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Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
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24/02/2017
Orchestre L'Enharmonie
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Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
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17/02/2017
Orchestre du Capitole
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Clefs de Saint-Pierre
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Orchestre du Capitole
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13/01/2017
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Orchestre du Capitole
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13/12/2016
Les Amis des Orgues
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Grands Interprètes
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10/12/2016
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
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03/12/2016
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01 et 02/12/2016
Musique au Palais
Bach, Mozart, Beethoven
Un Voyage en Russie
26 et 27/11/2016
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
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24/11/2016
Clefs de Saint-Pierre
Le trombone à travers
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21/11/2016
Orangerie de Rochemontès Orianne Moretti,soprano
Ilya Rashkovskiy, piano
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20/11/2016
Grands Interprètes
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La Voce Strumentale
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19/11/2016
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Le Roman de Jaufre
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Le Concert des Nations
16/11/2016
Orchestre du Capitole
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Orchestre du Capitole
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29/10/2016
Les Sacqueboutiers
Rencontre Internationale
des Cuivres Anciens
20 au 23/10/2016
 
 

 

Concerts / Concert à l'Orangerie de Rochemontès - Orianne Moretti,
Ilya Rashkovskiy - Concert de Gala - 20 novembre 2016
     

CRITIQUE

Les flamboyants derniers feux

Les 20ème et 21ème manifestations de la série des concerts à l’Orangerie de Rochemontès ont célébré dignement et avec ferveur la fin de ce long voyage musical et convivial imaginé et mis en œuvre avec passion par Catherine Kauffmann-Saint-Martin. Pour son dernier des dimanches à la campagne, devenus au cours de ses cinq années d’existence une véritable institution, la fondatrice est parvenue à réunir une distribution artistique exceptionnelle. Ainsi de nombreux musiciens, conquis par cette pratique hors norme et par leur précédente participation, ont généreusement répondu présents à son invitation.

Le beau domaine de Rochemontès a donc accueilli, pendant les cinq années de son existence, la très originale série de ces concerts dominicaux. La magie du lieu, la convivialité de l’organisation, l’ouverture des programmes à tous les styles de musique et de formations instrumentales ou vocales ont attiré à Seilh, un public fidèle et heureux de se retrouver dans son bâtiment de charme du XVIIIème siècle.
Le 20 novembre, dernier des dimanches à la campagne, deux manifestations différentes étaient organisées. A 16 h 30, le concert prévu de longue date, animé par Orianne Moretti, soprano et mise en scène, et Ilya Rashkovskiy, piano, était consacré à la personnalité de Clara Schumann. La soirée, riche en émotions s’achevait ensuite sur un véritable gala animé par les artistes prestigieux qui se sont succédé, au cours des saisons, dans cet écrin accueillant.



Orianne Moretti et Ilya Rashkovskiy © Jean-Jacques Ader

« A travers Clara »

Un véritable spectacle attendait le public curieux. Conçu, mis en scène et animé par Orianne Moretti, cet opéra de chambre, consacré au couple Schumann, se construit sous nos yeux et nos oreilles d’après la correspondance échangée entre Robert et Clara et leur journal intime. La grande originalité de la démarche repose sur l’universalité et la richesse des multiples talents d’Orianne Moretti. Metteur en scène, actrice, soprano, formée à la danse et au violon, la jeune artiste est rejointe ici par l’excellent pianiste d’origine russe Ilya Rashkovskiy. Ainsi se déroule, comme dans l’intimité d’une confidence, le récit de l’intense relation qui a uni ce couple exceptionnel formé par le compositeur, peu à peu gagné par la folie, et sa bien-aimée devenue, après une lutte familiale éprouvante, son épouse vénérée.
Le récit, élaboré et scéniquement incarné par Orianne Moretti, trouve sa substance dans les lettres échangées, et dans le journal intime de Clara. L’actrice se glisse avec une profonde sensibilité dans la peau de la femme qui accompagne son compagnon aimé des premiers émois jusqu’à sa mort tragique. Ce poignant récit est soutenu par le piano d’Ilya Rashkovskiy auquel s’associe par instants la voix intense de soprano d’Orianne Moretti. L’essentiel de la musique jouée est celle de Clara Schumann, qui fut non seulement une pianiste virtuose mais aussi une compositrice de grand talent dont l’héritage reste à diffuser plus largement qu’il ne l’est. Alternent ainsi de courtes pièces pour piano et d’admirables lieder qui balisent le déroulement de la vie du couple. Quelques pièces de Robert Schumann s’intercalent, de même qu’une fugue de J. S. Bach, explicitant ainsi les termes d’un texte d’une troublante sensibilité. Comme un long crescendo suivi d’un tragique decrescendo, ce spectacle émouvant doit autant à la trame originale qu’à la contribution inspirée des deux protagonistes. L’émotion accumulée tout au long du spectacle se traduit finalement par une ovation, largement méritée, de toute l’assistance.



