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Entretien avec Mark Opstad - Maîtrise de Toulouse - 16/05/2013
     

Une maîtrise, c’est quoi ?

Recruté voici dix ans par le Conservatoire à Rayonnement Régional de Toulouse afin de créer, dans cet établissement, une « maîtrise » comme la tradition anglaise en pratique l’usage depuis des siècles, le Britannique Mark Opstad a largement fait fructifier cette notion encore un peu floue pour l’enseignement français de la musique. Les activités qu’il déploie avec beaucoup d’énergie à Toulouse et dans la région méritent d’être largement diffusées et expliquées. Ce chef de chœur passionné est également organiste, pianiste et compositeur. Musicien polyvalent, Mark Opstad est en effet apparu régulièrement en tant qu’organiste lors de récitals en France et à l’étranger (Angleterre, Allemagne, Suède, Norvège....). Il joue aussi avec l’Orchestre national du Capitole de Toulouse (Requiem de Fauré / Marc Minkowski...) et il est intervenu comme soliste avec ce même orchestre à la cathédrale de Millau. En tant que pianiste, Mark Opstad est recherché comme accompagnateur pour des chanteurs, instrumentistes et chœurs professionnels. Il est accompagnateur pour le festival « English Choral Experience » à Abbey Dore en Angleterre chaque année. Ce musicien actif a accepté de nous confier les clés de son activité à la tête de la Maîtrise de Toulouse, un ensemble vocal qui mérite la reconnaissance des mélomanes.

Mark Optad, chef de la Maîtrise de Toulouse, Conservatoire à Rayonnement Régional

Classic Toulouse  : Vous dirigez la Maîtrise de Toulouse (Conservatoire de Toulouse). Mais pourriez-vous préciser ce qu’est vraiment une maîtrise ?

Mark Opstad : Il existe des définitions différentes de ce qu’est une maîtrise. A l’origine, c’est le nom qui était donné aux écoles attachées aux cathédrales et aux grandes églises dans toute la France. Avant la Révolution, tout l’enseignement musical se faisait au sein de ces institutions. Quasiment tous les musiciens passaient par là, sauf quelques exceptions comme pour la Chapelle Royale de Versailles. Les maîtrises assuraient ainsi l’enseignement vocal, mais aussi instrumental. A la Révolution, toutes les maîtrises ont disparu. Quelques années plus tard, elles ont été remplacées par les conservatoires. D’abord à Paris puis ensuite dans toutes les grandes villes de province, dont Toulouse. En France, la musique instrumentale a dominé. Certes il y avait en France une grande tradition de musique pour chœur. On peut le constater avec toute la musique baroque française. Mais la Révolution a entraîné une rupture brutale. Il n’y avait plus de possibilité d’écrire de la musique sacrée, ni de chœur possédant les capacités de la chanter. C’est au XXème siècle que la situation a changé. Dans les années 1980, le gouvernement a relancé l’idée d'un renouvellement des maîtrises. Cela s’est fait dans le cadre de structures différentes. Dans ces années-là, les premières maîtrises ont été recréées en Bretagne, à Caen, à Colmar et au Centre de Musique Baroque de Versailles. Quelques cas exceptionnels existaient auparavant, notamment la Maîtrise de Radio-France (il s’agissait là d’une structure totalement différente) et la Maîtrise de Notre-Dame de Paris. Mais ce mouvement de recréation a eu du mal à se développer dans le Sud de la France ! Personnellement, j’ai passé deux ans comme assistant à la Maîtrise de Caen. J’ai vu alors qu’il y avait d’énormes possibilités pour créer ces maîtrises au sein des conservatoires, avec les classes à horaire aménagé. Ce système est parfait pour la création de maîtrises.
Pour en revenir à la définition du mot maîtrise, on constate aujourd’hui que de nombreux chœurs d’enfants se qualifient de maîtrise. Mais pour moi, une maîtrise et un chœur d’enfants sont deux choses différentes. Une maîtrise doit faire partie d’une structure pédagogique comme les classes à horaire aménagé. L’enfant chante quotidiennement, comme c’est le cas à Toulouse, reçoit des cours d’éducation musicale, d’instrument. Il s’agit donc d’un véritable enseignement maîtrisien, comme cela existait autrefois. En outre, pour moi, une maîtrise ne concerne pas que des voix d’enfant. Le répertoire d’une maîtrise est celui des chœurs mixtes, au sein desquels les voix d’enfant remplacent les voix de femme. En France le terme est devenu plus large. Lorsqu’un chœur d’enfant ne chante qu’une seule fois par semaine, il ne s’agit pas d’une maîtrise, mais tout simplement d'un chœur d’enfant. Qui peut d’ailleurs être excellent, bien sûr !


