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Entretien avec Christophe Ghristi - Théâtre du Capitole - 27 mars 2018
     

« Le Capitole est une maison magnifique ! »
Christophe Ghristi

Dévoiler une première saison est forcément une épreuve de vérité pour un directeur artistique, une épreuve au cours de laquelle, outre les contraintes financières, il nous fait découvrir le sens profond de sa mission et la direction qu’il compte lui donner… Christophe Ghristi, nouvellement nommé à la tête du Théâtre du Capitole, en fonction depuis septembre 2017, trace les grandes lignes de sa première saison.

Classic Toulouse  : 8 ouvrages lyriques, dont 4 sont des entrées au répertoire. Pour les mélomanes, la proposition est passionnante bien sûr mais s’inscrit-elle dans une volonté à long terme de modifier en profondeur le répertoire dit traditionnel ? Dans quel but ?

Christophe Ghristi : Je ne dirais pas modifier, mais élargir. En effet, je suis heureux que pour ma première saison, 4 des 8 opéras soient des entrées au répertoire. Mais la nouveauté pour la nouveauté ne m’intéresse pas. La seule que j’ai vraiment décidée sur ce critère, c’est La Ville morte de Korngold. C’est un chef-d’œuvre au même titre que Salomé ou Elektra et il est temps, presque un siècle après sa création, qu’il soit joué à Toulouse. Lucrezia Borgia de Donizetti, est un ouvrage absolument génial que je souhaite monter depuis longtemps pour la chère Annick Massis qui abordera enfin ce rôle sur mesures pour elle. Quant à Ariane et Barbe Bleue de Dukas, qui est un des plus beaux opéras français du XXe siècle, il est étonnant qu’il n’ait jamais été donné dans la ville de Michel Plasson. Mais je sais qu’il regrette de ne l’avoir pas monté, mais on ne peut pas tout faire, même en trente ans ! Je suis heureux donc que cet ouvrage fascinant soit donné pour la première fois à Toulouse et avec la première Ariane de Sophie Koch. Quant au génial Kopernikus de Claude Vivier, c’est aussi pour moi l’occasion d’accueillir à Toulouse le légendaire metteur en scène Peter Sellars.



Christophe Ghristi - Photo Pierre Béteille -

: Ce qui saute aux yeux également est le nombre de nouveaux noms à l’affiche, que ce soit des chanteurs, des chefs d’orchestre ou encore des metteurs en scène. Est-ce votre expérience parisienne qui vous a permis d’avoir accès à ces nouveaux cercles d’artistes ? En creux n’y a –t-il pas une volonté de faire d’autres propositions artistiques aux mélomanes toulousains ?

Ch. G. : Oui bien sûr ! On ne m’a pas nommé pour faire de la routine ! Chaque directeur vient avec sa famille d’artistes, qu’il les connaisse ou qu’il ait simplement envie de travailler avec eux. Je crois profondément à cette notion de famille : une grande diversité mais aussi un ADN commun. Dans mon cas, c’est clairement l’amour quasi artisanal du théâtre et la méfiance devant toute idéologie. Donc c’est clair, la sensibilité va changer au Capitole ! Si cela constitue une nouveauté pour le public, c’est encore mieux.

: Comment fait-on pour persuader Michel Fau, Olivier Py et Peter Sellars de rejoindre, pour la première fois, les forces capitolines ?

Ch. G. : Une confiance mutuelle je pense, et l’intérêt des projets. Dans le cas de Michel Fau par exemple, je suis son parcours depuis longtemps et j’étais étonné qu’à l’opéra on ne lui propose pas les œuvres qui lui correspondent le mieux. Son côté saltimbanque fait qu’on lui propose de l’opérette mais il me semble qu’il est plus fait encore pour Richard Strauss et le grand répertoire. Il a donc accepté immédiatement le projet d’Ariane à Naxos, un ouvrage qu’il adore. Dans le cas de Peter Sellars, je le dois à ma longue collaboration avec le Festival d’Automne à Paris, et sa directrice artistique, Joséphine Marcovits. Sellars est l’un des visionnaires de notre temps et la dimension humaine de son travail est extraordinaire. Quant à Olivier Py, la question est selon moi : pourquoi n’est-il pas venu plus tôt ?

