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Entretien avec Joel Prieto - Théâtre du Capitole - Doña Francisquita
09/12/2014
     

« Le répertoire mozartien me passionne et en aucun cas je ne l’abandonnerai » - Joel Prieto

Fort d’une carrière internationale et des propositions tous azimuts, ce jeune ténor né à Madrid mais grandi à Porto Rico, habite aujourd’hui Berlin. C’est dans cette ville et plus particulièrement au sein du Staatsoper qu’il se construit un répertoire sans faux pas aucun et d’une remarquable prudence. C’est là aussi qu’il consolide une technique vocale sans faille. Le public toulousain l’a découvert en décembre 2011 dans un lumineux et élégant Fenton du Falstaff verdien. Le revoici dans un tout autre répertoire qui semble marquer un tournant dans sa voix. C’est celui de la zarzuela et plus particulièrement la Doña Francisquita d’Amadeo Vives, l’un des grands chefs d’œuvre du genre.

Rencontre



Joel Prieto

Classictoulouse : Nous nous sommes rencontrés en novembre 2011 lors de votre venue pour Fenton. Que s’est-il passé depuis trois ans tant du point de vue de votre voix que de votre répertoire ?

Joel Prieto : Très clairement je suis plus à l’aise sur scène et il me semble que je commence vraiment à pénétrer davantage les personnages que je suis amené à interpréter. Vocalement, ma technique est devenue plus fluide. De plus ma voix a changé. Il y a trois ans je pensais surtout répertoire léger. Aujourd’hui je pense que je suis prêt pour les rôles lyriques comme Alfredo de La Traviata, Le Duc de Rigoletto ou Nemorino de L’Elixir d’amour. J’ai 32 ans et j’ai senti ce changement il y a un peu plus d’un an avec plus de facilité pour soutenir les différents registres. Compte tenu de cette évolution, je pense que je peux raisonnablement imaginer chanter d’ici 2 à 3 ans le Faust de Gounod, car c’est un rôle qui réclame du médium et quelques aigus certes mais avant tout une ligne de chant très ample. Fenton est un rôle merveilleux mais il grimpe tout de suite dans le registre aigu. Le personnage de Fernando Soler, que je chante dans Doña Francisquita, est un passage pour moi entre mes rôles mozartiens et ceux que je souhaite aborder dans les années à venir. Tout cela bien sûr sans appuyer sur la voix, en gardant ma technique actuelle. En fait je crois que ma voix s’est enrichie naturellement.

: Votre agenda est surtout occupé par des ouvrages de Mozart, des opéras qui demandent un contrôle vocal permanent et attentif. Votre tempérament latin ne vous pousserait pas vers d’autres emplois plus extravertis ?

J. P. : Comme j’ai un timbre latin, on pourrait imaginer que l’on me demande dans des œuvres italiennes ou françaises. En fait, tout le début de ma carrière s’est fait sous le signe de Mozart et pour moi ce fut une chance incroyable car j’ai pu, de cette manière, approfondir le contrôle de ma voix ainsi que de son expression. Ce fut une grande école. D’ailleurs c’est un répertoire qui me passionne et en aucun cas je ne l’abandonnerai. C’est une discipline formidable. Prenez le cas de Fernando, ce rôle peut se chanter de différentes manières. Un rôle mozartien, non. Il doit être en permanence sous contrôle. De plus, je dois dire que la fréquentation des œuvres mozartiennes mises en scène par certains artistes, m’a fait considérablement évoluer intellectuellement. Ces metteurs en scène m’ont sorti de ce que l’on peut qualifier de traditionnel. Grâce à eux j’ai pu approcher de plus près la notion conjointe d’acteur/chanteur. Je veux parler ici de gens comme Claus Guth, Christof Loy, Frederic Wake Walker, Hans Neuenfels également. Ce sont des metteurs en scène d’avant-garde qui réclament des acteurs qui chantent. Bien que je sois un passionné de la voix, les expériences que j’ai faites avec ces artistes ont été formidables. C’est la même chose que de chanter Mozart avec une voix latine. Tout s’enrichit mutuellement.

: Parlons un peu de Fernando Soler. C’est un drôle de personnage en fait très volage comme on a peu l’habitude d’en rencontrer sur une scène de théâtre. Faites-nous son portrait.