Les jeunes chanteurs de la Maîtrise de Toulouse

: Vous venez du Royaume Uni, donc peut-être pouvez-vous nous dire si c’est parce que l’Angleterre n’a pas connu de révolution que la tradition des maîtrises s’est perpétuée ?

M. O. : C’est exactement cela ! En Angleterre, n’importe quelle cathédrale, n’importe quel collège, n’importe quelle grande université comme Oxford ou Cambridge possède une maîtrise. Cette tradition existe sans interruption depuis le XIIème siècle. Néanmoins ce système n’est pas resté figé. Au cours des vingt dernières années, il y a eu des changements. Auparavant, toutes les maîtrises ne comportaient que des garçons. Actuellement, il y a un grand mouvement de création, essentiellement de maîtrises de filles à côté des maîtrises de garçon. La plupart des maîtrises anglaises ne mélangent pas les voix de filles et les voix de garçons. En France les deux premières maîtrises créées dans les conservatoires, Caen et Colmar, sont basées sur le même modèle de séparation des voix. La raison provient de la différence de timbre qui existe entre les deux types de voix. Lorsque je suis arrivé à Toulouse, je souhaitais créer deux maîtrises. Des problèmes de logistique ne le permettant pas, nous avons donc mélangé les voix de filles et de garçons. Et il est très difficile d’avoir un effectif équilibré. Il y a toujours davantage de filles que de garçons.

 : Votre propre itinéraire a donc débuté en Angleterre. Comment s’est-il organisé ?

M. O. : De neuf à quatorze ans, j’ai chanté tous les jours dans la Maîtrise de Bristol. Tous les matins avant l’école, il y avait une répétition. Après l’école c’était une nouvelle répétition et le soir nous chantions à l’office. C’était ainsi toute la semaine, sauf le jeudi. Nous chantions également le samedi et deux fois le dimanche. Cela représentait à peu près vingt heures par semaine en plus des études scolaires. Et il ne s’agissait pas là d’horaires aménagés ! C’était en outre uniquement dans le domaine sacré. Ici, on chante également le répertoire profane. J’ai donc pratiqué cette discipline à Bristol puis je suis allé à Oxford où j’ai été « organ scolar », c’est-à-dire à la fois chef de chœur et organiste. Ensuite j’ai débuté en France à Caen où j’ai étudié l’orgue tout en assistant le directeur de la maîtrise. Je suis arrivé à Toulouse en septembre 2003. Marc Bleuse était alors directeur du Conservatoire. Il avait participé à la création de la Maîtrise de Versailles et il connaissait très bien le système des maîtrises anglaises. Cela a pris du temps pour mettre tout en place, mais la Maîtrise de Toulouse a vraiment existé à partir de 2006. On a donc environ vingt-cinq collégiens des horaires aménagés, puis se sont ajoutées les voix d’hommes : quelques élèves de la classe de chant, des anciens maîtrisiens qui ont mué, plus quelques extérieurs.


La Maîtrise de Toulouse, dirigée par Mark Opstad

 : Quelles sont pour vous les qualités requises pour faire un bon maîtrisien ?

M. O. : Pour ces élèves qui entrent en classe de sixième, il faut déjà des capacités vocales, donc une voix qui, si elle n’est pas encore complètement formée, possède un certain potentiel. Il faut avoir des connaissances théoriques en matière de solfège, pouvoir lire la musique à un certain niveau. Mais il faut surtout avoir la motivation pour cet immense investissement ! Jusqu’ici, on ne s’est jamais trompé. Tous ceux qui sont entrés, à la fin n’ont pas eu envie de partir.

