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Entretien avec Annick Massis - Théâtre du Capitole - 15 janvier 2019
     

« Je voudrais vous dire l’émotion qui est la mienne de revenir au Théâtre du Capitole »

Pour ouvrir la saison 98/99, Annick Massis chante au Théâtre du Capitole Lucia di Lammermoor, juste avant de s’envoler pour faire ses débuts au MET dans ce même rôle, puis nous offre sa première Leïla des Pêcheurs de Perles. Au Printemps 2001, ce sera Adèle du Comte Ory rossinien puis Philine dans une mémorable reprise de Mignon. Puis… plus rien ! A l’occasion de son retour en majesté au Théâtre du Capitole pour sa prise de rôle de Lucrezia Borgia de Donizetti, nous avons tenu à rencontrer cette artiste lyrique qui développe une carrière internationale telle la véritable ambassadrice du chant français qu’elle est devenue.

Classictoulouse  : Annick Massis, depuis les dernières reprises de Mignon (Philine) au Capitole, en mai 2001, reprises pour lesquelles vous partagiez la scène avec Jonas Kaufmann et Susan Graham, si l’on excepte un récital Verdi à Saint-Pierre des Cuisines en 2013 à l’invitation d’Alain Lacroix, voilà donc près de vingt années que le public capitolin ne vous a pas entendue. Comment votre voix a-t-elle naturellement évolué ?

Annick Massis : Effectivement, surtout pour une femme, la voix évolue dans un tel laps de temps. J’étais plutôt « bouchon de champagne » et me voici avec une voix beaucoup plus lyrique, avec des couleurs cuivrées dramatiques. En fait mon organe a changé physiologiquement. Il faut donc que j’en tienne compte et adapter ainsi mon répertoire. Cela me donne accès aujourd’hui à des rôles comme la Stuarda ou Lucrezia Borgia. Cela dit, il ne faut pas mésestimer dans cette évolution le parcours personnel de chacun. La vie aussi vous prépare à certains rôles.

: En vingt années vous avez bien sûr abordé de très nombreux rôles. Quels sont ceux qui ont été essentiels ?


Annick Massis
- Photo Gianni Ugolin-

O

A. M. : Votre question n’est pas facile… J’estime que tout ce que j’ai chanté m’a construite et amenée au rôle suivant. J’ai commencé par le 19ème français, puis je suis passée au baroque qui m’a conduite directement vers le bel canto italien. Chaque ouvrage, même repris, chaque production, avec un nouveau metteur en scène, un nouveau chef d’orchestre, des distributions différentes aussi, sont des occasions magnifiques de se remettre en question et d’approfondir l’œuvre. Les lieux sont aussi importants. Chanter Lucia au Met, ou Le Voyage à Reims (Comtesse de Folleville) à la Scala ou encore Lucio Silla (Giunia) à Salzbourg, je peux vous dire que cela constitue non seulement un aboutissement mais aussi un passage après lequel on peut passer à autre chose.

: Revenons à cette Lucrezia Borgia. Vous attendiez d’être prête pour ce rôle ou, plus prosaïquement, qu’un théâtre vous le propose ?

A. M. : Question piège par excellence !!! En fait c’est et l’un et l’autre et ni l’un ni l’autre. C’est Christophe Ghristi qui en a eu l’idée à un moment où l’on me parlait à l’oreille des « reines » donizettiennes, un moment aussi où je changeais de répertoire. Tous les chanteurs ont des fantasmes de rôles. Le tout est de ne pas y céder trop vite. Lucrezia, pour moi, en faisait partie clairement. Je me suis jetée sur la partition. Plus je l’étudiais plus je la trouvais extraordinaire. Puis toute l’interaction entre cette partition, ma voix, le personnage, et quel personnage, et moi-même s’est mise en place et me voilà pour cette prise de rôle, avec le stress et la pression que vous pouvez imaginer.

: Le hasard vous a-t-il permis de voir cet opéra en version scénique ?

