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Livres/ Et passe le souffle des dieux - Philippe Séguy
     
COUP DE CŒUR
 

Un éblouissant roman historique moyenâgeux

Autant vous le dire d’emblée, vous fermerez ce livre le cœur gros. Vous l’aurez même peut-être un peu « économisé » afin qu’il dure plus longtemps. Mais la dernière page finira par se tourner, vous laissant avec le son d’une vielle céleste dans l’oreille. Et la tête emplie de souvenirs, ceux de personnages dont certains appartiennent à l’Histoire, d’autres à l’imaginaire de l’auteur. Peu importe, le lien entre eux est d’une telle fluidité que les frontières s’estompent vite.

Si le Prologue nous propulse en 1068, à Canterbury, au plus profond de cette Abbaye de Saint Augustin dans laquelle une tapisserie qui va entrer dans l’Histoire est en train d’être brodée, les pages suivantes nous font traverser la Manche pour nous immerger dans le Duché de Normandie quatre années plus tôt. Là nous croisons le duc Guillaume, dans une colère noire, et sa femme Mathilde. Des crimes atroces sont commis sur ses terres. Des jeunes filles sont égorgées et l’on connaît les assassins : des druides. Ces derniers entretiennent la religion des anciens dieux nordiques et vouent une haine inextinguible contre les tenants de ce dieu sacrifié si jeune sur une croix. Ils se cachent au cœur de cette terre normande et sont devenus invisibles.

O

Mais la colère du duc va vite se reporter sur une autre affaire. Edouard, le roi d’Angleterre, vient de mourir. Harold, celui qui avait prêté serment d’allégeance à Guillaume et juré sur de Saintes Reliques qu’il faciliterait son accession au trône anglais, vient tout simplement d’en ceindre la couronne. On connaît la suite, devenant pour l’Histoire Guillaume le Conquérant, le duc va lever un ost formidable et partir, via la Manche, à la conquête de l’Angleterre. Le combat décisif sera la bataille d’Hastings en 1066 qui verra la déroute des troupes du roi Harold. Et sa mort. Voilà pour le fil rouge de ce livre. Rien de plus historique bien sûr. Mais l’auteur va nous la conter au travers de personnages romanesques, tous issus de la famille normande de Rhys. Outre le père, il y a surtout les trois fils : Eudes, Jehan et Odon. C’est ce dernier dans la lignée qui va entrer, tout jeune, comme page au service de Mathilde.

C’est lui le véritable héros de ce roman. Un brin rebelle mais intelligent en diable et habile à manier l’arme, il va devenir chevalier et combattre, sous une forme particulière, aux côtés de Guillaume. Odon va croiser et se lier d’amitié avec un jeune tailleur de pierre et un trouvère encore adolescent, deux personnages qui cachent bien des secrets… Quant à Eudes, sa rencontre brutale avec un fils du Nord lui ouvrira les portes de l’enfer sur Terre.
La véritable épopée de cette famille nous est racontée dans un style proche de celui des troubadours, ce gai savoir aux périphrases savoureuses. Ainsi, à l’image de cette fameuse Tapisserie de Bayeux, puisque c’est d’elle dont il s’agit, c’est toute une vie médiévale qui nous est révélée, avec une science de l’écriture renversante de poésie autant que parfois de crudité, avec aussi une connaissance précise de cette époque autant en termes d’habillements que de cuisines, de coutumes que de protocoles, de mœurs que de langage. Avec, et l’auteur le souligne à l’envi, la présence omnipotente de l’Eglise et de la Foi dans tous les actes de la vie et de la pensée. Ajoutez à cela un suspense, non pas historique car l’Histoire est connue, mais intime qui vous prend à la gorge dès le début, suspense qui ouvre aussi la voie à une lecture légendaire de cette Tapisserie.
Précipitez-vous sur ce livre, véritablement magique en plus d’être une somptueuse leçon d’Histoire, c’est un éblouissement de tous les instants.

Robert Pénavayre
Article mis en ligne le 11 avril 2020

 

infos
 
 

« Et passe le souffle des dieux »,
Philippe Séguy – Plon - 550 pages – 22 €

 

 

 

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