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Danse/ Ballet du Capitole - Toiles Etoiles – Théâtre du Capitole –
20 février 2022
     
CRITIQUE

Une explosion de couleurs et de talents

La saison au Ballet du Capitole se poursuit sous le signe de la peinture. Après Toulouse Lautrec, Kader Belarbi revient vers Picasso. Le 1er acte s’était joué avec Les Saltimbanques, la saison dernière. Pour le 2ème acte de Picasso et la Danse, Kader Belarbi a fait appel à trois chorégraphes espagnols, leur demandant de travailler chacun sur un des rideaux de scène réalisés par le peintre lors de sa collaboration avec les Ballets Russes de Serge de Diaghilev et, plus tard, avec Serge Lifar. 12 rideaux de scène leur étaient présentés pour faire leur choix selon leur sensibilité et leur vision de la danse.

L’Après-midi d’un faune

Sébastien Ramirez et Honji Wang, deux chorégraphes issus du hip-hop et de la danse urbaine et évoluant vers une danse contemporaine affirmée, avaient choisi « L’Après-midi d’un faune », toile peinte d’après un dessin de Picasso, pour la reprise à l’Opéra de Paris, en 1965, par Serge Lifar de ce ballet et d’Icare, représentant un faune poursuivant une nymphe. Ce rideau fut exécuté et finalement présenté au Théâtre du Capitole à Toulouse, où il ne fit pas l’unanimité du public, loin s’en faut. Pour cette production, le rideau devient toile légère habillant à l’ouverture l’une des danseuses et devenant par la suite voile, dôme, chapiteau au gré des manipulations et du gréage chorégraphique exécuté en fond de scène par Alexandre de Oliveira Ferreira. Les chorégraphes ont souhaité garder la partition originale de Debussy en y intégrant des éléments musicaux plus contemporains, plus proches de leur univers habituel.


L'Après-midi d'un faune © David Herrero

La chorégraphie se révèle troublante et sensuelle, opposant la féminité fluide et pourtant parfois désarticulée des deux nymphes, Solenne Monnereau (silhouette idéalement fine) et Kayo Nakasato face à la « lourdeur » suggérée, l’animalité des deux faunes Jeremy Leydier et Simon Catonnet. Ces deux couples se fuient, se caressent, se reniflent donnant lieu à de très beaux tableaux que souligne la musique de Debussy avant que la cassure de rythmes n’amène la cassure des corps. L’entrée de Rouslan Savdenov, juché sur des sortes de sabots surélevés (quelle performance pour le danseur que d’évoluer sur cet artefact !) figure du Minotaure, si chère à Picasso surprend et fige la danse du quatuor qu’il semble transformer en marionnettes que sa pique dirige comme peut le faire celle du picador face au taureau. Et toujours ce voile arachnéen qui oscille et vole au-dessus des danseurs avant de recouvrir la scène. Une chorégraphie plus contemporaine qu’urbaine qui envoute et parfois dérange, mais ne laisse certainement pas indifférent.

Le Train Bleu

Cayetano Soto figure déjà au répertoire du Ballet du Capitole avec Fugaz qu’il était venu présenter en 2019. Répondant à l’invitation de Kader Belarbi, il a choisi parmi les rideaux de scène qui s’offraient à lui, celui du Train Bleu (1922) créé pour un ballet de Bronislava Nijinska, sur la musique de Darius Milhaud et qui porte comme titre « La Course, deux femmes courant sur la plage de Dinard ». De son propre aveu, ni la chorégraphie originale ni la musique de Milhaud n’ont été du goût du chorégraphe. Il s’est centré plus sur le peintre, sur Picasso à travers cette œuvre, qui évoque la liberté, la joie de courir dans le soleil.


Le Train Bleu - Solène Monnereau et Alexandre de Oliveira Ferreira © David Herrero

Conçu en deux parties, le ballet s’ouvre sur un ensemble de danseurs vêtus de longues jupes noires à cerceaux, qui ne sont pas sans rappeler les Ménines, non pas celles de Velázquez, mais l’interprétation qu’en fait Picasso dans son tableau en noir, blanc et gris. Leur déambulation élégante sous une rampe de projecteurs, non pas sur de la musique, mais sur la voix de Picasso répondant à des interviews. Si on se laisse prendre aux jeux des mains et à la lenteur étudiée de la danse, assez vite l’attention se fixe sur la voix du peintre pour essayer de comprendre ce qui est dit, et on en oublie presque la danse. Et le rideau de scène qui apparaît pour la première fois, ouvre sur un autre monde et une succession de variations de style clairement néo-classique. Et c’est la musique de Haendel qui va souligner la virtuosité des danseurs, leur frénésie de danse, leur technique sans faille dans une danse parfois acrobatique où l’on croit voir certaines figures qu’exécutent les patineurs. Des étoiles aux danseurs du corps de ballet tous déploient une énergie insolente. Et en particulier Philippe Solano, étincelant dans toutes ses variations. Dans cette vision, assez éloignée de l’originale, Cayetano Soto nous offre une œuvre foisonnante et énergique, du moins dans sa deuxième partie.

