www.classicToulouse.com
Entretiens
 
Robin Ticciati
Grands Interprètes
21/10/2017
Julia Lezhneva
Grands Interprètes
19/11/2016
Clara Cernat
Rencontres musicales
de Nailloux
15 au 23/10/2016
Joel Prieto
Théâtre du Capitole
Béatrice et Bénédict
05/10/2016
Jean-Jacques Groleau
Théâtre du Capitole
19/09/2016
Jean-Marc Andrieu
Les Passions
30ème anniversaire
07/06/2016
Kader Belarbi
Ballet du Capitole
Paradis Perdus
13 au 17/04/2016
Ángel Rodriguez
Ballet du Capitole
Thousand of Thoughts
13 au 17/04/2016
Kader Belarbi
Ballet du Capitole
Giselle
20 au 31/12/2015
Joël Suhubiette
Laurent Adnet
les éléments
Abendlied / Morgenlied
13/11/2015
Philippe Bianconi
Orchestre du Capitole
29/10/2015
Tugan Sokhiev
Orchestre du Capitole
10/10/2015
Aurélien Bory
Théâtre du Capitole
Le Château de Barbe-Bleue
Le Prisonnier
01/09/2015
Frédéric Chambert
Théâtre du Capitole
Teatro Municipal de
Santiago de Chile
28/08/2015
Gianandrea Noseda
Orchestre du Capitole
22/04/2015
Joël Suhubiette
Laurent Adnet
les éléments
¡ Viva Iberia !
24/02/2015
Joel Prieto
Théâtre du Capitole
Doña Francisquita
09/12/2014
Marianne Crebassa
Orchestre du Capitole
30/10/2014
Sophie Pacini
Piano Jacobins
06/08/2014
Etienne Mougeotte
Frédéric Chambert
Théâtre du Capitole
18/05/2014
Tanguy Viel
Théâtre du Capitole
09/04/2014
Clara Cernat
Violoniste et altiste
26/03/2014
Philippe Hurel
Théâtre du Capitole
19/03/2014
Benjamin Attahir
Olivier Stankiewicz
Orchestre du Capitole
28/02/2014
Bertrand Maon
Chœur de chambre
les éléments
20/02/2014
Josep Pons
Orchestre du Capitole
22/01/2014
Menahem Pressler
Orchestre du Capitole
03/12/2013
Thomas Søndergård
Orchestre du Capitole
10/10/2013
Natalie Dessay
Théâtre du Capitole
21/09/2013
Charles Castronovo
Théâtre du Capitole
17/09/2013
Tugan Sokhiev
Orchestre du Capitole
29/06/2013
Roberto Scandiuzzi
Théâtre du Capitole
30/05/2013
Kateryna Shalkina
Yoël Carreño
Ballet du Capitole
Le Corsaire
17/05/2013
Mark Opstad
Maîtrise de Toulouse
16/05/2013
Alondra de la Parra
Orchestre du Capitole
06/05/2013
Jean-François Zygel
Grands Interprètes
10/05/2013
François Bou
Orquestra Simfònica de
Barcelona i Nacional de
Catalunya
09/05/2013
Juan Francisco Gatell
Théâtre du Capitole
08/04/2013
Pierre Jodlowski
L'Aire du dire
15/03/2013
Alexandre Camerlo
Théâtre du Capitole
16/02/2013
 

 

Entretien avec Jean-Marc Andrieu - Les Passions - 7 juin 2016
     

Trente ans de Passions

L’Orchestre Baroque de Montauban, devenu Les Passions, célèbre cette année le trentième anniversaire de sa fondation. Créé en 1986 par Jean-Marc Andrieu, par ailleurs flûtiste à bec de grand talent, la formation à géométrie variable, en résidence à Montauban, s’est spécialisée dans le jeu sur instruments d’époque et leur pratique « historique ». Sa démarche artistique concilie deux principes : le respect des techniques anciennes de jeu et l’interprétation dynamique du discours musical. La devise de l’ensemble et de son directeur figure en bonne place dans leur profession de foi musicale. Elle est empruntée au compositeur Francesco Geminiani : « L’intention de la Musique est non seulement de plaire à l’Ouïe, mais d’exprimer les Sentiments, de frapper l’Imagination, d’affecter l’Esprit et de commander les Passions. »
De retour d’une grande tournée en Amérique du Sud, à la veille de ce trentième anniversaire, Jean-Marc Andrieu a bien voulu partager avec nos lecteurs le contenu des célébrations qui vont l’accompagner et établir une sorte de bilan de ces trois décennies d’action musicale et bien sûr… de passion.



Jean-Marc Andrieu, chef d'orchestre © J. Vandersfeesten

Classictoulouse  : Cher Jean-Marc, comment s’est déroulée cette tournée en Amérique du Sud qui s’est terminée au Chili ?

