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Entretien avec Antonio Najarro – Ballet Nacional de España
Odyssud – 30/05/2018
     
     

Antonio Najarro, de la modernité dans la tradition,
de la tradition dans la modernité

Antonio Najarro, actuel Directeur artistique du Ballet Nacional de España depuis 2011 poursuit son projet de faire de cette compagnie le fer de lance de la « danse espagnole » dans toutes ses différentes facettes. Il a été formé par les plus grands maîtres dans tous les styles de danse : classique, « escuela bolera », danse classique espagnole, flamenco, folklore et danse contemporaine. Après des études au Conservatoire Royal de Danse « Mariemma » à Madrid, il débute sa carrière professionnelle à 15 ans dans les compagnies de danse espagnole les plus célèbres d’Espagne. Il entre au Ballet Nacional de España en 1997 et y devient Premier danseur trois ans plus tard. Très vite sa créativité l’amène à la chorégraphie dès 1995. En 2002 il crée sa propre Compagnie, qui danse ses créations. Son insatiable curiosité le conduit à travailler avec de grands patineurs. Ainsi le couple français Marina Anissina et Gwendal Peizerat triomphent lors des Jeux Olympiques de Salt Lake City (2002) avec sa chorégraphie « Flamenco ». Il a, tout au long de sa carrière, été récompensé par de nombreux prix, parmi les plus prestigieux en Espagne.

Il nous reçoit dans sa loge, la répétition terminée, en ce deuxième jour de représentation à Odyssud, pour nous présenter les deux ballets du spectacle : Zaguán et Alento. Il est chaleureux, sympathique, brillant comme nous pourrons le constater tout au long de notre entrevue. Il a cette grâce de mouvement si particulière aux danseurs, cette élégance acquise au fil des jours par le travail physique intense qui est le lot de ces artistes.

Classic Toulouse : : Merci d’avoir pris le temps de nous recevoir à cette heure si proche du lever de rideau. Le Ballet Nacional de España fête cette année ses 40 ans. Un parcours qui débute avec Antonio Gades, son initiateur. Quelle est sa place aujourd’hui en Espagne ?

Antonio Najarro : Le Ballet Nacional est aujourd’hui un acteur incontournable du paysage culturel espagnol, et il est aussi un ambassadeur de la danse espagnole dans le monde entier, grâce aux tournées qui nous mènent de Lausanne à Tokyo ou de Belgrade à Hong Kong. Et depuis sa création, le Ballet poursuit toujours le même but : promouvoir et faire connaître les quatre piliers qui sont la base de la danse espagnole : le folklore, la « escuela bolera », la danse classique espagnole et le flamenco. Avec, bien sûr, une évolution. Les danseurs ont changé, ils ont une meilleure technique, plus de précision. Ils sont plus ouverts à d’autres influences, ils savent regarder ce qui se passe autour d’eux. Et cette ouverture d’esprit leur permet de mieux danser ou d’être de meilleurs chorégraphes. Quant aux évolutions technologiques pour la scène, elles sont sans aucune mesure avec ce qui existait il y a quarante ans.


Antonio Najarro, Directeur artistique du
Ballet Nacional de España

- Photo BNE -
O

 : Cette vision que vous avez de la danse espagnole est peu connue en France où, hors du flamenco, on voit peu d’autre chose.

A.N. : C’est bien là ce que je cherche à défendre et à donner à voir. Il est clair pour moi que doit rester vivant le répertoire créé par mes prédécesseurs, car la danse espagnole possède aussi un répertoire comme la danse classique. Pas de Giselle ou de Lac des Cygnes, mais le Bolero de Rafael Aguilar, Bodas de Sangre de Antonio Gades, ou Viva Navarra de Victoria Eugenia. Mais il m’appartenait et il m’appartient d’ouvrir la voie à de nouvelles créations, d’accueillir de jeunes chorégraphes qui sont l’avant-garde de la danse aujourd’hui. Je pense à Olga Pericet, Rocío Molina, Manuel Liñán ou Mercedes Ruiz qui signe d’ailleurs une des chorégraphies de Zaguán.

Alors à côté des œuvres mythique déjà citées que nous remontons, il y a des créations plus contemporaines. Cependant la restitution du folklore reste l’une de mes nécessaires préoccupations. Ainsi est né, en 2013, le ballet Sorolla qui, au travers des œuvres de ce grand peintre, offre au spectateur un éventail coloré et unique des danses traditionnelles des régions espagnoles. Par ailleurs, j’ai demandé à Antonio Ruiz, en 2017, de chorégraphier le ballet Electra, une œuvre dramatique où se mêlent tous les styles qui sont la signature du Ballet.