 : D’une manière générale, quel est le répertoire de la Maîtrise de Toulouse ?

M. O. : Au cours d’une année, nous faisons à peu près dix concerts. Cette année, les maîtrisiens auront tout chanté, du chant grégorien à la musique contemporaine. Nous avons commencé l’année scolaire dans le cadre du festival Toulouse les Orgues avec le Requiem de Fauré, plus deux œuvres contemporaines. A la fin de l’année, nous avons programmé des chants de Noël et la messe avec deux orgues de Louis Vierne (avec les deux Bouvard : Yasuko et Michel !). Ensuite, la Maîtrise a participé aux représentations de L’Enfant et les sortilèges de Ravel, au Théâtre du Capitole. Puis ce fut un concert de motets baroques et juste avant les vacances nous avons enregistré un nouveau disque de musique française de la Renaissance à nos jours, avec deux créations de deux compositeurs toulousains, Marc Bleuse et Patrice Libes. Il y a aussi des musiques de compositeurs baroques assez peu connus comme Boesset, Campra et Bouzignac. La semaine prochaine, nous faisons un concert complètement différent de chansons populaires et de comédies musicales, notamment de Gershwin. Pour leur dernier concert de l’année, le 28 juin, les maîtrisiens vont chanter toutes les œuvres qui étaient au programme du couronnement de la Reine d’Angleterre, voici exactement soixante ans. Ce concert gratuit sera présenté au Temple du Salin. La plupart de ces œuvres sont des motets religieux, des musiques de fête, joyeuses, réjouissantes. Certaines de ces musiques sont très connues comme un chœur de Haendel utilisé comme indicatif de la Ligue des Champions ! Les maîtrisiens ont d’ailleurs été étonnés lorsqu’ils l’ont découvert.
Ces élèves chantent plus de six heures par semaine, ce qui leur permet d’avoir un rythme rapide de travail et d’aborder un très large répertoire.

 : La Maîtrise a commencé à enregistrer. Le premier album CD, Missa Brevis, a recueilli les louanges de la presse. Pouvez-vous nous en parler ?

M. O. : Oui en effet, ce premier CD a obtenu cinq Diapasons en France et il a eu une excellente critique dans une grande revue américaine « American Record Guide ». Nous sommes finalement plus connus à l’autre bout du monde qu’ici même ! Nous avons ensuite participé à un enregistrement avec l’ensemble Gilles Binchois. Il va bientôt sortir. Et puis il y aura ce troisième disque avec les motets de musique française.

Propos recueillis le 16 mai 2013 par Serge Chauzy

Missa Brevis

Le premier CD de la Maîtrise de Toulouse rassemble cinq messes de compositeurs français et anglais de la fin du XIXème siècle et du début du XXème.

 
Dirigés par Mark Opstad et accompagnés à l’orgue par William Whitehead, ces jeunes chanteurs réalisent là une véritable performance dont bien peu de chœurs français pourraient s’enorgueillir. La Messe à trois voix d’André Caplet, ami de Debussy, la Messe brève de Léo Delibes et la Messe basse de Gabriel Fauré constituent la partie française de ce programme. Benjamin Britten et sa belle Missa Brevis ainsi que la Missa Cornelia de Kenneth Leighton, dont il s’agit là du premier enregistrement, représentent le riche répertoire britannique.

L’Entente cordiale règne sur ce très bel album ! Sa qualité ne se limite pas à la perfection technique, justesse absolue et précision, que Mark Opstad obtient de ses jeunes chanteurs. La pureté des voix s’accompagne d’une beauté expressive du chant. La revue American Record Guide a accueilli cette parution en estimant que « il n’y a probablement rien que ce chœur ne pourrait pas chanter, et ce, superbement bien. » Une référence !

Serge Chauzy

 

infos
 

Renseignements sur la maîtrise de Toulouse et Mark Opstad  :

http://www.markopstad
.com/


Site internet du Conservatoire à Rayonnement Régional de Toulouse :

http://conservatoire
rayonnement
regional.toulouse.fr/



 

 

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