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Livres/ Charles Gounod – Mémoires d’un artiste
     

Ma vie, mon œuvre ? Bien plus que cela !

1818, date de naissance d’un des plus célèbres musiciens français : Charles Gounod. Voilà donc deux siècles que ce compositeur voyait le jour à Paris.  Il est avant tout connu pour des opéras qui sont encore aujourd’hui les piliers de toute programmation lyrique : Faust, Mireille, Roméo et Juliette en particulier.

Le récit autobiographique dans lequel le compositeur retrace sa vie s’arrête en 1859. Il est donc inachevé. La présente version, augmentée sur la base de sources manuscrites réunies par Gérard Condé, nous donne une image plus complète du parcours personnel et professionnel de Charles Gounod. Soulignons que l’abondante correspondance du musicien est une source quasi intarissable de renseignements de tous ordres.
En 9 chapitres, voici Gounod révélé. Du moins ce qu’il veut bien nous confier d’une vie plus mouvementée qu’il n’y paraît. Celui qui voua un véritable culte à sa mère partit tout de même pour l’Italie, à peine âgé de 21 ans. Direction la Villa Médicis et « …cette Rome incomparable dont le séjour devait exercer sur mon avenir une influence si décisive ». Il l’atteindra 2 mois plus tard. Dans sa tête déjà l’Otello de Rossini qu’il a entendu aux Italiens avec la Malibran, Rubini et Lablache, ainsi qu’au même endroit quelques temps plus tard, le Don Giovanni mozartien. Il est très intéressant de lire Gounod dissertant sur l’impact qu’ont eu ces deux partitions sur son devenir de musicien. Rome sera le berceau de rencontres passionnantes pour le jeune homme. Il va y croiser Pauline Viardot et Ingres qui le prendra en amitié. La Sixtine lui procurera un choc aussi artistique qu’émotionnel. Gounod va faire des pieds et des mains pour prolonger son séjour romain de cinq mois. Mais la date de la séparation est là et « …il fallait dire adieu à cette Rome où je sentais que j’avais pris racine ».


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A présent c’est l’Allemagne qui l’attend, mais pour s’y rendre, Gounod prend le chemin des écoliers et s’arrête à Florence et Venise. Si « Rome est un recueillement, Venise est une intoxication et Naples un sourire de la Grèce ». C’est dire les traces indélébiles de ce premier séjour italien qui resteront gravées chez ce musicien. Pour l’heure voici Vienne, Berlin, Leipzig. C’est de cette ville qu’il partira pour enfin retourner à Paris et retrouver sa « pauvre chère mère ». Nous sommes en 1843. Il changera dix-sept fois de voiture durant ce voyage !
Trois ans et demi d’absence, quelques soucis de santé et une barbe nouvelle, il n’en faut pas plus pour que Madame Gounod mère ne reconnaisse pas celui qui allait devenir son plus illustre rejeton.
Des retrouvailles avec Pauline Viardot vont mettre Sapho sur les rails. Suivra quelques années plus tard le chef d’œuvre signé des librettistes Jules Barbier et Michel Carré : Faust.

« Cette partition fut assez discutée pour que je n’eusse pas grand espoir d’un succès ». Il ne restait plus qu’à trouver l’indispensable éditeur, ce sera Monsieur de Choudens. Ce dernier, « … naturellement désireux de faire fortune avec Faust, désirait, par conséquent, faire la fortune de Faust : ce qui ne signifiait pas du tout qu’il voulût faire la mienne ». On a beau être artiste, lorsqu’on a charge de famille (Gounod est marié et papa d’un petit garçon), il est difficile de vivre d’amour et d’eau fraîche. Le présent ouvrage nous éclaire sur les aventures financières du compositeur qui dut se battre contre des intermédiaires peu scrupuleux et des lois, particulièrement britanniques, assez spéciales. Mais pour l’heure, Charles Gounod fréquente les majestés impériales européennes. Juste un petit tour en Italie puis c’est l’invitation de Mistral à séjourner en Provence pour parler de Miréio. « Je trouve dans Mistral tout ce que j’attendais, le poète dans le berger antique, dans l’homme de la nature, dans l’homme de la campagne et du ciel ». Un autre chef-d’œuvre va voir le jour. Mais ce n’est pas le dernier. Le compositeur est en Provence. Il se lève de bonne heure et s’installe au bord de la mer. « Au milieu de ce silence, il me semble que j’entends me parler en dedans quelque chose de très grand, de très clair, de très simple (…). C’est alors que j’entends m’arriver la musique de Roméo et Juliette ». Alors que Charles Gounod traverse une période sombre de sa vie, sur tous les plans, la mort de Rossini le frappe de plein fouet. « Rossini ! Toi qui as saisi de tes mains puissantes le grand art de la musique ». Tout cela n’empêche pas le compositeur d’avoir une liaison passionnée avec Adèle d’Affry, duchesse Colonna de Castiglione. Un séjour professionnel et amical à Londres lui fait faire « connaissance » avec le royalty system. Je laisse le soin au lecteur d’entrer dans cet entrelacs financier qui troubla beaucoup notre artiste… Et lui coûta cher ! Après bien des déboires, le 8 juin 1874, Charles Gounod revient en France. « Dieu est prodigieux ! Rien ne saurait vous décrire ce qui se passe en moi. (…). Après cinquante-six ans d’une existence qui présente un des exemples les plus éclatants, les plus irrécusables, je dirais les plus populaires, de la faiblesse et de l’irrésolution, faire tout à coup au plus intime de soi-même l’expérience de la force tranquille et de la paix invincible, c’est manifestement être le sujet d’un miracle ». C’est dans cette renaissance que Polyeucte voit le jour. « Périsse mon œuvre, périsse même Faust, mais que Polyeucte soit repris et vive ! » Un drame sacré, où il est question de foi et de martyre… La fin de sa vie sera consacrée presque exclusivement à la composition de messes diverses et d’œuvres de musique de chambre.
Ces Mémoires augmentées se lisent comme un véritable roman. Et une mine de renseignements pour les amateurs d’opéra. Elles nous permettent d’entrer dans l’intimité d’un compositeur de génie, parfaitement original, amateur des beaux-arts, dont les œuvres, parfois regardées de haut par certains esprits éclairés, où censés l’être, n’en demeurent pas moins dans l’inconscient collectif depuis plus d’un siècle, preuve de leur immense pouvoir émotionnel.

Robert Pénavayre
Article mis en ligne le 7 juillet 2018

 

infos
 
 

« Charles Gounod – Mémoires d’un artiste » Editions Actes Sud –
Palazzetto Bru Zane
363 pages – 11 €

 

 

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