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Opéra/ Théâtre du Capitole - L'Italienne à Alger - Gioacchino Rossini
17 mai 2016

     

CRITIQUE

Sacrée nouba chez Mustafa

Nul doute que cette nouvelle coproduction (avec le Staatstheater Nürnberg) ne fasse couler beaucoup d’encre ! Au moins deux raisons à cela et tout d’abord une distribution de tout premier plan. L’autre motif est une lecture scénique revisitant totalement le livret et nous plongeant dans l’Algérie des années 2050, chez un « bey » qui a tout d’un Berlusconi local employant des immigrés européens venus chercher du travail sur les côtes africaines.



Maxim Mironov (Lindoro) et Pietro Spagnoli (Mustafa) - Photo Patruce Nin -

En fil rouge, l’éternelle guerre des sexes

Dès l’ouverture et sur un écran, nous voyons apparaître un couple dont le mode de fonctionnement s’apparente fortement à une illustration de cette fameuse phrase : « je t’aime, je te hais ». Regards tendres et échanges de coups violents vont se succéder ensuite entre cette femme et cet homme tout le long du spectacle, témoignages permanents de la lutte des sexes. Il faut dire que chez Mustafa, le machisme règne en maître absolu. Ce Berlusconi en puissance (voir l’immense peinture d’un caïman dans son salon) ne vit que pour satisfaire sa libido, une libido débridée si l’on en croit la profusion de jeunes femmes aussi accortes que dévêtues qui peuplent son quotidien. Strip-tease intégral à la clé, nous sommes au cœur de soirées bunga bunga du célèbre homme d’affaire italien, il n’y pas de doute. Sauf que dans la production que signe ici Laura Scozzi, les pouvoirs vont s’inverser en faveur de la gent féminine. Mustafa en fera les frais, violé qu’il sera par toutes celles qu’il avait exploitées auparavant. Ouf ! Sur ce thème, fidèle à l’esprit du livret, Natacha Le Guen de Kermeizon a imaginé une suite de mini-décors installés sur une scène tournante qui permet astucieusement de suivre sans temps mort l’évolution du « drame » dans la superbe demeure de Mustafa. Les costumes de Tal Shacham ne peuvent être plus contemporains à nos jours avec quelques saillies dans l’univers sado-maso. A l’instar de ses merveilleuses Indes galantes ici même en 2012, Laura Scozzi a donc décidé de donner une lecture sociétale de cet opéra bouffe. S’il faut regretter une redondance des messages et certaines scènes qui nuisent à la « concentration » du public, inutile d’en dire plus j’imagine, il faut souligner l’extraordinaire travail de mise en scène et de direction autant des solistes que des chœurs. Nous sommes bien ici en présence d’une vraie conception théâtrale qui nous fait, entre autres choses, découvrir plus précisément des personnages qui peuvent dramatiquement apparaître à tort comme accessoires : Lindoro et Taddeo. Leur complicité est la clé de bien des situations. Le spectateur attentif ne peut laisser passer, par exemple, le trouble de Lindoro lorsqu’il s’aperçoit qu’il a un peu forcé la dose du somnifère administré à Mustafa. La scène muette qu’il joue alors avec Taddeo est à hurler de rire. Bien d’autres scènes de ce calibre, trop peut-être, ponctuent ce spectacle d’une richesse inouïe, quitte à nous éloigner de l’essentiel face à l’un des plus grands chefs d’œuvre d’un belcanto à son apogée. Justement, l’essentiel…



Joan Martin-Royo (Taddeo), Mariana Pizzolato (Isabella), Maxim Mironov (Lindoro) et Pietro Spagnoli (Mustafa) - Photo Patrice Nin -

