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Critiques
 
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Théâtre du Capitole
Le Château de Barbe-Bleue
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02/10/2015
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03/05/2015
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12 et 14/04/2015
 

 

Opéra/ Théâtre du Capitole - Turandot, Giacomo Puccini
19 juin 2015
     
COUP DE CŒUR
     

CRITIQUE

Au-delà du miroir fracassé

Frédéric Chambert, pour clore sa saison lyrique 2014/2015, invite le public à vivre une expérience peu banale, inédite, surprenante, choquante et finalement enthousiasmante. Cette expérience concerne la reprise actuelle, après 40 ans d’absence de l’affiche toulousaine, de l’ultime opéra de Puccini : Turandot. Inutile de tourner en rond autour de ce qui fait entrer ce spectacle dans les grandes dates de la salle capitoline, et malgré une distribution hors pair, le magicien de cette production n’est autre que le metteur en scène espagnol Calixto Bieito.

Pour aller bien au-delà des apparences

Finie la Chine des dragons dorés et des forêts d’éventails ! Les décors de Rebecca Ringst nous proposent une muraille de colis en carton comme vraisemblablement les entrepôts d’Amazon.com doivent en élever sur des kilomètres. Nous sommes dans une époque de surconsommation industrielle, post Mao, dans laquelle règne une dictature sanglante soigneusement entretenue par une police asservie. Bienvenu au 21ème siècle ! Les costumes d’Ingo Krügler, dans ce cadre, ne peuvent être que ces ensembles bleu de chauffe qui uniformisent une population réduite au stade d’outil humain. Coiffée d’une perruque blonde, la Princesse de glace est vêtue d’un tailleur ample noir et d’un chemisier rouge sang. Elle seule se distingue de la masse, elle et son père Altoum, ce vieillard cacochyme qui apparaît ici juste en couche-culotte, d’une saleté repoussante, qui trace bien le portrait d’un homme en fin de parcours, épuisé, désorienté, rejeté par sa famille, pathétique.



Elisabete Matos (Turandot) et Alfred Kim (Calaf) - Photo Patrice Nin -

Tout cela, et bien d’autres choses bien sûr, c’est la partie visuelle. Il y a ensuite les intentions de Calixto Bieito. Et là nous plongeons dans un abîme sans fond, celui de la psyché d’une tueuse d’hommes, totalement anéantie par le souvenir d’un viol commis sur l’une de ses ancêtres, une femme qui refuse son état et l’engloutit dans un carnage continuel. Tout cela le livret le dit de manière plus qu’explicite d’ailleurs. Pour faire passer une telle vision de cet opéra, Calixto Bieito à l’excellente idée de prendre le spectateur à la gorge et de le bloquer pendant deux heures non-stop sur son fauteuil. Pas de répit. L’interpellation est d’une violence rare. De savants liens théâtraux lient les actes entre eux de manière à tétaniser le public qui, d’ailleurs, a attendu l’extrême fin du spectacle pour applaudir, donnant ainsi à la représentation un poids émotionnel presque insoutenable à certains moments. En un mot comme en cent, Calixto Bieito nous montre l’indicible à travers la cohérence fulgurante de son propos. Il est évident qu’une telle proposition ne peut plaire à tout le monde et une partie du public le lui a fait sentir au rideau final lorsque l’équipe de production est venue saluer. Que penser d’une telle réaction si ce n’est qu’elle est aussi légitime que mal venue. Légitime car on peut imaginer la frustration de ceux qui ne voient en Turandot que la sublime illustration musicale d’une légende des temps anciens. Mal venue car c’est jeter aux orties un travail colossal, et téméraire, d’introspection d’un ouvrage qui demande un rien de réflexion avant d’oser seulement imaginer en pénétrer le substrat.
Ultime pirouette, si l’on peut dire, le final de cet opéra, écrit de la main de Franco Alfano, Puccini étant mort avant de pouvoir en composer la moindre note, nous réserve ici encore une surprise. A la mort de Liu, le rideau se baisse lentement et les ultimes notes écrites par le musicien s’éteignent dans la fosse de l’orchestre. Est-ce finit pour autant ? Non. Quelques minutes après, le rideau revient se lever. Le chœur est en fond de scène et, devant lui, à vingt mètres l’un de l’autre, habillés à l’identique de la phalange chorale, se trouvent Calaf et Turandot. Assimilés à la foule, ils vont chanter cet improbable duo d’amour sans même se regarder, donnant simplement acte de la volonté de Puccini de terminer ainsi son opéra. Pirouette astucieuse satisfaisant ceux qui considèrent ce final comme vraiment une pièce rapportée de peu d’intérêt et ceux qui veulent une dernière fois entendre la soprano, le ténor et le chœur dans des envolées stratosphériques.



Gregory Bonfatti (Pang), Paul Kaufmann (Pong) et Gezim Myshketa (Ping)
- Photo Patrice Nin -

Une distribution ovationnée

Il y a longtemps que le Capitole n’avait pas résonné de pareilles ovations. A l’applaudimètre, incontestablement le Calaf puissamment timbré et projeté d’Alfred Kim, ainsi que la Liu toute en nuances savamment contrôlées d’Eri Nakamura sont sur les premières marches du podium. Après un tout début un peu étrange, le gigantesque soprano d’Elisabete Matos prend son envol et affronte la tessiture meurtrière de cette Princesse avec un incroyable aplomb. L’artiste compose sur scène un personnage complexe, difficile, terriblement tortueux. Tout cela est de premier niveau international.
Mais la distribution réunie par Frédéric Chambert ne s’arrête pas là, loin s’en faut et tous les seconds plans sont excellents. Il en est ainsi de Luca Lombardo, Altoum saisissant de présence douloureuse, In Sung Sim, Timur à la basse impressionnante d’harmonies, Dong-Hwan Lee, un Mandarin autoritaire à souhait. Et pour terminer, un grand bravo aux trois ministres, sinistres suppôts du pouvoir, obsédés sexuels, travestis dans une intimité plus que complice… Ils ont pour noms : Gezim Myshketa (Ping), Paul Kaufmann (Pong) et Gregory Bonfatti (Pang). Saluons enfin, et bien bas, l’admirable et essentielle participation du Chœur et de la Maîtrise du Capitole placés sous la direction d’Alfonso Caiani. Quelle puissance, quelles couleurs, quelle rondeur, quelle musicalité ! Placé sous la direction, un rien trop présente en termes de volume, de Stefan Solyom, l’Orchestre national du Capitole nous fait entendre avec une virtuosité de tous les instants, cette magnifique partition. Quelle richesse d’instrumentation, quel travail sur les timbres et sur les percussions. Du grand œuvre assurément !
Calixto Bieito vient de bouleverser profondément et durablement notre vision de l'ultime chef-d'œuvre de Puccini.

Robert Pénavayre
Article mis en ligne le 20 juin 2015

 

infos
 

Renseignements concernant les distributions, les dates et les abonnements :

www.theatreducapitole.fr

 

 

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