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Edgar Moreau, violoncelle
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Les Sacqueboutiers
Jean Tubéry, cornetto
Gwendolyn Toth, orgue
12/06/2018
Dialogue aux Carmélites
Clara Cernat, violon
Thierry Huillet, piano
Luc Ferry, philosophe
10/06/2018
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Orféon Donostiarra
08/06/2018
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Grigory Sokolov, piano
04/06/2018
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Nicholas Angelich, piano
02/06/2018
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Orchestre du Capitole
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18/05/2018
Orchestre du Capitole
Clemens Schuldt, direction
Baiba Skride, violon
12/05/2018
 
 

 

Concerts/ Toulouse Wind Orchestra / Mathieu Romano, direction,
Alexandre Gattet, hautbois - 26 octobre
2018
     

CRITIQUE

Triptyque gagnant pour le Toulouse Wind Orchestra

L’orchestre d’instruments à vent de Toulouse, autrement dit le Toulouse Wind Orchestra, retrouve le public toulousain les 26 et 27 octobre dernier. Dès le 26, un auditorium Saint-Pierre des Cuisines plein à craquer témoigne de l’attraction exercée par cet orchestre éminemment sympathique sur un large public au sein duquel se mêlent jeunes enfants et afficionados déclarés des instruments à vent.

Fondé en 2015, le Toulouse Wind Orchestra est un authentique orchestre symphonique d’instruments à vent (et pas seulement, puisqu’il comporte également un pupitre de violoncelles et de contrebasses) déjà bien reconnu et identifié dans le paysage musical toulousain, français et international. Classé troisième mondial au World Music Contest de Kerkrade en Hollande en 2017, l’orchestre a donné depuis sa création une dizaine de concerts de haut niveau, accompagnant des solistes de grand talent, et proposé à ses publics des programmes variés et adaptés à un auditoire caractérisé par sa diversité.
Les concerts des 26 et 27 octobre réunissent comme à l’accoutumée des membres d’orchestres prestigieux tels que l’Orchestre de la Suisse Romande, l’Orchestre national du Capitole de Toulouse ou l’Orchestre National de Lyon, mais également des musiciens d’orchestres militaires (Musique des Parachutistes de Balma, Musique des Forces Aériennes de Bordeaux, Garde Républicaine), des enseignants de conservatoires et écoles de musique ou encore des musiciens s’illustrant sur les grandes scènes de musique actuelle en France ou à l’étranger. Ces musiciens sont dirigés cette fois par un jeune chef de la nouvelle génération qui aborde tout autant musique vocale et instrumentale, Mathieu Romano.



Le Toulouse Wind Orchestra sous la direction Mathieu Romano
- Photo Classictoulouse -
O

Le programme de cette double session toulousaine est composé d’œuvres spécifiquement écrites pour ce type de formation et d’une pièce transcrite pour elle. La soirée s’ouvre sur un poème symphonique de Florent Schmitt, ce contemporain de Debussy et Ravel, trop méconnu du grand public. Cette partition effervescente, intitulée Dionysiaques et créé en 1925 par la musique de la Garde Républicaine, évoque l’exubérance des fêtes de la Rome antique en l’honneur du dieu du vin et de la fertilité Dionysos, autrement dit Bacchus. L’écriture de Florent Schmitt part de l’inquiétude initiale, traduite par d’impressionnants tubas, et conduit l’œuvre vers une explosion de rythmes et de couleurs. Chaque pupitre se trouve sollicité dans ses spécificités de timbres. En particulier, l’intervention des bassons évoque une allusion au célèbre Apprenti Sorcier de Paul Dukas.
Le cœur du concert est occupé par une création mondiale qui témoigne de la vitalité de cette instrumentation. Le compositeur et chef d’orchestre Gabriel Philippot répond, avec son concerto pour hautbois et orchestre à vents, à une commande du Toulouse Wind Orchestra. Auteur de musique instrumentale mais aussi d’opéras, Gabriel Philippot a conçu pour la formation toulousaine une partition en trois mouvements à laquelle l’excellent hautboïste Alexandre Gattet prête son talent reconnu. En effet Alexandre Gattet, issu du Conservatoire de Toulouse et premier hautbois solo de l’Orchestre de Paris, a été en 2002 lauréat du prestigieux concours de l’ARD de Munich. Il s’empare de cette création avec autorité et musicalité. L’Allegro giocoso initial porte bien son nom. Joie et tendresse alternent dans une écriture où domine la tonalité lumineuse de La majeur. Une cadence raffinée met en évidence la volubilité du jeu du soliste. Dans le deuxième mouvement, le hautbois déploie son sens du lyrisme. Un solo d’euphonium dialogue poétiquement avec la mélancolie suggérée par le jeu du soliste. Le final s’enchaîne sans interruption. Sur un rythme de tarentelle, le hautbois solo dialogue avec l’orchestre non sans une certaine dose d’humour, un peu dans le style caractéristique d’un Francis Poulenc. Tout au long de cette création, Alexandre Gattet, longuement acclamé par le public, brille par la clarté de sa sonorité, ainsi que par la virtuosité et la fluidité de son phrasé.



Le hautboïste Alexandre Gattet, soliste du concerto de Gabriel Philippot
- Photo Classictoulouse -

La dernière œuvre au programme est la seule dont la version originale est destinée à un grand orchestre symphonique comprenant une large section d’instruments à cordes. Il s’agit du fameux poème symphonique d’Ottorino Respighi, Les Pins de Rome. Composée en 1924, cette brillante partition fait partie du triptyque à la gloire de la Ville éternelle avec Les Fontaines de Rome et Les Fêtes romaines. C’est au Le compositeur-arrangeur japonais Yoshihiro Kimura que l’on doit la superbe adaptation de la partition de Respighi pour orchestre d’harmonie. La transcription s’avère si convaincante que l’on pourrait croire qu’il s’agit là d’un autre original ! L’effervescence joyeuse de l’ouverture pétille comme un excellent Chianti. La succession des épisodes qui composent la partition donne à chaque pupitre l’occasion de briller de mille feux. On remarque notamment l’intervention poétique de la trompette de coulisse, la finesse et la musicalité impeccable du premier clarinettiste. Un moment de pure poésie accompagne la diffusion diaphane du chant du rossignol (chant enregistré) qui conclut l’évocation des pins du Janicule. Enfin, le long crescendo des pins de la via Appia, admirablement ménagé, donne le frisson. Cet éclatant final emplit littéralement l’acoustique généreuse de l’auditorium. Une ovation générale salue cette belle exécution. Au point de ramener sur scène l’ensemble des musiciens pour un bis bienvenu, en l’occurrence Mothership, du jeune compositeur américaine Mason Bates. Dans cette pièce virtuose, les solistes des différents pupitres sont appelés à briller de tous leurs feux.
Bravo au Toulouse Wind Orchestra et à son chef de la soirée Mathieu Romano qui reçoit légitimement l’hommage de tous les musiciens !

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 28 octobre 2018

 

infos
 
 

Renseignements et réservations :

http://www.toulouse
windorchestra.com/

Programme des concerts donnés les 26 et 27 octobre 2018 à 20 h 30 à l'auditorium Saint-Pierre des Cuisines de Toulouse :

* F. Schmitt
- Dyonisiaques

* G. Philippot
- Concerto pour hautbois et orchestre

* O. Respighi
- Les Pins de Rome
 
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