Une distribution de haut vol

Il était nécessaire, devant un pareil challenge scénique, de trouver un cast qui réponde non seulement aux exigences d’une partition qui n’en manque pas, mais aussi des chanteurs qui soient aussi des artistes. Pari tenu et, en la matière, deux noms s’imposent : Maxim Mironov et Joan Martin-Royo, deux jeunes trentenaires représentant ce qui se fait de plus exaltant en matière belcantiste aujourd’hui. Le premier cité est un Lindoro parfait, possédant le timbre idéal pour cet emploi que Rossini a écrit pour un tenore di mezzo carattere, type contraltino, avec un timbre clair et un quinte aigüe à toute épreuve, sans sollicitation appuyée du grave (ce n’est donc pas un baryténor). Doté d’un fort potentiel scénique qu’il met ici au service d’un personnage aussi déterminé que discret, Maxim Mironov maîtrise en outre une technique belcantiste à toute épreuve. Vocalises, trilles, ornementations, chant syllabique dans le registre aigu, mezza voce, tout cela est somptueusement exposé avec une virtuosité époustouflante. Un régal d’élégance et de musicalité. Le catalan Joan Martin-Royo impose quant à lui un Taddeo digne de la meilleure comédie italienne. Ce qui ne veut pas dire qu’il se contente, comme beaucoup d’autres dans ce rôle, de sa vis comica. Bien au contraire, il chante avec un baryton franc et sonore sur toute la tessiture requise ici, défiant les difficultés amoncelées sur cette partition, autant dans les récitatifs que dans son air du second acte : Ho un gran peso sulla testa dont il nous délivre une interprétation parfaite. Sa participation aux différents ensembles auxquels il est convié est déterminante dans la qualité et l’équilibre de ceux-ci.
Rossini, Mozart, Donizetti sont le lot journalier de Pietro Spagnoli depuis plus de vingt ans. Qui s’en plaindrait ? Et qui peut aujourd’hui entrer dans la peau de Mustafa avec autant d’assurance et détailler les vocalises meurtrières de sa partition avec cette sûreté ? La question est ouverte… Maître absolu d’un répertoire qu’il possède jusqu’à la moindre double croche, ce baryton italien, véritable bête de scène, domine cet emploi ultra délicat de la tête et des épaules.



Mariana Pizzolato (Isabella), Joan Martin-Royo (Taddeo) et Pietro Spagnoli (Mustafa)
- Photo Patrice Nin -

Marianna Pizzolato, rossinienne aguerrie devant les plus difficiles publics spécialisés de la planète dans ce répertoire, et sans avoir tout à fait le timbre et la voix du contralto bouffe originaux, d’ailleurs ses sublimes ornementations tirent toujours vers le registre aigu, n’en demeure pas moins une Isabella de toute beauté. Malgré les avatars scéniques dont elle est l’interprète certainement inhabituelle (voir la séance sado-maso !), elle campe une Italienne volontaire et tendre à la fois. Musicienne virtuose au registre supérieur impérieux, elle nous donne le meilleur de son interprétation dans une magnifique cavatine au second acte : Per lui que adoro. Un sommet de canto spianato dans lequel toute la longueur et le contrôle de son souffle sont mis à contribution. Un moment d’éternité ! Si l’on peut regretter le timbre peu flatteur de la soprano américano-israélienne Gan-Ya Ben-Gur Akselrod (Elvira), il serait injuste de ne pas souligner le Haly d’Aimery Lefèvre. Habitué à jouer les bad boys (voir Toni des Pigeons d’argile en 2014 au Capitole), il n’a aucun mal à se faufiler dans la peau du Capitaine des corsaires, ici l’homme à tout faire et porte flingue de Mustafa, ce qui ne l’empêche pas de détailler avec attention son aria di sorbetto du second acte : Le femmine d’Italia. Luxe que d’avoir une Cenerentola pour chanter Zulma. C’est le cas avec la mezzo-soprano russe Victoria Yarovaya dont les quelques interventions donnent à entendre un timbre magnifiquement cuivré et une projection tout à fait conséquente. A noter à son sujet qu’elle assurera le Midi du Capitole du 26 mai, accompagnée par Christophe Larrieu, dans les plus belles pages opératiques de compositeurs russes et italiens. Le chœur, exclusivement masculin dans cet opéra, sous la direction d’Alfonso Caiani, a été parfait de rondeur et de musicalité, comme à son habitude. C’est un atout incontestable de toutes les représentations lyriques du Théâtre du Capitole.
Concluons enfin pour saluer l’Orchestre du Capitole, accomplissant des prouesses dans des pages solistes d’une incroyable virtuosité et ce malgré les tempi effrénés du maestro Antonino Fogliani.

Robert Pénavayre
Article mis en ligne le 19 mai 2016

 

infos
 

Renseignements concernant les distributions, les dates et les abonnements :

www.theatreducapitole.fr

 

 

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