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Giacomo Meyerbeer
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Critiques
 
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Le Château de Barbe-Bleue
Béla Bartók
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Théâtre du Capitole
Massacre
Wolfgang Mitterer
12 et 14/04/2015
 

 

Opéra/ Théâtre du Capitole - Massacre - Wolfgang Mitterer
12 et 14 avril 2015

     

CRITIQUE

Une proposition lyrique radicale

Nombreux sont certainement les mélomanes qui vont être désemparés devant cette œuvre. Est-ce tout d’abord un opéra au sens traditionnel du terme ? Oui, assurément car il y a des musiciens dans la fosse et des chanteurs avec des voix d’opéra sur scène. Il y a un décor, des lumières, des projections, des costumes, tout ce qui peut faire d’un spectacle une œuvre lyrique.

Créé en 2003 à Vienne lors du festival annuel se déroulant au printemps et plus particulièrement consacré à une vision avant-gardiste du geste théâtral, Massacre, sur une musique de Wolfgang Mitterer (né en 1958) et un livret de ce dernier et de Stephan Müller, nous plonge au cœur des guerres de religion qui ont ensanglanté la France et plus spécifiquement lors de cette tuerie programmée qui est entrée dans l’Histoire sous le nom de Nuit de la Saint-Barthélemy. Le conflit nous parvient dans la nudité des principaux protagonistes : la Duchesse de Guise, le Roi de Navarre, la Reine de Navarre, Catherine de Médicis, Henri III et, bien sûr, le Duc de Guise. Cet opéra nous arrive dans la production créée en 2008 au Teatro Nacional São João de Porto. La mise en scène de Ludovic Lagarde s’appuie avant tout sur de perpétuelles projections vidéo, un rien stroboscopiques, ce qui enlève de la compréhension aux messages censés être délivrés, devenus de cette manière totalement subliminaux. Les très beaux costumes, d’époque, sont signés Fanny Brouste. Au cœur de l’action théâtrale se coule un personnage emblématique des victimes de la barbarie. C’est une danseuse, nue, qui symbolise ici les effets collatéraux d’une violence aveugle. Une belle performance chorégraphiée et interprétée par Stéfany Ganachaud.



De gauche à droite : Lionel Peintre (Duc de Guise), Valérie Philippin (Roi de Navarre), Stéfany Ganachaud (danseuse), Guilhem Terrail (Henri III) et Nora Petrocenko (Catherine de Médicis) - Photo Patrice Nin -

De la Trahison au Naufrage

L’œuvre se découpe en 17 tableaux, nommés sur écran : Trahison, Le complot, Un coup soudain, Dans quelle époque vivons-nous, L’ordre, Jurez et exécutez, Tuerie 1, Mon cœur implore, Tuerie 2, Eau pure, Lamentatio, Damnation de D (Duchesse de Guise), La chute, Procès, Douleur, Naufrage. En fait, c’est une sorte de chronologie des évènements. Très courts (l’œuvre dure 1 h 20), ils s’enchaînent à grande vitesse et ne laissent pas le temps au public de se rassurer en quoi que ce soit. L’orchestre, le Remix Ensemble Casa da Mùsica, sous la direction de Peter Rundel, accompagne ces macabres péripéties avec une richesse sonore et une discipline ébouriffantes. Il fut justement et largement  applaudi. Sur scène, une poignée de chanteurs, sonorisés, affronte une partition démentielle vocalement conjuguant à leur attention vocalises périlleuses, onomatopées, cris et phrasé belcantiste. Il convient de tous les citer pour leur performance, car c’en est une. La soprano finlandaise Piia Komsi dépasse en permanence les limites du suraigu. Sa virtuosité lui vaut la reconnaissance des plus grands compositeurs actuels qui écrivent à son attention. Valérie Philippin est également une spécialiste de ce répertoire. Le mezzo-soprano Nora Petročenko déploie un organe somptueux de rondeur dont l’ambitus dépasse largement les deux octaves. La présence ici du baryton français Lionel Peintre est la preuve de l’étendue du talent de cet artiste. Le rôle d’Henri III est dédié ici à un contre-ténor, c’est Guilhem Terrail qui s’y mesure avec une autorité et une présence scénique remarquables.