J. P. : C’est un jeune homme immature. Il est follement amoureux d’Aurora qui, elle, joue avec son cœur. Il ne s’en rend pas compte mais La Beltrana n’est pas du tout faite pour lui. Bien sûr il trouve Francisquita jolie, mais il n’y a rien à faire, il s’obstine avec la femme qui ne lui convient pas. Jusqu’au moment où les choses deviennent plus claires pour lui et il découvre alors l’amour véritable. Il faut dire que Francisquita invente, pour arriver à ses fins, une montagne de stratagèmes. Fernando est un rôle qui me plaît beaucoup avec plein de moments très passionnés, d’autres subtils et poétiques. En même temps il faut que je fasse un peu l’idiot. C’est super intéressant.



: Quelle est la typologie vocale de ce rôle de ténor qui ne dépasse pas le la, sauf un si bémol optionnel. Quelles sont les réelles difficultés pour le chanter ? Avez-vous un modèle en la matière ?

J. P. : Effectivement, le rôle ne dépasse pas le la, du moins dans la partition d’Amadeo Vives. Ce n’est pas un rôle facile car il réclame une parfaite soudure entre les registres. Mes modèles se nomment Placido Domingo, Jaume Aragall et Alfredo Kraus. C’est surtout ce dernier que j’ai écouté dans ce rôle. Non pas que ma voix ressemble à la sienne, mais je voulais savoir comment il résolvait les problèmes de passage et les aigus. Mais je ne veux pas copier son style.

: Vous êtes-vous déjà produit dans des zarzuelas ?

J. P. : Un petit rôle en 2008 dans Luisa Fernanda à Vienne aux côtés de Placido Domingo. L’air fait deux pages. C’est d’ailleurs à cette occasion que Placido Domingo m’a suggéré de m’inscrire au concours Operalia. C’était une bonne idée puisque je l’ai gagné. Mais en termes de zarzuela, c’était  tout jusqu’à aujourd’hui. En réalité il y en a peu pour ma voix car beaucoup réclament des ténors plus robustes que moi.

: Aujourd’hui le physique est un point important dans l’opéra. Quelles contraintes sur ce point sont les vôtres ?

J. P. : Avant il était possible de faire une carrière de chanteur sans être un très bon comédien. Depuis Maria Callas, le jeu de scène est devenu beaucoup plus important. Et naturellement l’importance de l’aspect physique a suivi. Personnellement j’ai de la chance car pour rester mince je n’ai aucune contrainte, c’est mon tempérament. Par contre je fais des exercices physiques qui m’aident pour chanter ainsi que pour ma souplesse sur scène et dans ma vie en général. Mais je demeure persuadé que la voix est le plus important malgré tout. Alors, si un artiste lyrique au physique quelconque communique de manière magistrale seulement avec sa voix, il a toute sa place.

: Quels sont vos projets en matière de prise de rôle dans les années à venir ? Le rôle qui vous fait toujours rêver est-il encore Mario Cavaradossi ?

J. P. : Je vais chanter mon premier Camille de Rosillon de La Veuve Joyeuse en Chine, en allemand. Plus tard j’aborde le rôle de Bénédict dans le Béatrice et Bénédict de Berlioz. Mais c’est vrai que mon agenda est très marqué Mozart pour les mois et les années à venir. Alors bien sûr je rêve toujours à Mario Cavaradossi, pour dans 10 ans… et encore. Plus sérieusement j’aimerais beaucoup aborder le Des Grieux de la Manon de Massenet, le Roméo de Gounod également. Mais je ne suis pas pressé et je ferai très attention à l’ensemble de l’équipe artistique car il me faut être prudent. J’attends aussi avec impatience non pas Rossini, qui n’est pas dans mon tempérament vocal, mais plutôt les Bellini et les Donizetti qui sont à ma portée aujourd’hui.

Propos recueillis par Robert Pénavayre le 9 décembre 2014

 

infos
 

Renseignements sur la saison du Théâtre du Capitole :

www.theatre-du-capitole.fr

Représentations de
Doña Francisquita :


21 au 31 décembre 2014





 
 
 

 

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