: Par quel cheminement intellectuel le directeur artistique du célèbre Lido de Paris, Pierre Rambert, a-t-il accepté de venir mettre en scène Traviata à Toulouse ?

Ch. G. : Je peux dire qu’il en rêvait et il a accepté immédiatement. De mon côté, sa vision m’a complètement convaincu. Le directeur artistique du Lido pendant vingt ans ne peut être qu’un grand homme de spectacle. Il y a dans l’art de la revue une rigueur et un professionnalisme absolus et il faut penser hors des cases et des tiroirs. Je lui ai présenté le décorateur Antoine Fontaine et lui a convaincu le fabuleux couturier Franck Sorbier de nous rejoindre. C’est une équipe de premier ordre et ils nous préparent une Traviata mémorable.

: Toujours concernant La Traviata d’ouverture de cette saison 18/19, vous avez engagé à la direction musicale un spécialiste du répertoire baroque, George Petrou…

Ch. G. : En effet, le nom de George Petrou est associé à Haendel notamment mais c’est un formidable musicien tout simplement. Je l’ai entendu diriger une formidable Semiramide de Rossini. Ce qui est certain, c’est que je ne voulais pas un chef de routine, fût-elle de luxe, pour cette Traviata.

: Terminons-en avec cette Traviata pour souligner la présence d’une double distribution, la seule d’ailleurs de toute la saison. Quel est votre but précisément ?

Ch. G. : D’abord donner plus de représentations sur un temps limité. J’espère que nous aurons une forte demande ! Et puis mettre le pied à l’étrier à de jeunes chanteurs, prêts à affronter ces grands rôles. Je suis heureux de présenter au public du Capitole une jeune et merveilleuse soprano hongroise, Polina Pasztircsák, ainsi que le ténor toulousain Kévin Amiel pour son premier Alfredo.

: Fidèle à sa réputation, le Capitole offre un nombre incroyable de prises de rôle de premier plan ou secondaires à des chanteurs, célèbres ou pas. Pourquoi acceptent-ils de s’exposer ainsi dans une salle connue pour son exigence lyrique ?

Ch. G. : Les grands artistes sont ceux qui osent ! Aborder un nouveau rôle, c’est une étape nécessaire pour un artiste qui a conscience de son chemin. Et au contraire je crois que la plupart des artistes sont heureux de faire ces prises de rôle au Capitole car notre équipe musicale est de premier ordre et ils savent qu’ils pourront travailler dans les meilleures conditions possibles. Ils savent aussi que je ne les embarquerais pas dans des aventures improbables. J’aime mes artistes et je veux qu’ils se sentent bien.



Décors d’Hubert Monloup pour le dernier acte de Werther dans la mise en scène
de Nicolas Joel (Théâtre du Capitole – 1997) - Photo Patrick Riou -

: L’entrée au répertoire de la Lucrezia Borgia de Donizetti nous annonce-t-elle une trilogie des reines anglaises ?

Ch. G. : Pas pour l’instant. Comme je vous l’ai dit, nous avons évoqué depuis longtemps ce projet avec Annick Massis. Un chanteur peut rarement imposer un projet entier et il est donc du devoir des directeurs de théâtre d’aider les artistes à obtenir les rôles qui sont logiques dans leur développement.

: Justement, au sujet de cette Lucrezia, le casting choisi alterne deux vétérans et deux jeunes interprètes, le mezzo corse Eléonore Pancrazi et le ténor turc Mert Süngü. Est-ce pour équilibrer les expériences ?

Ch. G. : Sans vouloir blesser personne, l’opéra confronte justement deux générations. Un couple royal et sa progéniture. Lucrèce Borgia est l’un des rares rôles de mère de ce répertoire.

: Venons-en aux chanteurs. A l’évidence, vous avez le désir de donner sa chance à l’école française de chant. Le retour en force sur la scène du Capitole de ses représentants, connus ou pas, est flagrant. Est-ce à dire, qu’à qualité égale bien sûr, et selon leur disponibilité, vous vous ferez un devoir de procéder ainsi, quitte à modifier votre programmation ?

