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Opéra/ Opéra Grand Avignon – Anna Bolena – Gaetano Donizetti
14 mai 2017
     

CRITIQUE

Dans l’univers des reines donizettiennes

Le compositeur bergamasque en a « croqué » trois dans son corpus : Anna Bolena en 1830, Maria Stuarda en 1834 et Elisabeth 1ère dans Roberto Devereux en 1837. Toutes ces héroïnes ont connu des créatrices prestigieuses et il n’est que de rappeler le nom de la première Anna, une certaine Giuditta Pasta pour s’en persuader. Ces trois opéras, un peu d’ailleurs comme quasiment les trois-quarts de la gigantesque production lyrique donizettienne, ont sombré dans l’oubli au cours du temps. Ces figures royales sont revenues au goût du jour dès la fin des années 50 du siècle dernier grâce à Maria Callas dont l’intuition vocale a su rendre à ces personnages leur vraie nature dramatico-lyrique. Montserrat Caballé par la suite leur a donné leurs lettres de noblesse. Tout cela pour dire que ces ouvrages n’existent clairement aujourd’hui que par le talent des plus grandes cantatrices.

C’est dans une production créée à Bordeaux en 2014, étonnamment reprise… à la Scala de Milan cette année, étonnamment vu son intérêt vraiment relatif, que l’Opéra Grand Avignon présente Anna Bolena cette saison. La mise en scène simplissime de Marie-Louise Bischofberger, les décors du même tonneau d’Erich Wonder et les costumes de Kaspar Glaner ont pour seul atout de permettre aux interprètes de garder toute leur disponibilité physique pour affronter les nombreux écueils d’une partition ardue entre toutes.
Sous la direction un rien carrée de Samuel Jean, l’orchestre se montre discipliné de même que les chœurs préparés par Aurore Marchand.


Irina Lungu dans sa première Anna Bolena
O

Sur scène, deux belles surprises nous attendent et sautent aux oreilles, ce sont les prestations de deux Français, dans des seconds rôles. Il s’agit de Patrick Bolleire, Rochefort d’une réelle autorité vocale, émission d’une parfaite rondeur, timbre de basse aux harmoniques superbes, projection luxueuse pour cet emploi, et de Jérémy Duffau, tout jeune ténor au timbre brillant et à la présence évidente dans le rôle d’Hervey. Il est clair qu’ils ne sont pas passés inaperçus !
Après une annonce faite au rideau par Raymond Duffaut en début de seconde partie de soirée, le doute était levé, la basse italienne Carlo Colombara n’était pas dans ses meilleurs jours. Le rôle d’Enrico VIII, le sanglant psychopathe anglais, n’allait pas prendre aujourd’hui toute son ampleur ni toute son importance. Il en est ainsi du spectacle vivant.

Remplaçant Kate Aldrich initialement prévue dans le rôle de Giovanna Seymour, c’est la Géorgienne Ketevan Kemoklidze qui se glissait rapidement dans la robe de l’amie intime d’Anna. Après l’avoir abordée à Séville il y a un an, ce mezzo-soprano retrouve avec une certaine aisance cette partition. La belle couleur ambrée de son timbre, la longueur de son ambitus et sa musicalité ainsi que beaucoup de sensibilité dramatique rendent justice à ce personnage. Prise de rôle pour un autre mezzo-soprano, la jeune franco-marocaine Ahlima Mhandi dans le personnage travesti de Smeton, celui par qui le malheur arrivera. Très à l’aise sur scène, dotée d’un beau timbre riche en couleurs, d’une voix à l’aigu vainqueur mais qui doit affirmer ses résonances dans le grave, cette artiste devrait nous réserver de bien belles surprises dans l’avenir. L’autre prise de rôle était de taille puisqu’il ne s’agissait de rien moins que de celui d’Anna par la Moldave Irina Lungu. Cette cantatrice chante depuis de nombreuses années Traviata dans le monde entier, de Rome à Vienne, de Milan à Tokyo, de Paris à Berlin, etc. Après avoir abordé Maria Stuarda à la Scala de Milan en 2008, voilà qu’elle offre sa première Anna Bolena au public avignonnais.



De gauche à droite : Ahlima Mhandi (Smeton), Carlo Colombara (Enrico VIII),
Ketevan Kemoklidze (Giovanna Seymour), au sol, Irina Lungu (Anna Bolena)
et Ismaël Jordi (Percy)

Challenge remporté haut la main. Sa voix s’affermissant au fur et à mesure de la représentation, Irina Lungu délivra une scène de la folie d’une poignante grandeur. Un remarquable contrôle du souffle lui permet de tenir des phrasés totalement planants, ses demi-teintes sont admirables de précision et de couleurs, la voix peut être qualifiée d’homogène malgré un suraigu un brin tendu, l’artiste sait s’investir dans le personnage. Acclamations méritées.
Et puis il y a un autre rôle, celui du ténor, celui de ce personnage qui n’aurait jamais dû revenir dans la Perfide Albion, celui de l’amour de jeunesse d’Anna : Lord Riccardo Percy. C’est un invité régulier de cette scène qui l’interprète, le chanteur espagnol Ismaël Jordi, juste avant Roméo et Juliette à Toulon et entre deux Lucia di Lammermoor à Tokyo et au Covent Garden de Londres ! Cet interprète, dont il est aisé d’entendre l’admiration pour Alfredo Kraus, nous a fait passer le frisson dans son ultime scène : Vivi tu, te ne scongiuro, atteignant les sommets du cantabile le plus émouvant, le plus parfaitement maîtrisé dans ses dynamiques et sa musicalité, affrontant les suraigus avec la franchise que nous lui connaissons. Un moment de grâce suspendu dans le temps. C’est cela aussi le bonheur du spectacle vivant.

Robert Pénavayre
Article mis en ligne le 16 mai 2017

 

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