www.classicToulouse.com
Entretiens
 
Maxim Emelyanychev
Orchestre du Capitole
04/10/2017
Alexandre Kantorow
Piano aux Jacobins
01/09/2017
Elisabeth Leonskaja
Piano aux Jacobins
24/08/2017
Juan Diego Flórez
Grands Interprètes
09/06/2017
Francis Grass
Théâtre du Capitole
02/04/2017
Christophe Ghristi
Théâtre du Capitole
02/04/2017
Robin Ticciati
Grands Interprètes
21/01/2017
Julia Lezhneva
Grands Interprètes
19/11/2016
Clara Cernat
Rencontres musicales
de Nailloux
15 au 23/10/2016
Joel Prieto
Théâtre du Capitole
Béatrice et Bénédict
05/10/2016
Jean-Jacques Groleau
Théâtre du Capitole
19/09/2016
Jean-Marc Andrieu
Les Passions
30ème anniversaire
07/06/2016
Kader Belarbi
Ballet du Capitole
Paradis Perdus
13 au 17/04/2016
Ángel Rodriguez
Ballet du Capitole
Thousand of Thoughts
13 au 17/04/2016
Kader Belarbi
Ballet du Capitole
Giselle
20 au 31/12/2015
Joël Suhubiette
Laurent Adnet
les éléments
Abendlied / Morgenlied
13/11/2015
Philippe Bianconi
Orchestre du Capitole
29/10/2015
Tugan Sokhiev
Orchestre du Capitole
10/10/2015
Aurélien Bory
Théâtre du Capitole
Le Château de Barbe-Bleue
Le Prisonnier
01/09/2015
Frédéric Chambert
Théâtre du Capitole
Teatro Municipal de
Santiago de Chile
28/08/2015
Gianandrea Noseda
Orchestre du Capitole
22/04/2015
Joël Suhubiette
Laurent Adnet
les éléments
¡ Viva Iberia !
24/02/2015
Joel Prieto
Théâtre du Capitole
Doña Francisquita
09/12/2014
Marianne Crebassa
Orchestre du Capitole
30/10/2014
Sophie Pacini
Piano Jacobins
06/08/2014
Etienne Mougeotte
Frédéric Chambert
Théâtre du Capitole
18/05/2014
Tanguy Viel
Théâtre du Capitole
09/04/2014
Clara Cernat
Violoniste et altiste
26/03/2014
Philippe Hurel
Théâtre du Capitole
19/03/2014
Benjamin Attahir
Olivier Stankiewicz
Orchestre du Capitole
28/02/2014
Bertrand Maon
Chœur de chambre
les éléments
20/02/2014
Josep Pons
Orchestre du Capitole
22/01/2014
Menahem Pressler
Orchestre du Capitole
03/12/2013
Thomas Søndergård
Orchestre du Capitole
10/10/2013
Natalie Dessay
Théâtre du Capitole
21/09/2013
Charles Castronovo
Théâtre du Capitole
17/09/2013
Tugan Sokhiev
Orchestre du Capitole
29/06/2013
Roberto Scandiuzzi
Théâtre du Capitole
30/05/2013
Kateryna Shalkina
Yoël Carreño
Ballet du Capitole
Le Corsaire
17/05/2013
Mark Opstad
Maîtrise de Toulouse
16/05/2013
 

 

Entretien avec Gianandrea Noseda - Orchestre National du Capitole
22 avril 2015
     

Vingt années de collaboration musicale

Au cours de ce printemps 2015, le grand chef italien Gianandrea Noseda est de retour à Toulouse à la tête de l’Orchestre National du Capitole, après une collaboration musicale de long terme. Directeur musical du Teatro Regio de Turin, chef principal invité de l’Orchestre Philharmonique d’Israël et Laureate Conductor de l’Orchestre Philharmonique de la BBC à Manchester, Gianandrea Noseda est également directeur artistique du Festival de Stresa et chef principal de l'Orchestre de Cadaqués. Il a été nommé « Victor De Sabata Guest Conductor Chair » de l’Orchestre symphonique de Pittsburgh qu’il dirige fréquemment. Il se produit régulièrement avec les orchestres les plus prestigieux : London Symphony Orchestra, Orchestre National de France, Orchestre de Paris, Filarmonica della Scala, Orchestre symphonique de la NHK, Orchestre de Philadelphie... Il réalise de nombreux enregistrements et concerts avec l’Orchestre Philharmonique de la BBC, notamment lors des BBC Proms à Londres. Il a dirigé de nombreuses productions lyriques au Teatro Regio de Turin((Salomé, Thaïs, La Dame de pique, La Traviata, Boris Godounov, Les Vêpres siciliennes, Don Carlo). En Décembre 2014, il a dirigé Guillaume Tell en version de concert dans le cadre d’une tournée historique du Teatro Regio de Turin aux Etats-Unis, avec notamment un concert au Carnegie Hall de New York. Il entretient en outre une relation privilégiée avec le Metropolitan Opera de New York où il a dirigé une nouvelle production du Prince Igor en 2014. En 2015, il débute à la tête de l'Orchestre Philharmonique de Berlin, au Festival de Salzbourg, et au Festival de Pâques d'Aix-en-Provence à la tête de l'Orchestre Philharmonique du Teatro Regio. Lors de son passage à la Halle aux Grains toulousaine, il a aimablement accepté de répondre à nos questions et de faire ainsi le point sur sa relation avec la formation symphonique de la ville rose.

