirige une vibrante Marseillaise, reprise en chœur par le public. Elle est suivie d’un long moment de silence plein d’émotion et de recueillement. Et puis, parce que la vie doit prendre le pas sur la barbarie, the show must go on. Les sourdes menaces qui planent dans les premières notes du Prélude de ce Rigoletto se font entendre…

Pour la cinquième présentation de cette très belle production au Théâtre du Capitole, une production signée Nicolas Joel (mise en scène), Carlo Tommasi (décors et costumes) et Vinicio Cheli (lumières), Frédéric Chambert a réuni, n’ayons pas peur des mots, un plateau de stars.
Mimi à Los Angeles, Luisa Miller à Hambourg, Desdémone à Vienne, Inès (L’Africaine) à Berlin, Micaëla à La Scala de Milan, etc., voici rapidement le calendrier immédiat de la jeune soprano géorgienne Nino Machaidze, juste trentenaire ! Cette Gilda qu’elle interprète pour ses débuts capitolins, les newyorkais l’ont déjà applaudie alors qu’elle n’avait que 27 ans ! Le premier atout de cette cantatrice est certainement, en l’occurrence, de posséder la véritable voix du rôle, avec ce médium et ce grave nécessaires pour rendre toutes les facettes de la partition mais également le profil psycho-vocal du personnage. L’un n’allant pas sans l’autre, il est certain que le grand lyrique qu’elle est aujourd’hui ne peut s’aventurer sans risque sur les hauteurs stratosphériques de certains rossignols qui se sont un temps accaparés ce rôle. A ce titre, certains ont pu trouver étonnant l’absence du mi bémol à la fin du duo « vengeance », un mi bémol qui ne figure pas dans la partition faut-il préciser. Les qualités de cette voix se trouvent à l’extérieur de pareilles démonstrations autant gratuites que pyrotechniques. Même si le timbre, Europe Centrale oblige, n’a pas le soleil et le grain de celui de ses confrères transalpins, comment ne pas être séduit par la musicalité de cette artiste ? La voix est homogène en termes de projection, l’ambitus est large, le phrasé élégant et la comédienne plus que convaincante. En somme, une très belle Gilda.



Nino Machaidze (Gilda) et Ludovic Tézier (Rigoletto) - Photo Patrice Nin -

En matière d’élégance, le Duc de Saimir Pirgu, est loin d’en manquer. Ce jeune albanais de 34 ans doit aujourd’hui gérer un calendrier écrasant : Rodolphe à Barcelone, Alfredo à Londres et à Berlin, Némorino à Vienne, etc., lui aussi est une star de la gent ténorisante. Le Capitole l’a invité pour la première fois il y a quatre ans pour une reprise de Cosi fan tutte qui est encore dans toutes les mémoires. L’extrême rigueur journalistique exige certainement que l’on dise que sa Ballade du 1er acte (Questa o quella) a eu maille à partir avec le diapason. C’est fait. Mais comment ne pas souligner plutôt ce comédien formidablement attachant, feu follet au cœur d’une société qu’il domine entièrement de son pouvoir ? Et ce chanteur qui sait trouver le ton juste autant dans sa grande scène (Ella mi fu rapita) que dans l’innommable La donna e mobile dont il arrive cependant à extraire un brin de musicalité ? L’aigu est rayonnant, le médium sonore même s’il ne s’appuie pas sur un registre grave, en l’occurence un rien discret, le cantabile souverain, la demi-teinte d’une merveilleuse couleur et la souplesse d’émission stupéfiante. Un Duc magnifique.
Demeure Ludovic Tézier (Rigoletto), un baryton français que se disputent Madrid, Vienne, Londres, Paris, Salzbourg, Munich, etc., excusez du peu ! A vrai dire, ce chanteur n’est pas un habitué de cet emploi, un véritable Everest, ne l’ayant donné qu’une fois, à Besançon en 2010. Ceci explique-t-il cela, mais force est de constater combien le drame de ce père hanté par la persective de « perdre » sa fille, lui est pour l’instant étranger. Son incarnation, si l’on peut dire, appartient plutôt au mode récital, surtout si l’on garde précieusement en mémoire les interprétations scéniques d’un Robert Massard, d’un Alain Fondary ou autre Jean-Philippe Lafont, sans oublier Matteo Manuguerra, chanteurs et surtout artistes qui, incontestablement, n’avaient pas exactement les splendides, voire somptueux moyens vocaux de Ludovic Tézier, mais savaient traduire dans leur chant, non pas de simples notes, mais avant tout les mots de la douleur, de la haine, de l’amour filial et du désespoir. Cela dit, on ne peut que s’incliner bien bas vers la performance vocale de Ludovic Tézier tant la voix est pleine, ronde, homogène. C’est presque un parangon de technique vocale. Dans le 1er acte, quelques notes graves particulièrement appuyées indiquent bien le sens futur des rôles qu’ambitionne, certainement, ce chanteur : Macbeth, Iago et, pourquoi pas, avancer plus largement dans le répertoire wagnérien et passer du gentil Wolfram au ténébreux Telramund. Ce que nous avons entendu ce soir est sans ambigüité en termes de couleurs et de projection. Cette réserve « dramatique » mise à part, reconnaissons que le triomphe qui l’attend au salut final est largement mérité.
Les autres rôles, fatalement accessoires après les susnommés, sont particulièrement bien tenus. Saluons donc comme il convient pour leur tenue vocale : Sergey Artamonov (Sparafucile), Maria Kataeva (Maddalena), Cornelia Oncioiu (Giovanna), Dong-Hwan Lee (Monterone), Orhan Yildiz (Marullo) et Dmitry Ivanchey (Borsa).
Les Chœurs du Capitole, sous la direction d’Alfonso Caiani ont su tirer leur épingle du jeu par une couleur, une rondeur et une puissance qui firent de chacune de leurs interventions un grand moment choral.
Le maestro Daniel Oren connaît son Rigoletto par cœur et le chante en même temps que le plateau, cela « s’entend » grâce à un orchestre d’une parfaite discipline faisant corps avec les interprètes. Quel équilibre ! Quelle fusion ! C’est cela aussi le talent d’un chef lyrique.
Il reste encore quelques places, précipitez-vous car vous n’aurez pas souvent l’occasion de croiser pareille distribution.

Robert Pénavayre
Article mis en ligne le 19 novembre 2015

 

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Renseignements concernant les distributions, les dates et les abonnements :

www.theatreducapitole.fr

 

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