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Toulouse les Orgues
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Piano aux Jacobins
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Festivals/ Toulouse les Orgues - 24ème Festival International
1er au 13 octobre 2019
     

CRITIQUE

La fête de l’orgue 2019

Créé en 1996 par Michel Bouvard et Jan-Willem Jansen en hommage à Xavier Darasse, le festival international Toulouse les Orgues vient de célébrer sa 24ème édition. Parmi la cinquantaine de manifestations organisées dans une multitude de lieux, à Toulouse et dans la région, le festival proposait cette année de mettre en lumière les femmes organistes. L’édition 2019 a largement tenu ses promesses !

Dès le 2 octobre, en la basilique Saint-Sernin, le concert d’ouverture donnait la parole à deux organistes de talent, Éric Lebrun et Marie-Ange Leurent, respectant ainsi symboliquement la parité. A quatre mains et quatre pieds, ces musiciens s’attaquaient à deux grands chefs-d’œuvre de la musique… orchestrale.

Le « Nouveau monde » de l’orgue

Dvorak et Bizet, transcrits pour l’instrument roi, ont attiré ce soir-là une foule immense sous les voûtes de la basilique Saint-Sernin dont le prestigieux Cavaillé-Coll représente le nec plus ultra des orgues « symphoniques ». Les impératifs de sécurité ont même obligé un grand nombre de spectateurs intéressés à rester à la porte de l’église.


Marie-Ange Leurent et Éric Lebrun sur écran pendant le concert d'ouverture
- Photo Classictoulouse -
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La complexité parfois modale de la 9ème symphonie, dite « Du Nouveau Monde », composée par Antonin Dvorak à la suite de son séjour aux Etats-Unis, n’a pas empêché le compositeur de transcrire sa partition pour piano à quatre mains. C’est donc cette version qui sert de base à l’adaptation pour l’orgue jouée ce soir-là par Éric Lebrun et Marie-Ange Leurent. Le dispositif vidéo installé à cette occasion permet à l’ensemble du public d’observer, sur grand écran, le déroulement des véritables performances physiques exigées des interprètes. Même si les quatre mains et les quatre pieds des musiciens ne sont pas de trop pour rendre justice à la polyphonie de l’œuvre, l’espace qui leur est dévolu s’avère parfois bien étroit ! Fort heureusement le Cavaillé-Coll de la basilique comporte trois claviers, permettant ainsi les croisements de mains les plus acrobatiques.

La puissance de l’instrument et la richesse de ses jeux combinés donne de la Symphonie un nouveau visage sonore, un autre déploiement de couleurs. Même si on a parfois du mal à « oublier » l’instrumentation orchestrale, l’œuvre conserve son élan vital et sa grandeur.
Avec la Deuxième Suite de L’Arlésienne, l’adéquation s’avère encore plus convaincante. L’adaptation pour l’orgue est réalisée à partir de la transcription pour piano du compositeur Renaud de Vilbac. La transparence de la registration choisie par les interprètes confère à la pièce une lumière admirable.
Le succès est tel que deux bis vivifiants, deux Danses Hongroises de Brahms, sont généreusement offertes.

Yasuko Uyama-Bouvard et l’orgue au féminin


Le samedi 5 octobre carte blanche était offerte à l’une des grandes claviéristes de la Ville rose. Née au Japon, arrivée en France en 1976, Yasuko Uyama-Bouvard occupe une place importante dans le panorama organistique national. Aussi à l’aise au clavecin, au pianoforte qu’à la tribune de son orgue de Saint-Pierre des Chartreux, elle joue un rôle fondamental auprès des grands ensembles de musique ancienne, notamment Les Passions, Les Sacqueboutiers, l’Ensemble Baroque de Toulouse…


