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Entretien avec Marianne Crebassa - mezzo-soprano - 30 octobre 2014
     

Marianne Crebassa, l’irrésistible ascension

La jeune mezzo-soprano Marianne Crebassa, soliste du concert donné le 31 octobre dernier par l’Orchestre National du Capitole sous la direction de Pierre Bleuse, a touché le cœur et l’esprit de tous les spectateurs. En 2008, alors qu’elle n’avait que 21 ans, elle a fait ses débuts à l’Opéra de Montpellier dans Manfred de Schumann sous la direction d'Hervé Niquet. À la suite de sa participation très remarquée à la présentation de The Wuthering Heights (Les Hauts de Hurlevent) de Bernard Herrmann au Festival de Radio France en 2010, Marianne Crebassa a intégré l’Atelier Lyrique de l’Opéra de Paris. Elle a débuté au Festival de Salzbourg dans Tamerlano de Haendel (rôle d’Irène), sous la direction de Marc Minkowski. En 2013, elle s’est produit au Mozartwoche de Salzbourg dans une nouvelle production de Lucio Silla, de Mozart, et a remporté un grand succès à la fois critique et public. En 2012/2013, elle a chanté notamment au Musikverein de Vienne (Le Martyre de Saint Sébastien, de Debussy), à la Fondation Gulbenkian de Lisbonne (Roméo et Juliette, de Berlioz), aux festivals de Salzbourg et de Brême pour la reprise de Lucio Silla. Sa participation, en mars 2013 à Toulouse, au concert Bach-Mozart des Musiciens du Louvres sous la direction de Marc Minkowski, a été très remarquée. Elle retourne au Festival de Salzbourg pour interpréter le rôle-titre de Charlotte, une création de Marc-André Dalbavie. Avec finesse et sensibilité, Marianne Crebassa a gentiment accepté d’évoquer avec nous son jeune parcours et ses espoirs.



Marianne Crebassa - Photo Luc Jennepin -

Classic Toulouse : Quel bénéfice avez-vous retiré de votre passage à l’Atelier lyrique de l’Opéra de Paris ?

Marianne Crebassa : Beaucoup de choses sur des plans différents. Tout d’abord, à la suite de mes études à Montpellier, j’avais besoin d’une structure qui me permette de pratiquer la scène. L’Atelier lyrique m’a paru être la bonne option. Il s’agit là d’une sorte de préprofessionnalisation. Les jeunes chanteurs sont sur scène et apprennent sur le tas. J’ai surtout appris à gérer l’effort sur une très longue période. Lorsqu’on est étudiant, on n’a pas l’habitude de gérer sa voix en chantant tous les jours. A l’Atelier lyrique on a des concerts toutes les semaines, des productions à préparer. Le premier bénéfice que j’ai tiré de ce passage c’est de connaître mes limites, à la fois sur le plan technique et sur le plan nerveux. Ensuite, être ainsi au cœur de la musique, à l’Opéra de Paris, m’a ouvert l’esprit, m’a permis de rencontrer des musiciens, des chefs, tous les corps de métiers de l’opéra : peintres, costumières, régisseurs. Tout le monde se retrouve à la cantine à midi. Et puis ce passage fournit une belle carte de visite, apporte des contacts. On est finalement très exposé à la critique, mais on est visible. Le facteur humain est également important. Nous sommes douze chanteurs formant une équipe soudée à vie. Une belle bande de copain !

 : Vous chantez aussi bien à l’opéra qu’au concert. Quelle différence d’investissement personnel cela vous demande et avez-vous une préférence entre les deux activités ?

M. C. : Il y a effectivement une énorme différence entre le concert et l’opéra. Déjà entre le récital avec piano et le concert avec orchestre l’investissement n’est pas le même. Le récital avec piano est très difficile car on se retrouve seul avec son accompagnateur. L’engagement personnel est plus important car on choisit soi-même le répertoire. C’est très délicat de choisir un programme équilibré que le public apprécie. La responsabilité est plus grande. En revanche la relation avec le public est plus directe, plus intime. A l’opéra, on est plus dans l’action. On réfléchit peut-être moins mais on a d’autres contraintes : la mise en scène, les costumes, le contact avec les autres membres de l’équipe. J’éprouve un plaisir différent dans ces deux activités. Quant au concert avec orchestre, il me tient particulièrement à cœur, dans le sens où j’ai commencé par cela. Cette activité réunit un peu les deux aspects du récital et de l’opéra. Dans le concert avec orchestre, il y a à la fois l’intimité du récital et la puissance de l’orchestre qui vous porte. L’engagement physique est différent. J’ai effectué mes premiers pas sur scène avec orchestre, opéra et concert. Le fait de se sentir soutenu par l’orchestre derrière soi, d’être au milieu du son, c’est parfois ce qui me manque à l’opéra. Avec l’orchestre dans la fosse, le contact est différent.