Tablao

Antonio Najarro n’est pas un inconnu pour le Ballet du Capitole puisqu’il était venu travailler sur les danses espagnoles du Don Quichotte de Kader Belarbi. Et le public toulousain avait pu déjà apprécier son talent lorsqu’il dirigeait le Ballet Nacional de España et nous présentait son ballet Alento. Tout naturellement son choix s’est porté sur le rideau de scène Cuadro Flamenco (1921).


Tablao © David Herrero

Son univers se décline entre flamenco, « danza estilizada » (la danse classique espagnole), et la « escuela bolera » (danse d’esprit baroque, extrêmement complexe). Mais que l’on ne s’y trompe pas, la danse classique est à la base de sa formation, comme la plupart des danseurs espagnols. C’était pourtant une gageure pour lui de créer un ballet réunissant tous ces styles espagnols avec des danseurs purement classiques, et ce en deux semaines seulement. Les danseurs ont mis tout leur cœur et leur application dans cette aventure menée de main de maître par le chorégraphe. La tâche fut ardue, le travail intense, mais Antonio Najarro a su galvaniser les danseurs pour qu’ils donnent le meilleur, oubliant l’espace d’un ballet, l’élévation si particulière à la danse classique pour l’ancrage dans la terre de la danse espagnole. Les danses de groupe sont particulièrement réussies. Les danseuses manient châles, éventails et jupes avec une précision parfaites dans le Jaleo et la Tarara.


Tablao © David Herrero

Les danseurs quant à eux font une brillante démonstration dans le Jaleo et Jinete. Il est difficile de souligner ici le travail de l’un ou l’autre de ces danseurs : de Alessandra Surodeeva à Nina de Queiroz, ou de Philippe Solano (avec toujours autant de présence scénique) à Minoru Kaneko, tous ont mérité la salve d’applaudissement qui a salué leur prestation. L’un des moments forts de la soirée fut également le duo de Sofia Caminati et Ramiro Gómez Samón dans la Corrida. Mimant ce jeu du taureau et du matador, le couple évolue dans un combat ou l’amour le dispute à la mort.
Ramiro Gómez Samón manie la cape avec une élégance altière et il a ce « temple », cette grâce si caractéristique du toréador. Sofia Caminati incarne à la fois la puissance et la faiblesse dans ce corps à corps merveilleusement servi par ces deux artistes. Selon ses dires, Antonio Najarro a chorégraphié pour Natalia de Froberville l’un de ces solos d’escuela bolera parmi les plus complexes. La ballerine a énormément travaillé et cela se voit, et pourtant sa grande technique classique n’a pas complètement disparue, et il semble bien que le chorégraphe ait conçu cette chorégraphie en tenant compte de cette spécificité.


Tablao - Ramiro Gómez Samón et Sofia Caminiti © David Herrero

Et le résultat reste très brillant. Pour parachever ce moment espagnol, le chorégraphe avait voulu une musique vivante et avait demandé à José Luis Monzón d’en composer la musique et de l’interpréter à la guitare. Il était accompagné sur scène de María Mezcle, chanteuse à la voix puissante, Thomas Potiron au violon et Odei Lizaso aux percussions flamencas. Quant aux costumes chatoyants du ballet, ils ont été dessinés (comme à son habitude) par le chorégraphe lui-même.
L’ensemble de ce spectacle est en quelque sorte un hommage à la diversité de l’œuvre de Picasso, mais aussi la passion du peintre, assez peu connue, pour la danse. Trois univers de danse pour illustrer trois rideaux de scène du génie espagnol, par trois chorégraphes espagnols, Kader Belarbi a gagné son pari. Si l’idée était audacieuse, car elle offrait aux danseurs une palette inhabituelle et diverse de chorégraphies, avec les risques que cela pouvait comporter, elle se révèle être une belle réussite.

Annie Rodriguez
Article mis en ligne le 12 mars 2022

 

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