www.classicToulouse.com
classic toulouse
Entretiens
 
Amadi Lagha
Théâtre nat. du Capitole
Carmen
14/01/2022
Francis Grass
Christophe Ghristi
Claire Roserot de Melin
Théâtre du Capitole
Label "national"
15/01/2022
Valentin Thill
Théâtre du Capitole
La Flûte enchantée
17/12/2021
Michel Fau
Théâtre du Capitole
Wozzeck
16/11/2021
Stéphane Degout
Théâtre du Capitole
Wozzeck
15/11/2021
Sophie Koch
Théâtre du Capitole
Wozzeck
13/11/2021
Christophe Ghristi
La Gioconda
Théâtre du Capitole
15/09/2021
Michel Fau
Théâtre du Capitole
19/06/2021
Catherine Hunold
Théâtre du Capitole
19/05/2021
Bernard Minier
La Chasse
25/04/2021
Christophe Ghristi
Théâtre du Capitole
16/04/2021
Thierry d'Argoubet
Orchestre nat. du Capitole
15/04/2021
Franck Loiret
Les Franco-russes
Ciné-concert
Le Pré de Béjine
26/03/2021
Aurélien Gignoux
Révélation soliste
instrumental - Victoires de
la musique classique
01/03/2021
Alexandre Dratwicki
La Princesse jaune
Camille Saint-Saëns
25/02/2021
Mathias Vidal
La Princesse jaune
Camille Saint-Saëns
12/02/2021
Alfonso Caiani
Christophe Ghristi
Théâtre du Capitole
03/12/2020
Thierry d'Argoubet
Orchestre nat. du Capitole
13-11/2020
Jean-Marc Andrieu
Les Passions
30/09/2020
Francis Grass
Théâtre du Capitole
11/09/2020
Claire Roserot de Melin
Théâtre du Capitole
09/09/2020
Anne-Catherine Gillet
Théâtre du Capitole
09/09/2020
Christophe Ghristi
Théâtre du Capitole
09/09/2020
Antoine Maurice
Elections municipales
28/06/2020
Jean-Luc Moudenc
Elections municipales
28/06/2020
Sébastien Llinares
Musique en Dialogue
aux Carmélites
26/04/2020
Kader Belarbi
Ballet du Capitole
Confinement
15/04/2020
Christophe Ghristi
Théâtre du Capitole
02/04/2020
Claude Scavazza
Les Arts Renaissants
18/03/2020
Sophie Koch
Théâtre du Capitole
24/01/2020
Mélanie Laurent
Harpiste
05/10/2019
Jean-Marc Andrieu
Les Passions
23/09/2019
Catherine Hunold
Théâtre du Capitole
21/02/2019
Michel Fau
Théâtre du Capitole
19/02/2019
Annick Massis
Théâtre du Capitole
15/01/2019
Pierre Rambert
Théâtre du Capitole
30/08/2018
Antonio Najarro
Odyssud
30/05/2018
Béatrice Uria-Monzon
Théâtre du Capitole
10/05/2018
Charles Castronovo
Théâtre du Capitole
30/03/2018
Christophe Ghristi
Théâtre du Capitole
27/03/2018
Robin Johannsen
Grands Interprètes
08/03/2017
Karol Beffa
Théâtre du Capitole
Les Nibelungen
23/01/2018
Marie-Laure Garnier
Théâtre du Capitole
La Walkyrie
19/01/2018
Maxim Emelyanychev
Orchestre du Capitole
04/10/2017
Alexandre Kantorow
Piano aux Jacobins
01/09/2017
Elisabeth Leonskaja
Piano aux Jacobins
24/08/2017
Juan Diego Flórez
Grands Interprètes
09/06/2017
Francis Grass
Théâtre du Capitole
02/04/2017
Christophe Ghristi
Théâtre du Capitole
02/04/2017
Robin Ticciati
Grands Interprètes
21/01/2017
 

 

Entretien avec Michel Fau - Théâtre du Capitole - Wozzeck
16 novembre 2021
     

« La richesse de Wozzeck est inépuisable » Michel Fau

Avant de retrouver Michel Fau au Théâtre de la Cité du 21 au 23 décembre 2021 dans le George Dandin de Molière/Lully, qu’il interprète et met en scène, Classictoulouse l’a rencontré pour évoquer le Wozzeck d’Alban Berg dont il assure la mise en scène au Théâtre du Capitole.  Après une Elektra qui a fait date dans les annales de l’illustre salle toulousaine, il y avait peu de chance pour que cet ouvrage ne trouve chez lui matière à d’amples réflexions.

Classictoulouse  : Quel a été votre premier contact avec Wozzeck ? La littérature ? L’opéra ?

Michel Fau : En fait j’ai découvert très jeune la Lulu d’Alban Berg et je me souviens en avoir été bouleversé. Concernant Wozzeck j’ai d’abord vu la pièce de Georg Büchner et bien sûr très vite je me suis intéressé à l’opéra. Je crois me souvenir que la première représentation à laquelle j’ai assisté était au Châtelet dans la mise e en scène de Patrice Chéreau. Ensuite je me souviens très bien de la production de Christoph Marthaler à l’Opéra Bastille en 2006.