Marianne Crebassa à Salzbourg, dans la production de Lucio Silla, de Mozart
- Photo Matthias Baus
-

 : Quels sont vos meilleurs souvenirs parmi ceux que vous ont laissés les représentations d’opéra ou les concerts auxquels vous avez participé ?

M. C. : Le choix est difficile ! Si je remonte à mes premiers émois musicaux, ce serait ma participation à la représentation en concert de « Les Hauts de Hurlevent » de Bernard Hermann au Festival de Radio-France et de Montpellier de 2010, sous la direction d’Alain Altinoglu. C’était mon premier grand rôle exposé dans lequel je jouais aussi du piano. Ce que je n’ai jamais refait par la suite. Il est vrai que le piano a occupé une grande partie de ma vie, presque quinze ans ! Mes études de piano m’ont tout de même amenée à devenir chanteuse. Pourtant j’avais mal vécu mes dernières années d’étude de cet instrument. Pour moi cette expérience a donc été une sorte de réconciliation. Et puis je me souviens de cette émotion que j’ai ressentie avec Alain Altinoglu pendant l’un des airs que je chantais. Il s’est vraiment passé quelque chose et j’ai senti que je commençais à trouver ma voie. Autre grand souvenir, mes débuts à Salzbourg avec Placido Domingo, dans Tamerlano (de Haendel) en version de concert. Pour mon premier concert à Salzbourg j’étais vraiment aux anges !

 : Comment votre voix se développe-t-elle et comment pensez-vous qu’elle va évoluer ?

M. C. : Ce qui est évident aujourd’hui c’est que ma voix est celle d’un mezzo. Quand j’étais plus jeune, mon ambitus plutôt long m’a fait douter. Mais aujourd’hui je suis bien mezzo, plutôt lyrique léger, car j’aborde tous les rôles qui sont entre mezzo et soprano, les rôles travestis de Mozart, les Rossini avec colorature, jusqu’à des rôles de mezzo plus lyriques. C’est toujours un peu étrange de parler de sa propre voix, mais ce qui me paraît évident c’est qu’elle va évoluer vers un répertoire plus dramatique, d’abord vers des rôles belcantistes, Donizetti, Bellini, et ensuite peut-être Strauss (Octavian, du Chevalier à la rose, le Compositeur d’Ariane à Naxos) puis Charlotte, Carmen etc… Je ne sais pas vraiment ce que l’avenir me réserve mais j’aimerais évoluer vers ces rôles-là, plus dramatiques, plus larges.


Photo Thomas Bartel
O
 : Comment concevez-vous vos relations avec l’orchestre dans le cas par exemple du cycle Shéhérazade de Ravel que vous chantez ici à Toulouse ?

M. C. : Dans ce type de mélodies avec orchestre, il faut trouver une ligne ensemble, surtout avec la musique de Ravel, pleine de finesse. Bien que l’on ait la responsabilité de la partie soliste, on doit savoir travailler en équipe. C’est aussi pour cela que j’ai choisi ce métier. Je m’ennuyais beaucoup toute seule derrière mon piano. Alors quand j’ai mis les pieds sur une scène et que je me suis rendu compte de ce que c’était que de chanter ensemble avec un orchestre, c’est ce qui m’a donné envie de faire ce métier. Je me suis dit : « Je me sens super bien, je me fais des copains, tout le monde a l’air heureux de faire de la musique ensemble… »

Lorsque je me trouve avec un orchestre que je ne connais pas, j’ai envie de sentir qu’il s’établit entre nous une sorte de confiance, qu’on s’écoute. C’est pour cela que pour les premières répétitions, je n’aime pas tourner le dos à l’orchestre. J’imagine que ce doit être déroutant pour les musiciens de jouer avec un chanteur qui leur tourne le dos. Certains chefs demandent d’ailleurs de chanter pour l’orchestre, pour que l’on se comprenne mieux concernant la ligne, la dynamique. Cette relation avec l’orchestre est vraiment nécessaire pour moi.

 : Quels sont vos projets les plus proches ?

M. C. : Très bientôt je dois remplacer une chanteuse dans le Roméo et Juliette de Gounod à Madrid avec Michel Plasson. Je suis très contente de chanter là mon premier Stéphano. Ensuite je vais aborder d’autres rôles d’opéra, notamment à la Scala de Milan où nous refaisons le Lucio Silla de Mozart auquel j’avais participé à Salzbourg. Autre projet, avec Marc Minkowski au Mozarteum de Salzbourg, nous allons monter l’oratorio Davide penitente, de Mozart, en collaboration avec Bartabas et ses chevaux. Ce sera dans la Felsenreitschule et cela mêlera donc plusieurs arts. Je ferai ensuite mes débuts à Vienne, au Theater an der Wien, dans le rôle de Cherubin. Je participerai également au prochain Festival de radio France et de Montpellier, dont on fêtera le trentième anniversaire. Ce seront ensuite mes débuts au Staatsoper de Berlin…

 : Tous nos vœux vous accompagnent !

Propos recueillis le 30 octobre 2014 par Serge Chauzy

 

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