A. M. : En fait jamais. J’ai vu des vidéos et entendu bon nombre d’enregistrements, mais je n’ai pas vu de représentation de cet ouvrage. A vrai dire, je pense que c’est la « reine » la moins affichée. La production que vous allez voir pourrait être qualifiée de minimaliste, avec des chanteurs d’aujourd’hui, réflexes physiques et vocaux inclus. Concernant le rôle-titre, Emilio (ndlr : le metteur en scène) souhaite le pousser vers la colère, la véhémence, la méchanceté. C’est très beau mais aussi très dur pour moi car je dois reconnaître que toutes ces impulsions, ces sentiments, avec l’âge qui est le mien personnellement, sans disparaître bien sûr, sont nuancés. Et puis, si je puis vous confier cela, j’aimerais tellement réhabiliter ce personnage qui ne fut peut-être pas le monstre tel que décrit par Victor Hugo.

: Une interprétation vous a-t-elle particulièrement marqué ?


A. M. : Incontestablement celle de Montserrat Caballé. J’admire cette cantatrice et les fabuleux moyens qu’elle avait, sans parler d’une technique incomparable. Aujourd’hui les propositions qui nous sont faites mettent l’accent sur une théâtralité plus moderne, plus dynamique.

: Parlez-nous de la construction de ce personnage.

A. M. : C’est un arc ascendant depuis le Prologue qui nous fait découvrir une mère mais aussi, au travers de quelques apartés, une femme de pouvoir, puis c’est le monumental duo avec son mari, enfin c’est la délirante scène finale avec ses cassures de rythme et ses sauts d’octaves meurtriers. Il ne faut jamais trop se lâcher en cours de spectacle car il faut penser en permanence que la route est encore longue. C’est une aventure permanente à laquelle je me prépare d’abord en solo, en particulier sur la manière de gérer les difficultés vocales, puis arrive le moment de rencontre avec les collègues et les nouvelles propositions qui en découlent, de même lorsque le metteur en scène et le chef d’orchestre arrivent. C’est un échange et un enrichissement de tous les instants. Petit à petit tout se balise et se construit.



Annick Massis pour sa prise de rôle de Leïla des Pêcheurs de perles dans la production de Petrika Ionesco au Théâtre du Capitole en 1998 - Photo Patrice Nin -

: Il est d’usage dans ce type de répertoire de faire des ornementations sur les reprises, d’extrapoler certaines notes afin de leur donner plus de poids dramatique.

A. M. : Tout en restant très respectueuse de la partition et du style et en accord avec le chef d’orchestre, bien sûr que je vais me couler dans cette tradition que vous évoquez et procéder à quelques changements personnels. Lucrezia est le personnage idéal pour faire ce genre de chose qui amène à un surcroit d’émotion.

: Quelles sont pour vous les qualités essentielles d’une voix ?

A. M. : Dans le temps de carrière qui est le mien et après avoir aidé pas mal d’étudiants, ce que je veux entendre, c’est de l’émotion. Je préfère largement un chanteur peut-être pas parfait techniquement mais qui ouvre son âme et vous invite à un partage. Le challenge est particulièrement difficile dans le bel canto car il s’agit dans ce style de transcender le son et provoquer une émotion par la voix. Pour moi il est hors de propos de rester purement technique par rapport à la partition. En fait, chacun travaille avec l’instrument que la nature lui a fourni, mais cela ne l’empêche pas de le perfectionner en permanence. Pour revenir à votre question première, la qualité numéro un d’une voix est certainement son homogénéité. C’est la base dont je parle immédiatement à mes étudiants.

: Votre prochain grand rendez-vous avec le théâtre lyrique ?

A. M. : Ce sera cet été à Orange dans un rôle que j’ai déjà chanté par ailleurs, Mathilde dans le Guillaume Tell de Rossini. Mais avant de vous quitter je voudrais vous dire l’émotion qui est la mienne de revenir au Théâtre du Capitole et retrouver toutes ces magnifiques équipes avec lesquelles j’ai tant de plaisir à travailler.

Propos recueillis par Robert Pénavayre le 15 janvier 2019

 

infos
 

Renseignements sur la saison du Théâtre du Capitole :

www.theatre-du-capitole.fr

 
Représentations de Lucrezia Borgia :

du 24 janvier au 3 février 2019

 

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