:
Nous allons voir ce soir deux ballets créés en 2015, Zaguán, dont les chorégraphies sont signées Blanca del Rey, grande dame du flamenco, La Lupi, Mercedes Ruiz et Marco Flores. Puis Alento, qui est votre création. Quel est l’esprit de ces deux œuvres ?

A.N. : Le premier, Zaguán, est résolument flamenco. A travers des « palos » (formes stylistiques du flamenco - NDLR) parfois peu connu d’un public non averti, ce ballet retrace une histoire de la danse flamenca en en détournant parfois la finalité première. Ainsi par exemple la Guajira est ici dansée par les hommes alors que traditionnellement c’est une danse féminine.

 : Par ce titre, qui évoque ces vestibules des maisons espagnoles où l’on retrouve souvent meubles et objets de famille et qui est le lieu où l’on est accueilli avant de découvrir les différentes pièces de la demeure, et par les danses qui le composent, on a l’impression de rencontrer l’histoire familiale avant de pénétrer dans la vie d’aujourd’hui.

A.N. : C’est exactement çà. Le flamenco est l’expression la plus ancienne par rapport aux trois autres piliers de la danse espagnole. C’est donc une bonne porte d’entrée vers les autres composantes. Alento est la pièce la plus contemporaine de la « maison » ! Elle est en quelque sorte la synthèse de mes précédentes chorégraphies. Elle reflète ma vision personnelle de la danse espagnole classique avec tout ce que la modernité peut y apporter. Si pour le flamenco je tiens à la musique en « live » sans laquelle il ne serait pas complet, pour Alento j’ai choisi la composition d’un musicien extraordinaire, Fernando Egozcue, compagnon de voyage avec qui j’ai déjà travaillé. Sa musique ici, mêle plusieurs sources qui vont du jazz à la soul, du flamenco au tango.


- Photo BNE -
 

 : Il y a dans ces deux ballets une recherche extraordinaire dans les costumes, un travail des lumières lui aussi remarquable. Est-ce là votre marque personnelle ?

A.N. : Je suis depuis toujours attiré par la mode. Et je mets cette attirance au service du ballet. Pour Zaguán j’ai fait appel à Yaiza Pinillos qui a chiné dans toutes les brocantes, les petits marchés pour découvrir des étoffes anciennes, des dentelles. Elle a même utilisé des nappes brodées sur certains costumes. Aucun des costumes des danseuses n’est identique aux autres.

 : Et pourtant il y a une indéniable harmonie de couleurs et de formes, alors qu’effectivement toutes les robes sont différentes.

A.N. : C’est à ça que je voulais arriver. Pour Alento, j’ai fait appel à Teresa Helbig une créatrice de haute couture qui a dessiné des costumes d’une élégante simplicité, dans des tons pastel, qui évoluent suivant les besoins de la danse.

 : En parlant de danse, comment vos danseurs arrivent-ils à une telle précision dans les formations, à un tel ensemble ?

A.N. : Il n’y a aucun secret, il faut répéter, répéter et répéter encore. Et mes danseurs travaillent énormément, dans toutes les disciplines de la danse que je défends. Enfin il existe une grande stabilité dans la troupe, certains danseurs sont là depuis des années, ce qui permet de travailler dans des conditions optimales.

 : Le Ballet Nacional fête ses quarante ans cette année, nous l’avons dit. Comment ressentez-vous l’héritage d’Antonio Gades, Antonio Ruiz, Aïda Gomez… ?

A.N. : S’ils n’avaient pas été là, je ne serais pas à cette place aujourd’hui. J’ai tout appris d’eux. Je leur dois ce que je suis comme danseur, comme chorégraphe, comme directeur.

 : Vous êtes à la tête du Ballet depuis 2011, votre contrat s’achève en 2019, allez-vous continuer avec le Ballet ?

A.N.
 : Je ne sais pas pour l’instant. Mais ce qui est sûr c’est que je continuerai à faire des chorégraphies, à danser, peut-être recommencerais-je avec ma Compagnie. Mais pour le moment je continue à défendre et à faire reconnaître ce en quoi je crois le plus : la danse espagnole !

                             Propos recueillis par Annie Rodriguez le 30 mai 2018

 

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