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22/06/2018
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Saison 2018-2019
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Saison 2018
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Les Sacqueboutiers
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Raphaël Pichon, direction
14/03/2018
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Impressionnismes
26/02/2018
 

 

Concerts/ Grands Interprètes / Ensemble Pygmalion, Rahaël Pichon, direction - Sabine Devieilhe, soprano, Sara Mingardo, contralto, John Irvin, ténor, Nahuel Di Pierro, basse - 14 mars 2018
     
COUP DE CŒUR

CRITIQUE

Le parcours initiatique

L’ensemble Pygmalion, invité une nouvelle fois de la saison Grands Interprètes, innove et fascine. Sous la direction de Raphaël Pichon, l’orchestre et le chœur de cette formation, ainsi qu’un impressionnant quatuor de solistes vocaux, investissent le monde inépuisable de Mozart. Ils le font de la manière la plus imaginative qui soit. Intelligence et sensibilité conduisent à une démarche d’une prodigieuse originalité. On se souviendra longtemps de cette soirée autour et au bénéfice d’un génie unique dans toute l’Histoire de la musique.

Raphaël Pichon, ses musiciens et ses chanteurs, conçoivent, pour ce programme intitulé « Le dernier voyage du compagnon Mozart », un canevas étonnant qui conduit pas à pas l’auditeur-spectateur des origines de la musique à l’ultime manifestation créatrice du compositeur. Son émouvant Requiem conclut ainsi un cheminement musical présenté dans la continuité, sans qu’un entracte ne vienne perturber cet itinéraire initiatique.



L'ensemble vocal et instrumental Pygmalion dirigé par Raphaël Pichon
- Photo Classictoulouse -

Celui-ci s’ouvre sur un graduel, pièce de chant grégorien du propre de la messe, déclamé ici par une soprano solo, issue du chœur et placée tout en haut des galeries de la Halle. Ce chant hypnotique se fond insensiblement, organiquement, avec le fameux Miserere de Gregorio Allegri. Fameux car il constitue la première allusion à la vie de Mozart. On se souvient en effet que le Vatican avait interdit de reproduire ou de diffuser cette partition, chantée à la chapelle Sixtine dès 1639, afin d'en préserver le caractère unique. On raconte que le jeune Mozart de 17 ans, alors qu'il visitait Rome avec son père Leopold, eut la chance de pouvoir écouter ce Miserere le mercredi de la Semaine Sainte, le 11 avril 1770. Le soir même, il retranscrivait le morceau de mémoire… Le chœur Pygmalion, rassemblé en cercle à l’arrière de l’orchestre dialogue ici avec un groupe de solistes là encore placé sur les hauteurs de la Halle. L’effet visuel se conjugue habilement avec l’éloignement sonore.
Suit alors une succession de pièces vocales d’inspiration maçonnique auxquelles l’orchestre s’associe. La Maurerische Trauermarsch (Marche funèbre maçonnique) K. 477, à laquelle Raphaël Pichon et ses musiciens confèrent une solennité impressionnante, est suivie du motet Ne pulvis et cinis K. Ahn 122, qualifié de « Parodie » du 3ème chœur de la musique de scène Thamos Roi d’Egypte, sorte de prémonition de ce que sera La Flûte enchantée. Composé pour basse solo, chœur et orchestre, ce motet bénéficie du timbre noir et ample de Nahuel Di Pierro. Au sein de ces pièces de Mozart s’insère le chœur sacré Insanae et vanae curae de l’ami de toujours, Joseph Haydn, fidèle compagnon en franc-maçonnerie. Vigueur et héroïsme animent cette partition en forme d’hommage.
C’est alors que débute la dernière étape de ce voyage symbolique. Raphaël Pichon choisit d’introduire le Requiem par l’émouvant Miserere K. 90 composé par Mozart l’année où il découvre l’œuvre éponyme d’Allegri.