Ch. G. : Je ne crois rien dire de nouveau et de choquant en affirmant que les chanteurs français ont été singulièrement absents des distributions du Capitole ces dernières années. C’est plus que dommage ! Il y a aujourd’hui un formidable ensemble de chanteurs français qui s’exporte dans le monde entier. Je suis très heureux du retour de quelques-uns, de Karine Deshayes à Béatrice Uria-Monzon, et de la première venue de merveilleux artistes comme le ténor Jean-François Borras. Borras a chanté Werther au Metropolitan Opera, au Staatsoper de Vienne et jamais en France ! C’est absurde… Quant à la toute jeune génération, je me fais un devoir de lui apprendre le métier !

: Concernant Ariane et Barbe Bleue de Paul Dukas, peut-on imaginer que vous l’avez programmé une fois obtenu l’accord de Sophie Koch de prendre ce rôle, connu pour son effrayante exigence ?

Ch. G. : Oui bien sûr. Je voulais organiser le retour de Sophie Koch en majesté et Ariane, qui est un peu l’Isolde française, est un rôle de star. J’admire en Sophie Koch le courage formidable face à ces partitions. Elle a été une Genièvre fabuleuse dans Le Roi Arthus et Ariane est un rôle sur mesure pour elle.

: Mam’zelle Nitouche est la seule opérette de la saison. Elle n’a pas été donnée au Capitole depuis la saison 64/65. Pourquoi ce titre qu’au moins deux générations de mélomanes ne connaissent pas ?

Ch. G. : Eh bien justement, faisons-le connaître ! Je souhaitais présenter une opérette au Capitole, surtout entre deux ouvrages aussi sérieux qu’Ariane et Werther… Et là, soyons clairs, la perspective de retrouver Olivier Py et Pierre André Weitz m’a immédiatement convaincu. Mam’zelle Nitouche n’est pas un chef-d’œuvre éternel comme les ouvrages de Verdi ou Strauss, donc si on la représente aujourd’hui il faut lui donner un coup de jeune et d’énergie ! C’est ainsi que j’envisage la présence régulière de l’opérette au Capitole.

: Entre reprises, entrées au répertoire et création, comment qualifiez-vous la future saison de ballets ?

Ch. G. : Kader Belarbi a hissé le ballet à un niveau impressionnant et nos danseurs peuvent aujourd’hui danser Don Quichotte ou Maguy Marin au même niveau d’excellence. Le ballet donnera cinq programmes une fois encore très éclectiques, avec deux beaux hommages à Noureev et Nijinski. Et nous serons heureux d’accueillir pour la première fois John Neumeier.

: Votre première saison est particulièrement riche en récitals, concerts de solistes et du chœur du Capitole, en tout plus de 20 manifestations accueillant des stars telles, par exemple, que Max Emmanuel Cencic ou Nicola Alaimo, Les Sacqueboutiers, chers au cœur des Toulousains, ou Matthias Goerne et tout cela pour des tarifs incroyables s’échelonnant de 5€ à 30 €…

Ch. G. : J’aime le récital. Au sein de notre activité, Il est le complément parfait de l’opéra. Et surtout l’acoustique du Capitole est telle qu’on peut y faire aussi bien Wagner que de la mélodie. Donc profitons-en ! Avec notre administrateur Guillaume Lecoester (ndlr : Administrateur du Théâtre du Capitole), nous avons eu à cœur que ces concerts soient à la portée de tous. Et en effet, je ne connais pas beaucoup d’endroits au monde où vous pouvez entendre Matthias Goerne ou Marie-Nicole Lemieux pour 20 euros ! Vive le service public !

: En ce lancement de votre première saison, qu’avez-vous envie de dire au public ?

Ch. G. : Le Capitole est une maison magnifique. Les personnels qui y travaillent l’aiment avec passion. Au public, je dis : aimez le Capitole avec nous, soutenez cette maison par votre présence. Venez nombreux, vous y êtes tous chez vous !

Propos recueillis par Robert Pénavayre le 27 mars 2018
Article mis en ligne le 28 mars 2018

 

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05 61 63 13 13
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