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Ballet du Capitole
Rythmes de danse
22/02/2013
 

 

Danse/ Ballet du Capitole – Amour/Amor – Casino Barrière, Toulouse
3 et 4 avril 2015
     
CRITIQUE

Des liaisons dangereusement inégales et
un amour divinement sorcier

L’amour, el amor, mais aussi la duplicité, la sorcellerie, le libertinage et l’onirisme voilà quels étaient les invités de Kader Belarbi pour le nouveau spectacle du Ballet du Capitole. Les Liaisons dangereuses et L’Amour sorcier : la littérature et la légende au rendez-vous de la Danse.

Les Liaisons dangereuses

Cette œuvre majeure du XVIIIème siècle, roman épistolaire qui s’inscrit dans la tradition libertine de ce Siècle des Lumières est une histoire d’intrigue, de pouvoir et de séduction entre les deux sexes qui se livrent une rude bataille dont l’issue sera évidemment tragique.


Les Liaisons Dangereuses avec
María Gutiérrez et Davit Galstyan
© David Herrero
 

Portée plusieurs fois à l’écran et au théâtre, elle devait tôt ou tard intéresser un chorégraphe. C’est ici Davide Bombana qui reprend ce thème. Après la création de sa Carmen en 2006 par le Ballet du Capitole, il répond, en 2011, à la demande de Nanette Glushak, alors directrice de la Compagnie, et commence à travailler sur ce projet. Des raisons personnelles ne lui ont pas permis de le mener à bien à cette époque. Et Kader Belarbi a souhaité reprogrammer cette œuvre pour cette saison. Et c’est donc chose faite. Entrelaçant la musique de Rameau (essentiellement celle de ses grands opéras) et celle très contemporaine de Walter Fähndrich, Davide Bombana met en scène le duel pervers que se livrent la marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont, deux nobles libertins, roués et manipulateurs, qui rivalisent dans la séduction perverse.Ce ballet, Davide Bombana devait l’offrir au Ballet du Capitole lors de la saison 2012, mais des problèmes de santé l’en avait empêché.

Nous le retrouvons donc aujourd’hui pour ce spectacle dont il dit lui-même que « La totalité de l’œuvre est basée sur les rapports sensuels entre les personnages, ce qui va me donner de merveilleuses opportunités pour composer plusieurs pas de deux qui s’intègreront très bien dans la dramaturgie du ballet ». Si l’œuvre littéraire est le point de départ de son travail, il s’appuie aussi sur ses versions filmiques en particulier le Valmont de Milos Forman et Les Liaisons Dangereuses de Stephen Frears. C’est là un très beau cadeau que fait le chorégraphe au Ballet du Capitole. Mais il est vrai que son expérience fort réussie avec Carmen, dont la Compagnie avait brillamment assuré la création en 2006, fait qu’il retrouve avec un immense plaisir les danseurs toulousains.



Les Liaisons Dangereuses avec Lauren Kennedy et Shizen Kazama © David Herrero

La chorégraphie donne lieu, en écho aux lettres échangées par les protagonistes, à de nombreux pas de deux au fur et à mesure que Valmont séduit, à l’instigation de Madame de Merteuil, la jeune Cécile de Volanges, tout juste sortie du couvent, ou la très pieuse Madame de Tournel dont il tombera amoureux mais que le jeu cynique qu’il mène avec la marquise les conduira à leur perte. Quelques ensembles viennent ponctuer l’action épisodiquement, sans pour autant présenter un grand intérêt chorégraphique (la scène de la fête notamment). Les deux distributions que nous avons pu voir ont ceci de particulier qu’elles nous ont donné l’impression d’assister à deux œuvres totalement différentes. Dans la première, les deux débauchés sont dansés par María Gutiérrez et Davit Galstyan. Le Valmont de Davit est un Don Juan idéalement cynique et jouisseur, avec pourtant cette pointe d’humanité que suscite chez lui l’amour que lui porte la Présidente de Tournel, interprétée avec retenue et gravité par Julie Loria, victime innocente des deux libertins. Lauren Kennedy est la tendre Cécile de Volanges avec ce qu’il faut de naïveté face à Valmont, de fraîcheur avec le chevalier Danceny (Shizen Kazama, aussi à l’aise en amoureux qu’en rival vengeur).