Les solistes de ce concert. De gauche à droite : Nahuel Di Pierro, basse, John Irvin, ténor, Sara Mingardo, contralto, Sabine Devieilhe, soprano - Photo Classictoulouse -

La partition inachevée du Requiem a donné lieu à de multiples développements. La version la plus souvent jouée est celle qui fut complétée par Franz Xaver Süßmayr, l’élève du compositeur. Pygmalion en donne ici une version inédite, intitulée Süßmayr Remade, élaborée par le jeune compositeur Pierre-Henri Dutron qui s’est plongé dans les écrits de Mozart, dans les esquisses de cette partition laissée très incomplète. Il a ainsi tenté de reconstituer un canevas aussi proche que possible de la conception que suggèrent les documents manuscrits et l’orchestration que Mozart pratiquait à cette époque. Cela ne change en rien le déroulement des épisodes de la messe, mais réalise une sorte de rééquilibrage de la partition. A titre d’exemple, on peut noter que l’intervention du trombone (en l’occurrence de son ancêtre, la sacqueboute), que Süßmayr avait prolongée au-delà de ce que Mozart avait noté, est ramenée à sa durée initiale. Les interventions majeures concernent évidemment la fin de l’œuvre, laissée à l’état d’ébauche, et ceci dès le Sanctus.
La nouvelle réalisation de cette dernière partie ne provoque aucun hiatus par rapport à tout ce qui précède. Les habitudes d’écoute ne sont en rien bousculées, mais l’œuvre se reçoit avec une émotion accrue. La direction exemplaire, vivante, de Raphaël Pichon allie précision et sensibilité, rigueur et souplesse. La beauté des timbres instrumentaux (cordes soyeuses, splendides clarinettes et cors de basset, rondeur sonore des sacqueboutes…) confère un fruité, une finesse nouvelle à cet orchestre dont on ne peut que louer les qualités. Le chœur révèle la partition avec un engagement dynamique, un équilibre des registres, un sens des couleurs et des phrasés qui forcent l’admiration.
Le quatuor de solistes brille également d’un éclat particulier. La basse argentine Nahuel Di Pierro déploie avec talent la noirceur de son timbre et la longueur de son souffle. Son intervention dans le Tuba Mirum, en contrepoint avec le splendide solo de sacqueboute, impressionne. Le ténor américain John Irvin adapte parfaitement son chant à l’expression de chaque épisode. Claironnant dans le Rex tremendae, il sait moduler son émission au sein du quatuor et dans les passages de douceur. La voix de velours de Sara Mingardo, le beau contrôle de son vibrato apportent une couleur dorée à l’ensemble. Enfin, Sabine Devieilhe déploie son timbre clair et dense, son homogénéité sur toute la tessiture, son art du phrasé, la sensibilité de son chant de la première à la dernière note.
Il faut encore louer la finesse, la subtilité avec laquelle le chef compose les alliances de timbre de son orchestre et de son chœur. A cet égard, comment retenir ses larmes à l’écoute du Lacrimosa, lumineux et d’une émotion contenue.
Il faut attendre un long moment de silence avant qu’une acclamation enthousiaste secoue toute la Halle aux Grains. Le public, resté admirablement silencieux pendant toute cette exécution, se libère ainsi de la tension accumulée pendant ce mémorable parcours initiatique.

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 15 mars 2018

 

infos
 

 

Renseignements et locations :
61, rue de la Pomme,
31000 Toulouse,
tél : 05 61 21 09 00.
 
Programme du concert donné le 14 mars 2018
à 20 h à la Halle aux Grains de Toulouse


* Graduel
- Christus factus est

* G. Allegri
Miserere

*W. A. Mozart
- Maurerische Trauermarsch K. 477 (479a)
- Ne pulvis et cinis K. Ahn 122

* J. Haydn
- Insanae et vanae curae

* W. A. Mozart
- Miserere K.90
- Requiem en ré mineur KV 626

 

 
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