Ensemble Les Passions : Yasuko Bouvard, Jean-Marc Andrieu, Luarent Le Chenadec
© Jean-Jacques Ader

La grande rétrospective

Présentée par François Castang, Monsieur Loyal particulièrement en verve, la soirée de gala réservait son lot de surprises et de retour vers un passé chaleureux. Ponctué par des interventions pleines de gratitude de Catherine Kauffmann-Saint-Martin en direction de tous ceux qui ont rendu possible cette belle aventure, la succession des artistes et groupes de musiciens ayant contribué à sa réussite trace une trajectoire révélatrice de son étonnante diversité.
La musique ancienne ouvre le ban avec Jean-Marc Andrieu, flûte à bec, Yasuko Bouvard, clavecin et Laurent Le Chenadec, basson. Les deux « souffleurs » réalisent une époustouflante démonstration de virtuosité instrumentale, autour de pièces de Tarquinio Merula et François Couperin qui assimilent les instruments à des oiseaux en folie.



Laure Urgin, Frédéric Denépoux, Magali Léger © Jean-Jacques Ader

L’Espagne sert de toile de fond à l’intervention de charme de la soprano Magali Léger, de la conteuse Laure Urgin et du guitariste Frédéric Denépoux. Federico Garcia Lorca, Manuel de Falla, Enrique Granados leur fournissent les couleurs d’un tableau chaleureux et ardent, dans lequel les sourires se lisent sur tous les visages : c’est en particulier le cas avec  Le récit du pêcheur et Nana, de Falla, ou encore le conte « pour enfants simplets », La Poule, de Garcia Lorca.
C’est vers l’Argentine que se dessine l’étape suivante de ce grand voyage. Après un texte d’Eugenio Mandini sur Les danseurs de tango, traduit et lu par Solange Bazely, Clara Cernat et Thierry Huillet offrent le magnifique cadeau d’une création musicale. Celle de la version pour piano et violon de la partition intitulée Buenos Aires, de Thierry Huillet. Déjà jouée sous sa forme symphonique et accompagnée par un orchestre à cordes, elle est ici dévoilée dans sa version violon-piano, dont l’avantage réside dans la présence du compositeur lui-même au piano ! La pièce profondément liée à un lieu, Buenos Aires en l’occurrence, et d’une tradition qui lui colle à la peau, le tango, ne se contente pas d’une évocation folklorique ou couleur locale. Thierry Huillet au piano et le jeu enflammé, incandescent de Clara Cernat au violon brossent un portrait dont la force, la violence même des couleurs n’éludent pas les drames sous-jacents. Un grand moment !



Thierry Huillet, Clara Cernat © Jean-Jacques Ader

La détente bienvenue est apportée par la complicité de la soprano Martine Gonzalez et du pianiste François Rui-Barotte. L’humour en chanson réjouit le cœur et l’esprit. Neurasthénie, de Ricet Barrier, Les Amis de Monsieur, d’Henri Fragson et Ça m’fait quelqu’chose, de Francis Lopez, donnent toute la mesure du talent de ce duo, présent à Rochemontès pour la première fois.
François Castang lui-même et le pianiste Jérémie Honnoré visitent ensuite le monde iconoclaste d’Erik Satie. Les textes du gentleman d’Arcueil défient la logique, manient l’humour froid jusque dans les titres de ses œuvres. François Castang explore ceux qui se réfèrent à la musique, avec Le journée du musicien ainsi que Les enfants musiciens. A la suite de deux des célèbres Gnossiennes, il s’associe à Jérémie Honnoré pour brosser un portrait édifiant dans La sonatine bureaucratique.



Jérémie Honnoré, François Castang © Jean-Jacques Ader

On retrouve Thierry Huillet dans le rôle d’accompagnateur de Sandrine Tilly, dont le talent brille au poste de flûte solo de l’Orchestre national du Capitole. Leur interprétation de la splendide sonate pour flûte et piano de Francis Poulenc en dévoile tous les secrets. Voici une œuvre dont l’apparence « aimable » cache une profonde nostalgie parfois proche de la tragédie. Les deux Haïkus pour flûte, violon et piano, de Thierry Huillet, avec la complicité de Clara Cernat, complètent habilement les beautés de la sonate.
Erik Satie revient sur le devant de la scène avec la belle transcription de la Gnossienne I, effectuée pour son instrument par le guitariste Sébastien Llinarès qui joue également une pièce solaire de Joachim Turina, Rafaga. Orianne Moretti et Ilya Rashkovskiy retrouvent leur complicité pour évoquer les deux origines généalogiques de la chanteuse, à travers deux mélodies populaires, l’une polonaise, l’autre corse. Un aimable dépaysement.



Conclusion chantée par tous les artistes et le public © Jean-Jacques Ader

C’est Ilya Rashkovskiy qui conclut (presque !) ce voyage à travers l’histoire des Concerts à l’Orangerie, avec l’un des épisodes du recueil de Tchaïkovski Les Saisons. La douceur nostalgique de la barcarolle Juin convient parfaitement à cette rétrospective.
Mais c’est à l’association hautement symbolique des musiciens et de tout le public que revient le dernier mot. Sous la direction magistrale de Jean-Marc Andrieu, assistance et artistes entonnent à pleine voix la fameuse Barcarolle de l’opéra de Jacques Offenbach Les Contes d’Hoffmann. L’harmonie parfaite (ou presque) conclut ce long rappel d’une aventure qui laisse tous les participants heureux et nostalgiques. Merci Catherine !

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 22 novembre 2016

 

infos


Renseignements, réservations :

http://concert
arochemontes.festik.net


www.concertclassic.com

Site Internet
:

http://concert
arochemontes.org/


Direction artistique :
 
Catherine Kauffmann-Saint-Martin :
- tél. : 06 81 46 37 21

Courriel : cksm@orange.fr

 
 
 
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