Jean-Marc Andrieu : De manière extraordinaire ! Avant le Chili, ce fut la Bolivie où nous avons commencé par le festival « Misiones de Chiquitos ». Nous avons rencontré là un chœur de jeunes Boliviens avec lequel nous avons donné une messe de Bassani. Puis nous sommes allés au festival Bach de Cochabamba, une ville magnifique. Nous avons terminé la tournée à Santiago du Chili avec deux concerts, l’un pour un festival de musique ancienne européenne et américaine, l’autre à l’université. Nous avons pu également visiter Valparaiso et l’une des maisons de Pablo Neruda. Nous avons eu beaucoup de chance, musicalement et aussi humainement. Toute cette tournée s’est déroulée dans une ambiance conviviale, avec un accueil particulièrement chaleureux.

 : La célébration des trente ans des Passions est l’occasion de remonter le temps et d’évoquer cette fondation. Tout d’abord, comment passe-t-on de la flûte à bec à la direction ?

J.-M. A : En fait, je ne suis pas passé directement de la flûte à l’orchestre. Il y a eu entre les deux une étape consacrée à la direction de chœur. La flûte à bec m’a dirigé tout naturellement vers la musique baroque. Puis le fait d’avoir beaucoup chanté en chœur, notamment avec Alix Bourbon, m’a donné l’envie de diriger. J’ai alors suivi des études de direction de chœur jusqu’en 1986. J’ai ensuite monté un petit chœur avec des amis de Toulouse, des professeurs du conservatoire pour la plupart d’entre eux. La folie nous a pris de monter des Messes Brèves de Bach. Me voilà alors arpentant les couloirs du conservatoire à la recherche d’un violon, d’un violoncelle… Avec quelques amis nous avons alors formé un petit groupe improvisé. Nous avons donné en concert ces Messes Brèves et c’est ainsi que tout a démarré ! L’ensemble, chœur et musiciens, est alors devenu l’Orchestre Baroque de Toulouse. C’est en 1991 que la ville de Montauban, où j’ai été nommé directeur du Conservatoire, s’est intéressée à l’Orchestre et nous a attribué des locaux, a mis à notre disposition du personnel et quelques moyens financiers. Tout ceci nous a, en quelque sorte, mis sur les rails.



Jean-Marc Andrieu, flûtiste à bec © J. J. Ader

: Comment l’Orchestre Baroque de Montauban est-il devenu Les Passions ?

J.-M. A : C’est en 2003 que la DRAC, donc le Ministère de la Culture nous a accordé une mission de développement national et international. Nous avons alors considéré que l’appellation Orchestre Baroque de Montauban n’était peut-être pas très évidente à « l’exportation » et nous avons cherché un nouveau nom. Nous avons choisi « Les Passions » pour trois raisons. Tout d’abord, nous avons donné à la Halle aux Grains la « Passion selon Saint-Matthieu » de Bach, l’un des grands souvenirs de l’Orchestre. Puis le Traité des Passions de l’Âme, de Descartes, a beaucoup influencé tous les compositeurs baroques, et enfin nous, musiciens modernes, sommes passionnés et souhaitons partager cette passion avec le public ! Voici les raisons de ce choix.

 : Actuellement d’où proviennent les musiciens qui composent l’Orchestre ?

J.-M. A : Le recrutement est national. Le niveau technique élevé que nous souhaitons l’exige. Le premier violon, Flavio Losco, et le premier violoncelle, Etienne Mangot, viennent de Nice. Yasuko Uyama-Bouvard, clavecin et orgue, est de Toulouse, Nirina Betoto, violon, est de Montauban. Ensuite, le recrutement se fait au niveau de Paris, de Nantes, de Bordeaux…

 : Comment se forge un répertoire ?

J.-M. A : Trois éléments. Tout d’abord, nous faisons le choix de l’exploration. En fouillant dans les bibliothèques, on fait parfois d’étonnantes découvertes de partitions oubliées que l’on a envie de partager avec le public. Ensuite on s’intéresse aux grandes œuvres du répertoire. Je rêve ainsi de diriger la Messe en Si mineur de Bach que je n’ai encore jamais abordée. Cela arrivera un jour. Enfin, je cherche à présenter des pièces originales qui permettent de renouveler les programmes. Nous nous sommes ainsi approchés du cinéma en présentant un ciné-concert, de la danse également. Avec Patrick Abéjean, nous avons conçu « Passions à table », en association avec la gastronomie… Nous recherchons des programmes qui sortent des sentiers battus.




Les Passions, lors d'une représentation de la Passion selon Saint-Matthieu de Bach
© Alain Huc de Vaubert

 : Les Passions s’intéressent beaucoup à la musique française et même « locale »…

J.-M. A : Cela fait partie de notre premier chapitre : la recherche des partitions oubliées. Je me suis en effet intéressé aux compositeurs régionaux. Le premier d’entre eux est peut-être Jean Gilles, le compositeur baroque toulousain. Cette recherche m’a amené à m’intéresser aux autres compositeurs du Sud de la France. C’est devenu notre spécialité.