Les Liaisons Dangereuses avec Julie Loria et Davit Galstyan © David Herrero
 
Mais en réalité tout le ballet repose sur les frêles (en apparence seulement) épaules de María Gutiérrez. Avec elle l’argument devient limpide. Tour à tour araignée tissant sa toile, mante religieuse s’apprêtant à dévorer le mâle qui passe à sa portée pour « venger son sexe », manipulatrice auprès de la jeune Cécile, elle est fascinante, magnifiquement maléfique et pourtant faillible face à Valmont. Nous ne reviendrons pas sur sa technique, toujours aussi sûre. Ce qui est impressionnant chez cette danseuse ce sont ses dons d’interprétation dramatique. Quel que soit le personnage qu’elle interprète, elle sait toujours trouver le geste, l’expression, la mimique parfaite. Bouleversante Gisèle ou espiègle Alice, émouvante Inès de Castro ou insupportable Mégère, elle sait tout faire.
La deuxième distribution (par laquelle nous avons commencé, il est vrai) nous a donné une toute autre image. En réalité nous avons parfois frôlé l’ennui.
Encore une fois, la technique des danseurs n’est nullement en cause. Julie Charlet était Madame de Merteuil ; elle nous a paru un peu trop «lisse», trop souriante, pas assez froide et calculatrice. A ses côtés, Takafumi Watanabe est un Valmont élégant et racé mais à qui il manque la rouerie et le cynisme si caractéristiques du personnage. La Madame de Tournel de Juliette Thélin est tout empreinte de dignité et de respectabilité mise à mal par Valmont. Retenons la Madame de Volanges image noble dansée avec beaucoup d’élégance par Solène Monereau. Tout cela faisait un ensemble trop conventionnel, manquant d’émotion. Pour un spectateur n’étant pas au fait de l’œuvre littéraire, la compréhension du sujet a dû vraisemblablement présenter quelques difficultés. Les costumes offrent un XVIIIème siècle stylisé qui n’était pas sans intérêt. Un lit dangereusement incliné annonce de façon fort symbolique la chute finale de l’ensemble des protagonistes. Le décor entièrement blanc, ponctué parfois d’éléments rappelant l’époque du récit (candélabres, clavecin…) sert d’écran à des projections colorées, dont nous n’avons pas compris, pour notre part, toute la portée. Deux soirées d’intérêt inégal, mais n’est-ce pas l’un des risques de toute œuvre artistique ?


L'Amour sorcier © David Herrero

L’Amour sorcier.

La deuxième partie de la soirée nous entraînait dans le monde des gitans andalous, leurs contes, leurs superstitions. Ecrit au retour de Paris où le compositeur, Manuel de Falla, parti pour une semaine, y demeura sept ans, L’Amour sorcier s’inspire de ces récits que les anciens transmettent au cours de ces veillées souvent autour du feu d’un campement qui réunit la tribu. Empreinte de cette nouvelle simplicité que prônait Debussy à cette époque-là, plongeant profondément dans les racines musicales et poétiques gitanes, l’œuvre célèbre cette année, presque jour pour jour, son 100ème anniversaire. Elle fut en effet créée à Madrid le 15 avril 1915. C’est Pastora Imperio chanteuse et danseuse qui fut à l’origine de cette pièce. Si dans un premier temps, l’œuvre fut un échec, Manuel de Falla la réécrivit en partie, passant d’une œuvre pour orchestre de chambre à une œuvre pour orchestre symphonique. La version définitive du ballet fut donnée à Paris en 1925, dansée par la célèbre Argentina.


L'Amour sorcier avec Juliette Thélin et Demian Vargas © David Herrero
O
Falla en fit une suite orchestrale en omettant les parties chantées. Après Antonio Gadés et Victor Ullate, Thierry Malandain reprend cette histoire d’amour et de passion, de larmes, de désespoir, de sorcellerie et de séduction où l’amour et la mort s’affrontent à travers la Danse. Pourtant, contrairement à ses prédécesseurs il ne s’attache pas aux détails de l’histoire. Sa vision est une vision poétique et onirique de cette légende, donnant la part belle aux ensembles, faisant de Candela et Carmelo une émanation du groupe plutôt que réellement les héros. Sur un tapis de pétales couleurs de cendres, réminiscence du feu, de la mort, Thierry Malandain brode une chorégraphie extrêmement exigeante tant sur le plan technique que sur la coordination d’ensemble. Les formations se mettent en place avec une rigueur remarquable. Les 16 danseurs de la Compagnie sont exemplaires d’homogénéité.
Les rôles de Candela et Carmelo étaient dansés en alternance par Juliette Thélin et Demian Vargas, puis par Lauren Kennedy et Shizen Kazama. Ces deux couples assurent avec brio leurs pas de deux. Les deux premiers danseurs font montre d’une présence en scène et d’une entente artistique remarquables. Ils s’approprient avec bonheur  cette chorégraphie, et sont l’expression parfaite de cet amour purifié par les flammes lors de cette si célèbre Danse rituelle du Feu. Lauren Kennedy et Shizen Kazama en donnent une version plus juvénile, moins pénétrée peut-être, mais non sans intérêt.


L'Amour sorcier © David Herrero

Et l’on se surprend à dire à la fin du ballet un « déjà ! », tant l’atmosphère, les costumes, la lumière ont pris dans leurs rets un public que la date des représentations (en plein week-end pascal ! mais ce genre de choix est récurent pour le ballet !!!) n’a pas découragé. Peut-être pourrions exprimer ici un regret : pourquoi ne figurent pas sur le programme, extrêmement fouillé par ailleurs, les noms des interprètes de musiques enregistrées afin que le public puisse éventuellement acquérir la version des œuvres présentées lors du spectacle ?

Annie Rodriguez
Article mis en ligne le 16 avril 2015

 

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Renseignements et réservations :

www.theatreducapitole.fr
+33 (0)5 61 63 13 13

 
Représentations :

2, 3, 4, 5 avril – Casino Barrière Toulouse
 
 
Les saisons musicales
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