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Entretien avec Maxim Emelyanychev - Orchestre national du Capitole
4 octobre 2017
     

Le monde musical de Maxim Emelyanychev

Maxim Emelyanychev, jeune chef prodige a fait forte impression lorsqu’il s’est produit à Toulouse, à la tête de l’Orchestre national du Capitole, le 16 juin dernier lors d’un concert caritatif parrainé par le Rotary Club. Né en 1988 dans une famille de musiciens, Maxim Emelyanychev est passé par le Conservatoire Tchaïkovski de Moscou, a suivi l’enseignement de Guennadi Rojdestvenski, avant d'obtenir de prestigieux prix internationaux au Concours Hans von Bülow en 2012 ou bien encore au Concours de clavecin Musica Antica en 2010. Car cet artiste complet s’intéresse à toutes les musiques. Il pratique aussi bien le clavecin que le piano ainsi que… le cornet à bouquin. En marge d’une répétition, il a ainsi rencontré Jean-Pierre Canihac, cornettiste et directeur artistique de l’ensemble Les Sacqueboutiers et improvisé avec lui un savoureux petit duo de cornetti.
Chef principal de l’orchestre baroque Il Pomo d’Oro, il entretient à sa tête une activité foisonnante, au concert comme à l’opéra. Sa carrière de chef symphonique prend son essor au plan international avec le Sinfonietta Sofia, le Sinfonia Varsovia, le Real Orquesta Sinfonica de Séville, l'Orchestre national d'Espagne. Cette saison, il dirige l’Orchestre national de Lyon, l’Orchestre symphonique Giuseppe Verdi de Milan, le Royal Liverpool Philharmonic, l’Orchestre national de Bordeaux, l’Orchestra della Svizzera Italiana et l’Orchestre symphonique de Saint-Pétersbourg. De retour à Toulouse à la tête de l’ONCT qu’il dirige dans un concert consacré à Mozart et Mendelssohn, en compagnie du grand pianiste américain Richard Goode, Maxim Emelyanychev a très gentiment accepté de répondre à quelques questions.



Maxim Emelyanychev © Emil Matveev

Classictoulouse  : Quand et comment avez-vous décidé de vous consacrer à la musique et quel rôle a pu jouer votre culture russe dans cet engagement ?

Maxim Emelyanychev : Pour moi, étudier la musique ne posait aucune question. Mes parents sont musiciens, mon père est trompettiste, ma mère chante dans un chœur. J’ai toujours baigné dans la musique, en concert symphonique ou choral. Mon père me donnait des partitions à déchiffrer. Avant d’entrer à l’école de musique, je savais ce que signifiait un cor en la, une clarinette en fa. Donc la question de faire de la musique ne se posait même pas. Concernant le rôle de ma culture russe, je ne sais pas trop quoi répondre. Nous vivons aujourd’hui une époque d’union des nations et des cultures. En Russie, de nombreuses cultures différentes coexistent. L’éducation se fait dans de grands conservatoires ouverts à cette multiplicité.

: Vous vous intéressez à tous les domaines de la musique dite « classique », de la Renaissance et du Baroque à la musique d’aujourd’hui. Vous êtes le chef principal du bel ensemble baroque Il Pomo d’Oro et vous dirigez des orchestres symphoniques. Comment partagez-vous vos activités entre ces deux domaines ?

M. E. : Je peux vous indiquer pourquoi je joue de la musique baroque, ce que je fais depuis le clavecin. Pourquoi j’ai commencé à jouer du cornet à bouquin, mais aussi du piano. Dès le début, mon rêve était de devenir chef d’orchestre. Mais pour embrasser cette difficile profession, vous devez jouer vous-même d’un instrument. Vous devez apprendre comment on produit de la musique, au sein d’un orchestre ou comme soliste. En musique de chambre vous devez apprendre à traduire ce que vous ressentez. Quand je suis entré au Conservatoire de Moscou, dans la classe de direction d’orchestre, j’ai reçu de nombreux enregistrements réalisés avec des instruments d’époque et selon les pratiques historiques. C’était très nouveau pour moi. Si cela existait depuis longtemps en Europe, ces pratiques sont arrivées un peu plus tard en Russie.


Le duo improvisé de cornetti.
Maxim Emelyanychev joue avec
Jean-Pierre Canihac © Classictoulouse

O

Lorsque j’ai reçu un enregistrement du Magnificat de Bach qui sonnait dans une autre tonalité que celle que je connaissais, j’ai compris qu’il s’agissait là du diapason baroque.
J’ai été très intéressé par cela et j’ai commencé à jouer du clavecin. Je suis entré au département de musique contemporaine et ancienne du Conservatoire dans la classe d’Alexei Lubimov. Pour moi, c’est devenu la seule manière de faire de la musique : l’interpréter selon le style de chaque période. Bien sûr on ne sait pas exactement comment cela était alors. Le public était différent. La musique était jouée essentiellement pour les aristocrates. Mais nous possédons les instruments de l’époque, les traités sont à notre disposition pour apprendre comment les utiliser. Des lettres existent, notamment de Mozart qui indique à son père la distribution des instruments… Nous possédons tout cela, il suffit de l’utiliser !