 : Comment faites-vous pour trouver ces partitions oubliées et qui parfois nécessitent d’être adaptées ou orchestrées ?

J.-M. A : Pour ce qui concerne la découverte de ces partitions, je dois rendre hommage à Jean-Christophe Maillard [N.D.L.R. : Musicologue et musicien toulousain récemment disparu]. On lui doit en grande partie la résurrection de ces partitions. C’est lui qui a dressé le catalogue des fonds anciens en Midi-Pyrénées, mais aussi des Ducs d’Aiguillon à Agen qui recèlent encore de véritables trésors. C’est lui qui a attiré mon attention sur certaines partitions particulières. Ensuite nous avons la chance de posséder les catalogues des fonds musicaux anciens édités dans chaque région par le Ministère de la Culture. Soit ces partitions sont déjà numérisées et disponibles sur Internet, soit elles ne le sont pas encore, comme certaines de Blanchard, à la Bibliothèque Nationale, et il faut aller les consulter sur place.

 : Que signifie pour vous cet anniversaire, ces trente ans d’activité des Passions ? Est-ce la fin ou le début d’une étape, un moment de bilan ?

J.-M. A : Comme pour mes propres anniversaires, il ne s’agit pas là d’un moment particulier. Certes cet anniversaire constitue un temps fort, mais il ne va pas changer la nature de nos activités. Je continue à rêver et à élaborer des projets qui, je l’espère, continueront à plaire au public.



Les Passions à l'issue d'un exécution du Messie de Haendel © Isabelle Allamargot

 : Quels seront les temps forts des célébrations qui vont marquer cet anniversaire ?

J.-M. A : Ils sont tellement nombreux que je ne peux pas les énumérer tous. Une fois encore, nous allons faire redécouvrir de la musique oubliée, notamment avec Blanchard, un compositeur important du règne de Louis XV, bien que totalement inconnu de nos jours. Ensuite nous organisons un colloque avec l’Université Jean Jaurès qui réunira à Toulouse une bonne douzaine parmi les plus grands spécialistes de la musique baroque méridionale. Ils présenteront des communications sur la circulation de la musique dans le Languedoc à l’époque baroque : les musiciens, les partitions, les pratiques, les lieux de pratique privée, religieuse, le théâtre. Tout cela sera éclairé par les chercheurs les plus compétents. Il y aura également quelques événements importants à la Bibliothèque du Patrimoine avec une exposition et quelques petits concerts d’un autre compositeur méridional peu connu : Valette de Montigny. Nous essayons de nous rapprocher le plus possible du public. Une table ronde avec le grand musicologue Gilles Cantagrel, le concert d’ouverture du festival Toulouse les Orgues, seront quelques-uns des temps forts de cette célébration. Le 25 juillet, le grand concert donné à Montpellier pour le festival de Radio France, sera diffusé en direct sur France Musique et fera l’objet d’un enregistrement discographique chez Ligia : il s’agira de trois motets à grand chœur d’Antoine-Esprit Blanchard, dont deux inédits.

 : Comment envisagez-vous l’avenir pour Les Passions ?

J.-M. A : Je ne me fais pas trop de souci. Il faut bien sûr maintenir la notoriété que nous avons acquise sur le plan international. Mais je souhaite réaliser un jour quelques rêves s. La Messe en Si mineur en fait partie. Je souhaiterais la monter avec le chœur les éléments. Et puis j’ai un projet dont je parle régulièrement et que j’espère pouvoir mener à bien. Il s’agit de l’opéra de Mondonville Daphnis et Alcimadure qui possède la particularité d’être composé sur un livret en occitan. Nous l’avons déjà donné en concert il y a quelques années, mais je souhaiterais le monter sur scène dans des conditions d’opéra. Et puis bien sûr je m’intéresserai toujours aux partitions et en particulier aux motets de Blanchard. Il en a tout de même composé quarante-trois ! Je ne vise pas l’intégrale, mais j’aimerais bien en enregistrer un deuxième volume. Il reste aussi d’autres découvertes à mener qui je l’espère plairont à nos mélomanes autant qu’aux musiciens. Nous continuerons à collaborer avec d’autres formes d’art comme nous l’avons déjà fait : la danse, le cinéma… Signalons que le 21 mars 2015, jour anniversaire de la naissance de Johann Sebastian Bach et Journée Européenne de Musique Ancienne, nous avons donné notre six-centième concert ! Six-cents concerts depuis la fondation de l’Orchestre. Une belle somme.

 : Merci et bon anniversaire aux Passions !

Propos recueillis le 7 juin 2016 par Serge Chauzy

 

infos
 

Renseignements et réservations :

tél : 05 63 22 12 68

E-mail : administration@les-passions.fr

www.les-passions.fr/


 

copyright © 2007
www.classictoulouse.com
- tous droits réservés -
infos légales

 

 

 

entretiens - festivals - concerts - danse - opéra - disques - dvd - partenaires - contacts - liens - index