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Entretien avec Michel Fau - Théâtre du Capitole
19/02/2019
     

Pour la première fois Toulouse accueille Michel Fau

Homme de théâtre avant tout, de cinéma et de télévision aussi, Michel Fau est une personnalité incontournable parmi les acteurs de la scène française, comédien et metteur en scène confondu.

Classictoulouse  : C’est à Bordeaux que vous avez connu vos premières émotions lyriques, sous la conduite de votre mère. Quel souvenir gardez-vous de ce contact initial ?

Michel Fau : Si je ne me trompe il s’agit de L’Auberge du cheval blanc avec Henri Genès, après il y a eu Les Saltimbanques. Je venais aussi à Toulouse et je me souviens bien de La Vestale de Spontini en 1980 et du Faust monté par Nicolas Joel à la Halle aux grains en 1982. Je me souviens aussi des Pêcheurs de perles à Agen, où je suis né, avec Michel Dens. Ou encore de La Belle de Cadix avec José Todaro. J’étais adolescent, mais des images très fortes se sont gravées dans mon esprit, celles concernant les costumes en particulier.

 : Au milieu d’une carrière théâtrale foisonnante, vous avez aussi mis en scène une dizaine d’opéras signés Puccini, Verdi, Mozart entre autres. Quelle différence y a-t-il entre diriger des comédiens de théâtre et des artistes lyriques ?

M. F. : La différence fondamentale est que des chanteurs, en principe, arrivent en répétition en connaissant la partition. De ce fait, le travail du style est déjà acquis et il ne reste qu’à le perfectionner avec le chef d’orchestre. Je connais la technique du chant, son extrême difficulté. Ma règle est donc en priorité de ne pas les contraindre, les paralyser par je ne sais quelle demande. Par contre je suis pour l’incarnation d’un rôle donc j’attends d’eux qu’ils dépassent le conventionnel, les choses trop attendues.


Michel Fau - Photo Bruno Perroud -

O

Je veux souligner que les chanteurs sont des artistes très précis du fait de leur relation au temps, à la partition. Mais quand un chanteur incarne il devient un artiste.

: Qu’est-ce qui vous plaît à l’opéra que vous ne retrouvez pas dans le théâtre dramatique ?


M. F. : Le chef d’orchestre Sébastien Rouland me disait : « Le naturel ne m’intéresse pas, dans le théâtre c’est le surnaturel qui est important ». L’opéra nous fait cette proposition du surnaturel. D’ailleurs, par essence, l’art lyrique est surréaliste car les personnages ne parlent pas, ils chantent. A l’opéra tous les sentiments sont sublimés. Nous sommes ici dans l’essentiel du théâtre lyrique. Il s’agit bien de ne pas reproduire la réalité mais de l’interpréter. Il en est de même de la peinture, du cinéma, du théâtre dramatique également, etc.

: Venons-en à cette Ariane à Naxos que vous mettez en scène au Théâtre du Capitole. Comment situez-vous cet ouvrage dans le corpus des opéras de ce compositeur ?

M. F. : Certainement une place à part. c’est une œuvre de transition, en quelque sorte charnière entre des opéras tels que Salomé et Elektra et d’autres à venir qui ont pour titres Arabella et Capriccio qui sont des œuvres sur la musique, sur le théâtre, ancrées ou du moins référencées dans le 18ème siècle, un siècle que Richard Strauss admirait profondément. Le Chevalier à la Rose, bien que composé avant, répond à cette esthétique. Ariane est une œuvre construite sur un magnifique livret qui mêle adroitement la tragédie, n’oublions pas que le Compositeur est un rôle intensément tragique, et le raffinement du 18ème siècle avec ses préciosités, ses hommages. L’opéra passe de l’un à l’autre avec des virages parfois un peu tendus et si l’on ne prend pas garde, on peut devenir schizophrène en la mettant en scène. Tout comme le chef d’orchestre d’ailleurs. Autant vous le dire, nous sommes tombés d’accord tous les deux pour justement bien marquer ces changements de ton ! J’aimerais ici souligner la complicité qui me lie à Evan Rogister dans cette production. C’est pour moi un immense bonheur de travailler avec un chef d’orchestre pareil, connaissant parfaitement la partition et particulièrement attentif à mes propositions. A certains moments nous changeons carrément de casquette tellement nous sommes dans une osmose idéale.