Piia Komsi (Duchesse de Guise) et Lionel Peintre (Duc de Guise) - Photo Patrice Nin -

In fine, que dire sur ce spectacle, qui est une véritable performance, si ce n’est qu’il vaut incontestablement le détour, quitte à s’y fourvoyer, ceci étant l’affaire de chacun. Qu’il mette mal à l’aise par la crudité des propos et des situations relève certainement de la plus pure intention, les dérives sectaires dont il est l'illustration étant encore de nos jours, hélas, notre quotidien. Mais le travail colossal accompli par tous ces artistes pour nous restituer, en une espèce de grandiose et glaçante cérémonie funèbre proche d’une tragédie grecque ces moments lugubres de notre Histoire, mérite pour le moins le respect.
Assurément une expérience que tout amateur d’art lyrique se doit de faire, de vivre, pour comprendre et s’inscrire dans l’évolution de l’opéra.

Robert Pénavayre
Article mis en ligne le 13 avril 2015

Massacre, le Remix

La représentation du 14 avril de l’opéra de Wolfgang Mitterer était suivie d’une performance exceptionnelle toujours menée dans le cadre du cycle des Présences Vocales proposé par le collectif éOle, Odyssud, le Théâtre du Capitole et le Théâtre Garonne.
Invités dès la fin du spectacle par Frédéric Chambert, directeur du vénérable Théâtre du Capitole, des spectateurs intéressés de tous âges (mais avec une proportion importante de jeunes), se sont donc rendus au foyer de l’établissement. Un foyer empli d’équipements insolites !
Ainsi, l’habituel piano à queue, transformé en « piano préparé », se trouve bardé d’une multitude de dispositifs étranges. C’est à l’auteur de Massacre, Wolfgang Mitterer, de prendre place aux commandes de cet étrange instrument. Lui faisant face, le compositeur Pierre Jodlowski, directeur artistique associé du studio éOle et du festival Novelum à Toulouse, met en œuvre l’ensemble de ses « outils » musicaux, aussi nombreux que singuliers. Signalons que Pierre Jodlowski vient d’être récompensé par l’attribution du Grand Prix Lycéen des Compositeurs 2015.



Wolgang Mitterer au piano préparé et Pierre Jodlowski à droite - Photo Classictoulouse -

L’action des deux musiciens consiste alors à développer une vaste improvisation permettant de revisiter l’univers de l’opéra qui vient de s’achever. L’imagination des deux créateurs n’a alors plus de limite. Si l’on retrouve, dans le déroulement de cette session en duo, les atmosphères oppressantes ou violentes de Massacre, l’attention de l’auditeur-spectateur se porte sur la richesse du résultat sonore. La fusion entre les deux contributions est telle qu’il s’avère souvent difficile de distinguer l’auteur de tel ou tel effet. Explosions subites, échos de cuivres, de chœurs lointains, jeu de ping-pong percussif, construisent une pièce conjuguant onirisme et événements surprises.
Le public, en grande partie assis à même le parquet du foyer (y compris Frédéric Chambert lui-même !), accueille avec chaleur ce cadeau supplémentaire. Il faut saluer la direction d’un tel théâtre de répertoire et de tradition pour cette initiative louable de tisser des liens avec la production musicale la plus actuelle. L’accueil très positif du jeune public (mais pas seulement) constitue un élément encourageant de cette démarche.

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 15 avril 2015

 

infos
 

Renseignements concernant les distributions, les dates et les abonnements :

www.theatreducapitole.fr

 

 

Représentations suivantes :

14, 15 et 17 avril 2015

 

 
 
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