www.classicToulouse.com
Annonces
 
Association Aïda
Saison 2020-2021
30/06/2020
Association Aïda
Orchestre nat. du Capitole
11/06/2020
Les Arts Renaissants
Yasuko Uyama-Bouvard
Orchestre Les Passions
Jean-Marc Andrieu, dir.
29/09/2020
Le forum ByPass
Vocalismes
13 au 20/11/2020
Jean-Claude Guidarini
In memoriam
10/04/2020
Le projet DÉMOS
Présentation
07/10/2019
 
Critiques
 
Orchestre nat. du Capitole
Concert exceptionnel
David Fray, dir. et piano
Audrey Vigoureux,
Emmanuel Christien,
Jacques Rouvier, pianos
02/07/2020
Orchestre nat. du Capitole
Concert exceptionnel
Tugan Sokhiev, direction
Bertrand Chamayou, piano
26/06/2020
Orchestre nat. du Capitole
Concert exceptionnel
Renaud Capuçon, violon
19/06/2020
Le Consort Apollon
Clément Lanfranchi, dir.
09/03/2020
Orchestre du Capitole
Cornelius Meister, dir.
Josef Špaček, violon
05/03/2020
Grands Interprètes
Julien Martineau,
mandoline
Vanessa Benelli Mosell,
piano
02/03/2020
Orchestre du Capitole
Kahchun Wong, direction
28/02/2020
Les Arts Renaissants
Ensemble Tictactus
26/02/2020
Les Clefs de Saint-Pierre
Ombres portées
24/02/2020
Orchestre du Capitole
Maxim Emelyanychev, dir.
Fumiaki Miura, violon
21/02/2020
Orchestre du Capitole
Pascal Rophé, direction
Renaud Capuçon, violon
15/02/2020
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Orfeón Donostiarra,
Jeanine de Bique, soprano
Christa Mayer, mezzo

08/02/2020
Grands Interprètes
Martha Argerich, piano
Mischa Maisky, violoncelle
06/02/2020
Toulouse Guitare
SoloDuo
31/01/2020
Les Arts Renaissants
Patricia Petibon, soprano
Susan Manoff, piano
30/01/2020
Les Clefs de Saint-Pierre
Couleurs d'exil
20/01/2020
Grands Interprètes
Thibaut Garcia, guitare
Christian-Pierre La Marca,
violoncelle
14/01/2020
Orchestre du Capitole
Josep Pons, direction
Javier Perianes, piano
10/01/2020
La Saison Bleue
Alexandre Pascal, violon
Théo Fouchenneret, piano
07/01/2020
Grands Interprètes
Ensemble Pygmalion
Raphaël Pichon, direction
16/12/2019
Toulouse Guitare
Les Frères Méduses et
Jennifer Choi
13/12/2019
Les Arts Renaissants
Il Giardino Armonico
Giovanni Antonini, dir.
10/12/2019
Maîtrise de Toulouse
Les Sacqueboutiers
07/12/2019
Grands Interprètes
Les Musiciens du Louvre
Marc Minkowski, direction
02/12/2019
Musique au Palais
Visages du Romantisme
Allemand
23 et 24/11/2019
Orchestre du Capitole
Ben Gernon, direction
Sol Gabetta, violoncelle
22/11/2019
Grands Interprètes
Grigory Sokolov, piano
19/11/2019
Les Sacqueboutiers
Ensemble C. Janequin
Théâtre du Capitole
"Plaisir de gorge et joyeux
instruments"
17/11/2019
Les Arts Renaissants
Richard Galliano,
Prague String Quintet
14/11/2019
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Victor Julien-Laferrière,
violoncelle
08 et 09/11/2019
Le forum ByPass
La Nuit Acousmatique
04/11/2019
 

 

Concerts/ Grands Interprètes / Les Musiciens du Louvre, Marc Minkowski, direction - 2 décembre 2019
     
 
COUP DE CŒUR

CRITIQUE

Anthologique Ariodante

Plus de vingt ans après en avoir réalisé un enregistrement légitimement salué en son temps, Marc Minkowski et ses Musiciens du Louvre revisitent le chef-d’œuvre de Haendel, Ariodante, en version de concert, avec une distribution vocale qui renouvelle le propos. Ce quatrième concert de la saison des Grands Interprètes a passionné le public de la Halle aux Grains que la durée de la soirée (près de quatre heures !) n’a en rien rebuté.

Créé en 1735 au Covent Garden de Londres, Ariodante est l’un des opéras serias les plus inspirés de Georg Friedrich Haendel. Cet ouvrage anglais, chanté en italien, d’un compositeur allemand réunit toutes les caractéristiques de l’art lyrique baroque européen. Sur les bords de la Tamise, le patronyme du compositeur devient d’ailleurs George Frideric Handel.