Classic Toulouse  : Vos fréquentes collaborations avec l’Orchestre National du Capitole ont débuté en 1995. Comment pourriez-vous caractériser cette relation de longue date et son évolution au cours du temps ?

Gianandrea Noseda : Ma première rencontre avec l’Orchestre du Capitole date en effet de 1995. Je venais de remporter le Concours de direction d'orchestre de Douai. Je me souviens qu’il s’agissait alors d’un concert du dimanche matin au cours duquel j’ai dirigé notamment la Symphonie « Les Adieux » de Haydn. Puis je suis revenu plusieurs fois à Toulouse où j’ai dirigé en particulier la Symphonie en trois mouvements de Stravinski. Nous avons également joué la Requiem Symphony de Britten, puis également La Damnation de Faust, de Berlioz que nous avons donnée à Valencia. Ainsi ma relation avec cet orchestre a toujours été très agréable. J’aime beaucoup venir ici faire de la musique. Bien sûr je n’avais pas réalisé que cette fois il s’agissait de célébrer les vingt ans de notre collaboration. Cela signifie que je vieillis. C’est vraiment la seule chose qui me fait faire quelques soucis ! Cette fois, je remarque que beaucoup de jeunes gens ont intégré l’orchestre depuis ma dernière venue qui date de neuf années. Je constate qu’ils ont bien adopté l’attitude de cet orchestre. Je ressens vraiment la même atmosphère. C’est donc pour moi un réel plaisir d’être de retour.

 : Vous dirigez non seulement le Teatro Regio de Turin, mais également de nombreux grands orchestres internationaux. Alors que certains considèrent que les sonorités tendent à s’uniformiser, que pensez-vous de l’évolution des caractéristiques des orchestres et de celles de l’Orchestre du Capitole en particulier ?

Gianandrea Noseda : La personnalité de cet orchestre est très particulière. Elle ne correspond pas seulement à ce que l’on imagine d’un orchestre typiquement français. Bien sûr il y a toujours ces éléments qui font le charme fantastique du son français. Mais il y a en plus cette sonorité puissante plus précisément reliée à l’esprit germano-autrichien. Et également les cordes possèdent une profondeur qui semble être le résultat du travail de Tugan Sokhiev qui a apporté cette composante. Mais évidemment si l’on considère le monde global de l’orchestre, chaque phalange emprunte aux autres de nombreux éléments caractéristiques. Malgré cela, je ressens toujours ici ce charme, cette manière particulière à la fois précise et aimable de phraser. C’est la qualité de cet orchestre, sa flexibilité, son aptitude à construire chaque phrase musicale que j’aime vraiment beaucoup.



 : Vous partagez votre carrière entre le concert et l’opéra. Quelle est pour vous la place de chaque activité et avez-vous une préférence ?

Gianandrea Noseda : J’ai vraiment besoin de ces deux domaines d’activité, aussi bien du répertoire symphonique que de celui de l’opéra. Quand je reste longtemps à diriger au concert, l’opéra me manque. Et lorsque je pratique très longtemps l’opéra, le concert me manque ! Le fait d’alterner les deux activités, me permet de conserver une certaine fraîcheur pour les deux. Lorsque je dirige un opéra, je cherche à lui apporter les caractéristiques du monde symphonique : précision, articulation, travail d’ensemble. Et dans le répertoire symphonique j’essaie d’introduire le sens de l’expression, du rubato, la flexibilité de l’opéra. Ainsi donc chaque domaine nourrit l’autre. La pratique des deux me permet de conserver une certaine fraîcheur dans l’approche des deux répertoires.

 : Votre concert toulousain du 24 avril réunit des œuvres de Petrassi, Chostakovitch et Brahms. Pouvez-vous commenter ce programme très large ?

Gianandrea Noseda : J’aime beaucoup soutenir la musique italienne du XXème siècle. Je considère que Goffredo Petrassi est l’un de nos génies. Cette pièce que nous jouons, Partita, constitue la première œuvre orchestrale qu’il considéra comme étant de sa maturité, une sorte d’opus 1. Elle est écrite dans un style qui regarde en arrière, vers les structures du passé. Ainsi le deuxième mouvement est une Ciaccona, l’équivalent d’une Passacaille. De la même manière, Brahms s’est tourné vers les structures du passé. Le final de sa Quatrième symphonie est bien une Passacaille. Même la structure du premier mouvement adopte une forme bien établie, bien travaillée. Petrassi et Brahms ont ceci en commun. Avec Chostakovitch, et particulièrement dans le deuxième concerto pour piano, émerge une tentative de ne pas trop compliquer l’écoute. Ce concerto est « facile à vivre ». Il n’est certes pas facile à jouer, mais facile à écouter. Il se veut naturel et en ce sens communique directement avec le cœur et l’esprit du public. Je crois vraiment que les trois compositeurs au programme de ce concert partagent le même contrôle de la structure, sans être pour autant ni froids ni détachés. Ils ont un message à transmettre. Il existe ainsi une sorte de « fil rouge » qui relie ces trois compositeurs. Ce sont de grands bâtisseurs de musique et néanmoins capables d’offrir des idées et des émotions aux auditeurs.

 : Merci beaucoup !

Propos recueillis le 22 avril 2014 par Serge Chauzy

 

infos
 

Renseignements, détail complet de la saison de l'Orchestre national du Capitole et réservations :

http://onct.toulouse.fr


 

 

copyright © 2007
www.classictoulouse.com
- tous droits réservés -
infos légales

 

 

 

entretiens - festivals - concerts - danse - opéra - disques - dvd - partenaires - contacts - liens - index