: Comment reliez-vous votre pratique de la musique ancienne et celle des musiques ultérieures, classique, romantique… ?

M. E. : Bien sûr tout cela vient en même temps. Je me sens très bien d’avoir commencé ma carrière de chef d’orchestre en dirigeant de la musique baroque. J’aime bien le fait d’avoir suivi l’évolution historique des instruments, du style des compositeurs. Si vous connaissez bien la manière de jouer la musique de la Renaissance ou de l’époque baroque, il est facile de comprendre ce qui fait la spécificité de la musique de la période classique. Lorsque vous connaissez bien cette musique classique, vous réalisez mieux l’évolution vers le romantisme. Berlioz par exemple, dans sa Symphonie Fantastique continue à utiliser les cors naturels (sans piston). En fait ils ont été utilisés jusqu’à Brahms qui appartenait d’ailleurs à la Société des joueurs de cor naturel. L’évolution historique a été continue.

: Vous avez dirigé l’Orchestre national du Capitole pour la première fois en juin dernier. Comment s’est déroulé ce premier contact et comment évolue votre relation avec l’Orchestre ?

M. E. : Travailler avec cet orchestre fantastique est un grand plaisir. Lors de la première fois que je l’ai dirigé, cela é été très facile. Le contact s’est établi tout naturellement car nous parlons tous le même langage. Nous parlons de la forme musicale, des doigtés, et des éléments de base comme les nuances piano, forte… C’est un tel plaisir de travailler avec cet orchestre, de voir comment les musiciens réagissent immédiatement. Par exemple à propos de la disposition des différents pupitres sur le plateau de l’auditorium, j’aime bien avoir les violons de part et d’autre du podium, les timbales ici, les trompettes là… Il n’y a eu aucun problème pour faire ces changements. Cela a été si facile avec les musiciens, mais aussi avec le management et les techniciens. Tout est fait pour la musique. Lorsque vous arrivez sur le plateau vous n’avez à vous préoccuper que du travail musical ! Ainsi vous gagnez un temps précieux pour obtenir d’excellents résultats. Alors que nous sommes au milieu des répétitions, je m’attends à un résultat fantastique. C’est un sentiment merveilleux. La perfection n’existe pas. Mais nous ne cessons pas de progresser, d’être de mieux en mieux. Je ressens de grandes possibilités. Car nous établissons des relations personnelles. Il est indispensable de ne pas garder ses distances. Je connaissais le premier violon solo, je connais certains musiciens. C’est important de développer des relations personnelles pour faire de la belle musique.



Maxim Emelyanychev au clavecin et à la directioin de l'ensemble Il Pomo d'Oro
© Luigi Mattera

 : Pouvez-vous nous parler du programme du concert que vous allez diriger et de la présence comme soliste du grand pianiste américain Richard Goode ?

M. E. : Pour moi, Mendelssohn et Mozart (qui sont au programme) sont très proches. Ce sont tous les deux de jeunes génies. L’inspiration, le style qu’ils impriment à leur musique respective s’avère similaire. C’est très différent de Beethoven et Brahms par exemple qui incarnent deux types différents d’énergie. Mozart et Mendelssohn ont en commun la jeunesse. De plus ils réclament le même type d’effectif orchestral. Nous essayons de réaliser une lecture très classique de leur musique. Aujourd’hui, nous avons eu une répétition formidable avec Richard Goode. Je suis très heureux de collaborer avec lui. Naissent ainsi de profondes idées. Nous suivons simplement le texte original de Mozart. Nous ne cherchons pas des visions préconçues. Le manuscrit de Mozart est particulièrement clair, d'un seul jet, sans rature ! J’aime donc beaucoup la manière dont nous travaillons ensemble. Nous échangeons nos idées, nous essayons de mettre en œuvre les siennes à l’orchestre. Il y a beaucoup d’échanges, surtout dans ce concerto de Mozart, entre le tutti et le soliste. Parfois c’est l’orchestre qui commence et le soliste reprend, parfois c’est l’inverse. Au fil des répétitions, ces échanges gagnent en signification.


 : Merci beaucoup pour cet entretien !

Propos recueillis le 4 octobre 2017 par Serge Chauzy

 

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Détail des informations, s’adresser à :

Orchestre National du Capitole de Toulouse
- Service location
BP 41408 – 31014
Toulouse Cedex 6

Tél : 05 61 63 13 13


Renseignements, détail complet de la saison et réservations :

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