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Livres/ Meyerbeer - Jean-Philippe Thiellay
     

Le Titanic de l’art lyrique

Touché, coulé ! Entre antisémitisme rampant et difficultés à monter ses opéras, il n’est pas totalement absurde de faire la comparaison entre le sort du Titanic et celui de Meyerbeer (1791-1864) tant ce dernier a disparu des radars de nos maisons d’opéra pendant près de cent ans. Et pourtant, en plein 19ème siècle, Meyerbeer a inventé un genre nouveau rapidement célébré : le grand opéra.

Pour nous faire revivre cette figure majeure que ce début de 21ème siècle semble vouloir réhabiliter, Jean-Philippe Thiellay s’aventure en solo, contrairement aux deux brillantissimes opus précédents, consacrés à Bellini (2013) et Rossini (2012), qu’il a co-signés avec son père Jean. Il va découper la vie et l’œuvre de Meyerbeer en trois chapitres suivis d’un quatrième faisant une synthèse très européenne d’un destin hors du commun.


O

Manifestation de l’attachement familial aux racines juives berlinoises, le premier prénom du petit Meyerbeer sera donc Jakob. C’est sous cette « appellation » que le premier chapitre nous le fait suivre de 1791, date de sa naissance, à 1864, date de sa disparition. C’est dans ce laps de temps, long à cette époque, 73 ans, que la personnalité du musicien va se singulariser. En 1816, adieu l’Allemagne, début d’un second chapitre, c’est un Giacomo Meyerbeer que la péninsule italienne va découvrir.
Le compositeur, fou de voix, sait que seule l’Italie et sa grande tradition vocale peuvent lui apporter la connaissance nécessaire à l’écriture des grands opéras qu’il ambitionne. Son exil volontaire durera près de dix années, dix années à approfondir des siècles d’art lyrique transalpin. Il a 33 ans lorsqu’il quitte les cieux italiens pour Paris, alors capitale mondiale de l’opéra. Nous sommes en 1825. Meyerbeer est déjà bien installé dans le paysage lyrique européen.

Il faut dire que, malgré son jeune âge et tous ses voyages, le compositeur n’a pas spécialement chômé. Tant durant sa période allemande qu’italienne, il a composé sans relâche. Déjà représenté à la Scala de Milan, voilà qu’il connaît un succès sans précédent à la Fenice de Venise en 1824 avec Il Crociato in Egitto. Il est temps de changer d’air et de prénom. Troisième chapitre, c’est Jacques Meyerbeer qui va rencontrer le dénommé Eugène Scribe en 1827. Ce dernier va devenir son librettiste attitré pour toutes les années à venir et signer à ce titre Robert le Diable, les Huguenots, le Prophète, L’Etoile du Nord et L’Africaine. En somme tous les chefs-d’œuvre d’un compositeur dont le présent ouvrage, extrêmement documenté et actualisé, nous trace un portrait peut-être moins « romanesque » que ceux d’un Bellini ou d’un Rossini, mais d’un profond humanisme. Généreux, attentif, créatif, Meyerbeer était allemand de naissance, italien de cœur et français d’adoption, en fait un Européen avant l’heure qui a su s’imprégner de différents styles afin de créer un genre nouveau. Ce genre-là, le grand opéra, ne peut être aujourd’hui, pour des raisons matérielles, que l’apanage des grands théâtres lyriques tant il réclame des moyens considérables en effectifs et en distributions triées sur le volet. Ces théâtres doivent s’approprier à nouveau le répertoire de ce compositeur car il représente un maillon essentiel dans l’histoire de l’art lyrique, un maillon sans lequel il est permis de se demander ce que seraient devenus Wagner et bien d’autres musiciens qui se sont nourris de cette conjugaison géniale entre la vocalité et l’action dramatique.
Pour différentes raisons, pas toutes avouables, Meyerbeer est critiqué, encore de nos jours. Il suffit d’aller le voir et l’écouter, comme le Capitole de Toulouse nous en a offert l’occasion en juin 2017 avec une nouvelle production du Prophète, pour se rendre compte de l’importance de cet univers musical que les dernières générations de mélomanes méconnaissent totalement. Il constitue à lui seul un répertoire que l’on pourrait qualifier d’européen sans équivalent aucun. Le 21ème siècle sera-t-il celui de la renaissance meyerbeerienne ? Il faut le souhaiter. Le présent ouvrage en est, dans tous les cas, un élément d’importance.
Comme à son habitude dans cette précieuse collection, le livre s’achève par une indispensable discographie ainsi qu’une vidéographie non moins savamment sélectionnée.

Robert Pénavayre
Article mis en ligne le 2 janvier 2019

 

infos
 
 

« Meyerbeer » par Jean-Philippe Thiellay – Actes Sud – 180 pages – 19 €

 

 

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