Yasuko Uyama-Bouvard et Michel Bouvard à quatre mains

C’est précisément dans l’intimité chaleureuse de la belle église Saint-Pierre des Chartreux, dont elle est titulaire de l’orgue baroque français, que Yasuko reçoit quelques invités surprises. La musicienne choisit de rendre hommage aux polyphonies des XVIème et XVIIème siècles. La clarté, la transparence des sonorités délivrées par son instrument font ici merveille.
Elle ouvre le concert en duo avec son partenaire et époux Michel Bouvard. A quatre mains, les deux complices unissent leurs talents sur une pièce de Nicholas Carlston, précédée par une invocation de plain-chant entonnée par Rolandas Muleika, chanteur et directeur de l’ensemble Antiphona. Rolandas Muleika intervient en outre très opportunément tout au long du concert pour ponctuer l’essentiel des pièces jouées d’une référence de plain-chant.
Deux autres invités se mêlent à la succession de ces riches polyphonies. Le bassoniste Laurent Le Chenadec déploie sa solide virtuosité dans une Fantaisie de Boddecker. Jean-Pierre Canihac, au cornet à bouquin, déclame avec une intense sensibilité la très émouvante Diminution de Bovicelli sur « Io son ferito lasso » de Palestrina. De brillantes pièces aux caractéristiques très diverses illustrent la richesse de ce répertoire que l’organiste pratique avec un naturel et une musicalité exemplaires.

Duos de cornets

L’imagination gagne l’ensemble de la programmation du festival. Le 9 octobre, l’église Saint-François de Paule des Minimes recevait l’ensemble Double Face créé en 2017 par la cornettiste Marie Garnier-Marzullo. Associée à la soprano Stéphanie Révidat et à l’organiste Damien Simon, la musicienne, qui a souvent collaboré avec l’ensemble toulousain Les Sacqueboutiers, porte une affection particulière aux différentes sortes de « cornets ».



De gauche à droite : Marie Garnier-Marzullo, Damien Simon et Stéphanie Révidat à la tribune de l'orgue de Saint-François de Paule des Minimes - Photo Classictoulouse -

Au point de concevoir un programme qui établi un pont entre les répertoires de prédilection des deux sortes de cornets : le XVIIème siècle pour le cornet… à bouquin, le XIXème pour le cornet… à piston. Autre élément original, toutes les pièces programmées s’avèrent liées à la voix, aussi bien humaine qu’instrumentale. Stéphanie Révidat, qui elle aussi chemine avec Les Sacqueboutiers, déploie son timbre riche et généreux, s’adaptant parfaitement à chaque style abordé. Enfin, Damien Simon joue avec imagination le bel orgue au tempérament mésotonique de l’église des Minimes.
L’ensemble du programme, centré sur l’hommage à la Vierge Marie, s’articule comme une conversation entre soprano et cornets. Ces échanges sont arbitrés par l’orgue aux impressionnants tuyaux en chamade dont on admire les belles couleurs ibériques. La première partie de la soirée illustre le grand répertoire de la Renaissance italienne : essentiellement Frescobaldi et Monteverdi avec des pièces caractéristiques en écho de Donati. Le second volet se consacre au bel canto vocal et instrumental de la période romantique, de Cherubini à Puccini, en passant par Bellini. Après avoir dévoilé au public les deux types d’instruments historiques qu’elle pratique, Marie Garnier se glisse avec talent dans le jeu du cornet à piston. La rondeur de sa sonorité et la musicalité de ses phrasés se mêlent parfaitement au timbre chaleureux de la soprano. L’orgue, au tempérament pourtant assez éloigné de la période considérée, se distingue par une étonnante palette de couleurs, comme dans une Pastorale de Petrali ou l’étrange Elevazione d’un certain Padre Davide da Bergamo. Le Salve Regina, de Puccini, conclut en beauté cet original voyage musical dans le temps et les styles.

Fauré et l’orgue

L’effervescence musicale a atteint son paroxysme la veille de la conclusion de ce 24ème festival. Le 12 octobre, les manifestations se sont succédé à un rythme soutenu.


Le Chœur de l’Opéra Orchestre national Montpellier Occitanie, placé sous la direction de Noëlle Gény - Photo Classictoulouse -

Ainsi, à 17 h le Chœur et les solistes de l’Opéra Orchestre national Montpellier Occitanie, placé sous la direction de Noëlle Gény, rendait justice à Gabriel Fauré en compagnie du jeune organiste britannique Richard Gowers. Le bel orgue du temple, rappelons-le, a été conçu et réalisé par Jean Daldosso dans le buffet historique de Jean-Baptiste Puget. Cet instrument possède de grandes qualités de couleurs et de relief.
Le concert s’ouvre d’ailleurs sur une courte et poétique pièce d'orgue de Louis Vierne, « Clair de lune ». Belle introduction au chef-d’œuvre du compositeur appaméen, son Requiem dans sa version avec orgue. Précédée du mélodieux Cantique de Jean Racine, cette partition s’accommode bien de l’instrument-roi en lieu et place de l’orchestre. D’autant mieux qu’un dispositif permet d'obtenir des effets de crescendo ou decrescendo dont l’organiste sait habilement se servir. Le Chœur de Montpellier témoigne ici de qualités évidentes de dynamique, de couleurs, qui accompagnent une précision et une justesse exemplaires. Les deux solistes, membres du Chœur, le baryton sonore Jean-Philippe Elleouet-Molina et la soprano sensible Véronique Parize, s’acquittent de leurs interventions avec la musicalité qui convient. Le Cantique de Racine, redonné en bis vient répondre à l’accueil très chaleureux du public. Un public, notons-le en nous en réjouissant, renouvelé et rajeuni, peu habitué aux conventions du concert et au rite des applaudissements.