: Se confronter à la mise en scène du Wozzeck d’Alban Berg c’est se trouver face à l’un des ouvrages majeurs de l’art lyrique. Et aussi une œuvre d’une effrayante complexité sociale et mentale sur le plan dramatique. Quelle a été votre réaction lorsque Christophe Ghristi vous l’a proposée ?

MF : Avec Lulu, Wozzeck fait partie des œuvres que je rêvais de mettre en scène car c’est du théâtre, chanté certes mais surtout du théâtre. La richesse de Wozzeck est inépuisable. Elle mélange le grotesque avec le lyrisme, l’expressionnisme avec la violence et tout cela dans une peinture sociale vertigineuse. C’est une œuvre qui vous emporte malgré vous car le texte et la musique sont d’une rare puissance. J’aime bien prendre les œuvres de manière frontale. Je me refuse donc à la contourner avec une mise en scène qui va détourner le texte pour finalement être d’un académisme consternant. De plus l’écriture vocale recouvre plusieurs styles et comme d’habitude au Capitole nous avons une distribution exceptionnelle de chanteurs dont beaucoup prennent leur rôle à cette occasion. Certes ils sont dans l’incarnation mais aussi je peux vous le dire dans le culte du beau chant. Permettez-moi de souligner la complicité qui m’unit avec le chef d’orchestre Léo Hussain dans le souci de cultiver les contrastes multiples contenus autant dans le drame que dans la partition.


Michel Fau
- Photo Bruno Perroud -

O
 : Disparu à 24 ans, en 1837, Georg Büchner n’a pu finir sa pièce Woyzeck. Alban Berg fera créer son opéra Wozzeck en 1925. A travers le temps, quel lien réunit ces deux artistes ?

MF :
N’oublions pas qu’Alban Berg était un mystique et quand vous écoutez le troisième acte de Wozzeck il y a peu de doute quant à l’intérêt qu’il portait à la pièce de Büchner qui lui-même était, n’en doutons pas, un mystique. Il n’y a qu’à se pencher sur son œuvre pour s’en convaincre. En tout état de cause nous nous trouvons comme dans Thaïs ou Tannhäuser entre le Diable et le Bon Dieu. Berg nous parle ici de la décadence la plus totale et, en même temps, il fait apparaître Marie Madeleine. J’ai également travaillé sur le rapport médical qui a conduit le vrai Wozzeck, en fait Woyzeck, sur l’échafaud. Etait-il fou ou pas ? Car il a quand même tué sa femme ?

La conclusion semble être sans appel, il ne l’était pas, d’où la condamnation à mort. Cela dit, à la lecture dudit rapport, il avait l’air tout de même pas très bien... Nous en avons parlé avec Stéphane Degout et il nous est apparu comme un être paranoïaque et déjà très avancé dans sa folie. Loin du gentil Wozzeck simple victime d’une société qui le broie.

: La majorité des productions actuelles de cet opéra font la part belle à une transposition contemporaine. Quelle est votre option ?

MF : Comme je vous disais précédemment je n’aime ni la convention ni l’académisme, tout en sachant qu’aujourd’hui des productions qui se veulent décalées sont totalement académiques car tout le monde les réplique.  En fait, c’est la modernisation qui devient académique, tout un système qui ne veut plus rien dire. Je ne voulais pas de ces visions qui font la part belle au sordide, visions très souvent attachées à cette œuvre. Il n’y a pas que çà dans Wozzeck. A bien y regarder il y a de la poésie, du lyrisme, de la métaphysique. Du coup j’ai essayé de réinventer une sorte d’expressionnisme en privilégiant le côté poétique de l’œuvre. Le point de départ est l’époque du drame, à savoir le début du 19ème siècle et nous l’avons réinterprété car tout se passe au travers du regard de l’enfant de Wozzeck. C’est pour cela que j’ai pris un jeune comédien et non pas un enfant car je voulais qu’il assiste à tout depuis le viol de sa mère jusqu’à être lui-même maltraité. L’ouvrage devient un conte macabre, une légende maléfique. Vous verrez des personnages qui, devant le regard de l’enfant, se transforment en marionnettes. Comme vous pouvez le constater je m’entoure toujours d’artistes très différents pour les décors, costumes, etc, car le danger serait que je plaque mes propres névroses sur les pièces que je mets en scène.  Ils m’apportent chaque fois des éclairages nouveaux et sont une sorte de contre-pouvoir. En fait il n’y a rien de réaliste dans cette pièce, nous sommes totalement dans le domaine d’un mythe, celui de la tragédie.

 : En dehors de l’aspect scénographique de votre travail, quels sillons souhaitez-vous particulièrement creuser dans votre mise en scène ?

MF : Je veux parler de la folie humaine, de l’homme en tant qu’abîme vertigineux. Je souhaite transformer ce drame en un fait divers métaphysique. D’autant que ce dernier fait écho, mais puissance 10, à notre monde actuel.

Propos recueillis par Robert Pénavayre le 16 novembre 2021

 

infos
 

Renseignements sur la saison du Théâtre du Capitole :

www.theatre-du-capitole.fr

 

 

copyright © 2007
www.classictoulouse.com
- tous droits réservés -
infos légales

 

 

 

entretiens - festivals - concerts - danse - opéra - disques - dvd - partenaires - contacts - liens - index