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Concerts / Orchestre de Chambre de Toulouse - Gilles Colliard, violon et direction - Anne Gaurier, viole de gambe - 16 novembre 2017
     

CRITIQUE

Les subtiles beautés de la viole de gambe

L’Orchestre de Chambre de Toulouse, sous la direction de Gilles Colliard, donne la parole à un instrument à cordes (six en l’occurrence) qui, bien que né dans la région de Valence en Espagne à la fin du 15ème siècle, a connu une sorte d’apogée de la fin du 17ème siècle et au début du 18ème. Anne Gaurier, violiste virtuose, participe à cette mise en valeur, autant musicale qu’historique, à travers un programme varié et original.

Comme le précise Gilles Colliard dans sa présentation, la viole de gambe n’est en rien l’ancêtre du violoncelle. Les deux instruments ont cohabité pendant plusieurs siècles. Ils ont même contribué, à leur corps défendant, à une étrange guerre musicale au cours de laquelle la famille des violons tente de se substituer à celle des violes dans le cœur et la pratique des musiciens et des mélomanes. La France est longtemps restée le soutien majeur de la viole, alors que l’Italie faisait les yeux doux au violon.



Gilles Colliard, soliste, et l'Orchestre de Chambre de Toulouse - Photo Classictoulouse -

Anne Gaurier, experte en matière de cordes graves, brillante violoncelliste et gambiste raffinée, fut longtemps titulaire de l’Orchestre de Chambre de Toulouse de 2007 à 2014 à l’archet de violoncelle. Premier prix du concours Vatelot-Rampal, diplômée de la Hochschule de Freiburg avec félicitations, Anne Gaurier possède un vif intérêt pour le répertoire baroque. Elle oriente sa carrière vers la musique ancienne, et en particulier vers la viole de gambe qu’elle pratique avec ardeur et finesse.
Le programme de la série de concert de novembre de l’OCT illustre ainsi joliment la dualité pacifique qui s’est établie entre la viole de gambe française et le violon italien. Sans pour autant éluder les passerelles entre les deux familles.
Ainsi le concert s’ouvre sur une « Fantaisie chorégraphique » de Jean-Féry Rebel. Ce compositeur imaginatif s’est fait un nom avec sa « Symphonie de danse » intitulée Les Eléments dont le prologue, Le Chaos, constitue une stupéfiante énigme. Avec « Les caractères de la Danse », pièce offerte ici en ouverture, le compositeur passe en revue les principales pratiques chorégraphiques de ce début du 18ème siècle. Le violon soliste, tenu par Gille Colliard, y déploie une éblouissante virtuosité. L’ensemble à cordes manifeste une vigueur, une énergie qui explosent véritablement dans une incroyable musette imitative.



Anne Gaurier, viole de gambe, et Eva Del Campo Cassé, clavecin
- Photo Classictoulouse -

Le cœur de cet hommage à la viole de gambe bat au rythme des deux personnalités françaises les plus significatives de cet instrument de la confidence : Marin Marais, qualifié parfois d’ange de la viole, et Antoine Forqueray, qui jouait « comme un diable » selon Hubert le Blanc (1740). Le premier a connu une gloire posthume grâce au fameux film d’Alain Corneau « Tous les matins du monde » qui mettait en scène les péripéties de sa vie. Extrait du Livre III de ses pièces de viole, Anne Gaurier joue tout d’abord Prélude et Grand Ballet, une suite de danse proche d’une série de variations. Accompagnée par la basse continue du clavecin touché avec finesse par Eva Del Campo Cassé, la violiste transcende les difficultés techniques d’une partition qui ménage de subtiles oppositions d’atmosphère.
La 2ème Suite pour viole de gambe et basse continue, d’Antoine Forqueray, prolonge cette intimité pleine d’une éloquence très « Grand siècle ». Véhémence et délicatesse s’opposent et se marie. L’extrême virtuosité requise se traduit souvent par une multiplication des passages en double, voire triple, cordes que l’interprète franchit avec panache. Les étranges silences qui balisent le final confèrent à l’œuvre un certain dramatisme.
Une incursion en Italie vient alimenter cette opposition entre les caractères nationaux de l’époque. Le 12ème Concerto en mi majeur pour violon et cordes, extrait du grand livre de l’Estro Armonico d’Antonio Vivaldi, replace au premier plan la virtuosité accomplie exigée du soliste. L’alternance traditionnelle vif-lent-vif donne à Gilles Colliard l’occasion de déployer son jeu pétillant et lyrique.



Anne Gaurier, soliste du concerto de Tartini - Photo Classictoulouse -

Rare partition italienne de cette époque donnant la parole à la viole de gambe, le Concerto en ré majeur de Giuseppe Tartini se révèle plein de surprises. Les mouvements vifs extrêmes exploitent la vivacité dont l’instrument soliste est capable, lui fournissant en outre le cadeau de cadences imaginatives. Mais on admire surtout la profonde beauté du mouvement lent, joué ici avec les affects qui conviennent, s’ouvrant à l’expression de la douleur. Les échanges entre l’instrument soliste et le tutti prennent des allures de dialogue animé dans le final vif et joyeux.
C’est sur un retour vers la France un peu plus tardive que s’achève le programme de ce concert. Le concerto pour violon et cordes op. 4 du Chevalier de Saint-Georges est l’œuvre d’un personnage haut en couleurs au destin fabuleux. Né esclave, mulâtre... mais aussi virtuose du violon, compositeur, escrimeur hors pair, nageur infatigable, et grand séducteur, Georges Boulogne de son vrai nom fut baptisé « Le nègre des lumières ». Sa musique réalise une transition caractéristique entre le style baroque et l’esthétique d’un classicisme à la Mozart. La plus démesurée des virtuosités imprègne toute l’écriture soliste de son concerto. Alors qu’un lyrisme touchant imprègne le volet central, les premier et dernier mouvements exigent du violon l’ambitus le plus extrême, un déploiement de pirouettes invraisemblables qui n’effraient pas Gilles Colliard, orfèvre en la matière.
Cédant aux applaudissements nourris du public, Gilles Colliard, Anne Gaurier et l’ensemble des musiciens offrent en bis une pièce, allemande cette fois, qui mêle la viole et les cordes : une « Trompette » de Georg Philipp Telemann au cours de laquelle s’instaure un passionnant dialogue entre les deux instruments rivaux, le violoncelle et la viole de gambe. Enfin réconciliés !

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 17 novembre 2017

 

 

infos
 

Renseignements et réservations :

Orchestre de Chambre de Toulouse

Tél: 05 61 22 16 34

www.orchestredechambre
detoulouse.fr/



Programme des concerts donnés à 20 h 30 les 8 et 9 novembre 2017, à l'Escale de Tournefeuille, les 16 et 17 novembre 2017 à l'auditorium Saint-Pierre des Cuisines de Toulouse

* Jean-Féry Rebel
- Les Caractères de la Danse

* Marin Marais
- Prélude et Grand ballet (3e livre) pour viole de gambe

* Antoine Forqueray
- 2e suite pour viole de gambe et basse continue

* Antonio Vivaldi

- Concerto pour violon et cordes en mi majeur

* Giuseppe Tartini
- Concerto pour viole de gambe

* Chevalier de Saint-George

-Concerto pour violon opus 4 en ré majeur

 
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