Une Nuit de l’Orgue ouverte et imaginative

La fameuse Nuit de l’Orgue réunit comme chaque année une assistance fervente et curieuse. Trois étapes tiennent en haleine un public ici aussi nombreux, divers et fervent. De nombreux enfants résistent étonnamment aux presque trois heures de musique !
On remarque que la répartition des interprètes de cette soirée obéit à une stricte parité femme-homme. Deux hommes ouvrent la Nuit, suivis de deux femmes, puis d’un couple mixte. On n’en attendait pas moins d’un festival dédié à la femme organiste !


La clarinettiste Eva Villegas et l'organiste Brice Montagnoux à la tribune de l'orgue de Saint-Sernin - Photo Classictoulouse -
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Le premier volet réunit à la tribune du Cavaillé-Coll de la basilique Saint-Sernin l’organiste « en chef » du festival Yves Rechsteiner et son compère, le percussionniste Henri-Charles Caget. Ces deux complices de longue date, pleins d’imagination, redonnent vie au premier album du musicien britannique Mike Oldfield, paru en 1970. Cette symphonie rock est ici revisitée dans l’esprit d’une vaste variation au cours de laquelle l’orgue et les percussions dialoguent dans un renouvellement constant des thèmes et du langage.
Deux musiciennes russes Olga Zhukova et Ekaterina Kurmyshova présentent ensuite un ensemble de pièces exigeantes associant deux vastes transcriptions précédées d’une œuvre originale pour orgue à quatre mains. La pièce initiale, Rhapsodie, du compositeur libanais Naji Hakim, impressionne par sa dynamique et l’ampleur des sonorités délivrées.

Les deux transcriptions nécessitent de la part des interprètes une virtuosité technique particulière. Habilement arrangés pour les quatre mains, les extraits de Ma mère l’Oye de Maurice Ravel préservent la poésie de l’œuvre originale. Plus difficile apparaît la transcription des extraits du Petrouchka d’Igor Stravinsky. Véritable prouesse technique pour les deux musiciennes, ce passage de l’orchestre aux quatre mains peine à trouver ses couleurs et la logique de sa ligne mélodique.
La troisième phase de ce triptyque est confiée à l’organiste Brice Montagnoux et à la clarinettiste Eva Villegas. Leur duo fonctionne à merveille tout au long de cette démonstration de musicalité qui alterne les pièces pour orgue seul et les associations des deux instruments. On admire la fluidité du jeu de l’organiste, le relief de ses registrations, comme dans ces Variations de la Cinquième Symphonie pour orgue de Charles-Marie Widor ou dans la Sixième Sonate pour orgue de Felix Mendelssohn, deux originaux admirablement soutenus et structurés. La dernière pièce « Dieu parmi nous » du cycle « La Nativité du Seigneur » d’Olivier Messiaen, constitue l’un des grands moments de cette soirée. Quant à la prestation de la clarinettiste, elle comble par sa finesse et son intelligence musicale. Après la belle version avec orgue de l’Introduction et Rondo de Widor, originalement pour clarinette et piano, Eva Villegas « chante » avec poésie la 1ère Rhapsodie  pour clarinette de Claude Debussy. L’accompagnement que lui prodigue Brice Montagnoux atteint des sommets de délicatesse. Les deux extraits de la Sonata da chiesa, écrite pour clarinette et orgue par le compositeur allemand d’aujourd’hui Robert Helmschrott, conclut la soirée sur une belle fusion musicale.
Une fois encore, Toulouse les Orgues a accompli l’exploit de réunir des interprètes de qualité, un programme imaginatif et un public renouvelé. Belle perspective pour l’avenir de cette manifestation !

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 14 octobre 2019

 

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22, rue des Fleurs,
31000 Toulouse
Tél 33(0)5 61 33 76 87


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