L'ensemble des chanteurs et Les Musiciens du Louvre, dirigés par Marc Minkowski
- Photo Classictoulouse -

Marc Minkowski, expert en « haendélisme » choisit de réunir un orchestre copieux et confortable. Une quarantaine de ses Musiciens du Louvre occupent ainsi la partie antérieure du plateau de la Halle aux Grains et y réalisent un commentaire instrumental à la fois raffiné et attentif au déroulement de l’action. Une scène surélevée, située à l’arrière, constitue l’espace où jouent, chantent et s’affrontent les protagonistes de ce drame « joyeux ». En outre, lorsqu'un personnage délivre l’une de ces "arias da capo" typiques qui composent l’essentiel de l’ouvrage, il avance au sein de l’orchestre, tout près du chef. Cette double intervention constitue une bonne alternative à la représentation scénique complète, difficilement réalisable ici.
Dès l’ouverture, menée avec vigueur et relief par Marc Minkowski, les couleurs de l’orchestre font merveille. La rondeur soyeuse des cordes, la douceur des flûtes, la verdeur et la virtuosité des hautbois, la belle assise soutenue par les bassons et la richesse d’un continuo opulent (avec deux clavecins !), tous excellents de bout en bout, soutiennent l’action et les affects avec ferveur. Les interventions plus épisodiques des cors et de la trompette (instruments naturels bien évidemment) enrichissent encore les sonorités orchestrales. Le chef, en maître d’œuvre omnipotent, choisit avec habileté, rigueur et souplesse, les tempi et les phrasés qui font vivre la musique.



La mezzo-soprano Marianne Crebassa, interprète du personnage d'Ariodante
- Photo Classictoulouse -

Reconnaissons que la distribution vocale réunit ce que la jeune génération de chanteurs peut offrir de plus admirable de nos jours. Chacune et chacun incarne son rôle avec conviction et science haendélienne. La partition vocale repose sur le développement et la multiplication de l’aria da capo. Le principe même de l’aria da capo haendélien exige de son interprète musicalité, implication dramatique et imagination, afin de ne pas sombrer dans la répétition sans relief. C’est bien ce que l’on observe ce soir-là. Chaque reprise est ornementée avec finesse et ouvre le champ de la diversité.
L’intrigue pleine de rebondissements donne à tous les protagonistes l’occasion de briller dans plusieurs registres. Le roi d’Ecosse est incarné avec autorité, mais aussi virtuosité vocale, par la basse britannique James Platt, aussi imposant par sa stature que par son timbre sombre. La soprano suisse Ana Maria Labin chante Ginevra, la fille du souverain. La rondeur de son timbre vocal, la finesse sa déclamation, la variété de ses expressions brossent un portrait convaincant de celle qui passe de la joie exubérante au désespoir. La fraîcheur et l’aisance vocale de la soprano franco-allemande Caroline Jestaedt conviennent parfaitement au personnage de Dalinda, l’amie de Ginevra, en quelque sorte sa fausse jumelle. Le rôle du méchant du drame, Polinesso, duc d’Albany et fourbe rival d’Ariodante auprès de Ginevra, est confié au contre-ténor ukrainien Yuriy Minenko, qui lui aussi vocalise avec aisance et parvient à incarner ce rôle noir avec un timbre clair. Le ténor italien Valerio Contaldo défend avec ardeur le rôle de Lurcanio, le frère d’Ariodante. Il assure avec panache les vocalisations exigées par sa partition. Le ténor Paco Garcia prête enfin sa voix à l’épisodique favori du roi, Odoardo.



L'ensemble des interprètes au salut final - Photo Classictoulouse -

Il reste à évoquer le rôle-titre de l’ouvrage, celui du valeureux Ariodante, confié lors de la création au célèbre castrat Giovanni Carestini pour lequel Haendel composa vraisemblablement sur mesure. L’écoute des performances exigées pour ce rôle laissent supposer que ce chanteur devait à l’évidence posséder des possibilités vocales exceptionnelles. C’est aussi le cas de la mezzo-soprano Marianne Crebassa, impressionnante sur tous les plans. Sa seule présence scénique impose un personnage. A la fois tendre et héroïque, heureux ou désespéré, son chant transcende la partition. La richesse du timbre vocal, l’étendue de son ambitus, la virtuosité de sa vocalisation, son incarnation « vécue » du personnage dans toute sa complexité en font un modèle.
Deux exemples en disent long sur l’étendue de son talent d’interprète. Dans l’aria redoutable du premier acte, « Con l’ali di costanza », témoignage exalté de l’amour d’Ariodante pour Ginevra, Marianne Crebassa déclenche un véritable feu d’artifice. Sa vocalisation parfaite dépasse le seul exercice de virtuosité. Il se fait outil de l’expression. Et puis, au cours du deuxième acte, Ariodante, écrasé de douleur devant ce qu’il croit être une trahison de son aimée, est proche de se donner la mort. Au cours de l’aria « Scherza infida », le temps s’arrête, l’émotion est à son comble. Soutenue par un orchestre en état de grâce, la voix de l’interprète se fond avec les battements de cœur suggérés par les cordes. Les gorges se serrent, le silence impressionnant de la salle, comme retenant sa respiration, témoigne de l’intensité de ce moment d’exception. Les applaudissements fusent spontanément.
Le charme du duo entre les deux amants, Ariodante et Ginevra, voix admirablement mêlées, ramène la sérénité, alors que le cœur final est entonné avec ferveur par tous les protagonistes. Il est presque minuit et le public ravi acclame tous les interprètes. Un grand merci à Marc Minkowski et ses complices pour cette renaissance d’une œuvre étonnante.

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 3 décembre 2019

 

infos
 

 

Renseignements et locations :
61, rue de la Pomme,
31000 Toulouse,
tél : 05 61 21 09 00.
 
Programme du concert donné le 2 décembre 2019
à 20 h à la Halle aux Grains de Toulouse


* G. F. Haendel

- Ariodante (version concert)

 

 
Les saisons musicales
lyrique et
chorégraphique
toulousaines

 
2020-2021
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

copyright © 2007
www.classictoulouse.com
- tous droits réservés -
infos légales

 

 

 

entretiens - festivals - concerts - danse - opéra - disques - dvd - partenaires - contacts - liens - index