: Parlez-nous à présent de cette production.

M. F. :
J’aime partir de ce qui est écrit, simplement. Convenir d’une convention puis dire que nous sommes ici au théâtre et que du coup tout cela est artificiel. Ensuite il m’appartient d’interpréter. Certes je recule devant tout académisme et en même temps je n’aime pas que l’on déforme les choses. J’ai horreur que l’on fasse dire autre chose à une œuvre. La musique de Richard Strauss est intemporelle, sublime. Elle traverse le temps. Après j’ai ma vision de l’Antiquité et de la Commedia dell’Arte. Pour ne rien vous cacher, Zerbinetta finit en meneuse de revue. Le compositeur et le librettiste voulaient que le Prologue se passe au 18ème siècle. Je ne vois pas pourquoi je l’ai si souvent vu en costumes modernes… C’est un 18ème fantasmé certes. C’est ce que je propose comme si ce Prologue, en fait sensé être la vraie vie, était plus artificiel que l’opéra qui va suivre. Pour l’opéra nous partons de l’Antiquité revue par les années Art déco du 20ème siècle. C’est une mise en abîme de trois périodes, celle qui a vu la naissance de l’œuvre, le 18ème siècle et l’Antiquité au sein d’un discours dans lequel le tragique rejoint le cauchemar et la farce. En fait tout est écrit. Par exemple, le Ténor et la Diva sont complètement ridicules au Prologue et totalement sublimes dans l’opéra. L’épisode que vit le Compositeur est littéralement cauchemardesque.

: En creux, cet opéra parle aussi de mécénat. Est-ce un thème toujours d’actualité ?

M. F. : Absolument ! je dois monter une pièce de Molière l’année prochaine et j’ai découvert à son étude que même à l’époque de ce grand écrivain, les mécènes avaient leur mot à dire en particulier concernant la durée des œuvres, parce qu’après il y avait un repas ou bien un feu d’artifice. En fait les invités ne venaient que pour cela. Le mécénat a toujours existé et c’est une bonne chose mais parfois c’est un peu compliqué pour les artistes. Cela dit il ne faut jamais oublier que celui qui paye commande. C’est un peu la même chose avec les subventions publiques, Le rapport peut être constructif, parfois il peut être pour le moins difficile. Rien n’a changé sous le soleil. C’est pour cela que je ne veux être ni producteur ni directeur de théâtre car je serais trop intrusif. Certains sont très respectueux du travail de l’artiste, d’autres beaucoup moins. Mais vous avez raison, Ariane à Naxos évoque largement ce sujet. C’est pour cela que j’ai souhaité faire du Majordome un personnage inquiétant, voire cauchemardesque. Es qualité il a le pouvoir et il en use largement. C’est une menace permanente pour les artistes.

: Comment êtes-vous arrivé au Théâtre du Capitole ?

M. F. : Simplement, c’est Christophe Ghristi qui connaît mon travail autant à l’opéra qu’au théâtre et qui m’a proposé ce challenge. Par contre personne ne savait que j’ai une véritable passion pour Richard Strauss. Je pense aussi qu’il s’est convaincu que ce mélange de tragédie et de farce qui va du grotesque au sublime pouvait me convenir. Il connaît aussi bien mon travail sur des pièces de Racine que sur le théâtre de boulevard. Tout cela parle de la tragédie humaine. Il s’est persuadé que j’irais jusqu’au bout de ces deux styles.

: L’opéra que vous rêvez de mettre en scène ?

M. F. : La question est difficile vous le savez. Je vous réponds simplement : toute œuvre dans laquelle j’ai l’impression que j’ai quelque chose à dire.

Propos recueillis par Robert Pénavayre le 19 février 2019

 

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Renseignements sur la saison du Théâtre du Capitole :

www.theatreducapitole.fr




 
 
 

 

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