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Concerts/ Grands Interprètes / Saison 2017-2018
     


CRITIQUE

Il Giardino Armonico et Isabelle Faust,
raffinement et passion

Le deuxième concert de la saison Grands Interprètes, ce 20 octobre dernier, renouait, à la Halle aux Grains, avec ce bel ensemble italien et son chef passionné Giovanni Antonini. A cette occasion, Toulouse accueillait en outre pour la première fois l’une des grandes artistes de notre temps, la violoniste allemande Isabelle Faust. Haydn et Mozart, judicieusement réunis dans ce programme, illuminaient cette belle soirée.

Il Giardino Armonico, reconnu dans le monde pour la beauté de ses interprétations « historiquement informées » sur instruments d’époque, rassemble des musiciens issus des plus importantes institutions musicales d’Europe. Les qualités individuelles de chacun d’entre eux savent se fondre dans une sonorité, dans un style, dans une musicalité dont la direction précise et fervente de Giovanni Antonini fait tout son miel. Le large répertoire de l’ensemble fait la part belle à cette première Ecole de Vienne qui réunit, comme ce soir-là, Haydn et Mozart, deux visages d’un classicisme épanoui, divers et profond.
Parmi les 104 symphonies composées par Joseph Haydn, on pourrait s’attendre à trouver quelques redites, quelques banalités. Il n’en est rien. Chaque opus possède ses propres particularités. La période « Sturm und Drang » (« Tempête et élan » en français) fut particulièrement propice au développement d’un mouvement politique, littéraire et finalement musical qui succède à la période des Lumières (« Aufklärung ») et ouvre la voie au romantisme. Les deux symphonies de cette période, inscrites au programme de cette soirée du 20 octobre, témoignent de l’influence que ce mouvement a exercée sur Haydn lui-même.



L'ensemble Il Giardino Armonico, dirigé par Giovanni Antonini - Photo Calssictoulouse -

La Symphonie n° 47 en sol majeur, qui ouvre le concert, possède le sous-titre a priori intrigant « Le Palindrome », lié tout simplement à un procédé d’écriture « rétrograde ». Le Menuet de cette symphonie expose successivement la même phrase musicale, jouée tout d’abord de la première à la dernière note, puis de la dernière à la première. Une facétie musicale dont le compositeur était friand. Toute cette partition baigne dans une lumière souriante qui la distingue des autres symphonies de la même période. L’ouverture de l’Allegro initial est épicée de savoureuses dissonances des deux cors. Admirons au passage la perfection du jeu des deux cornistes de ce bel ensemble. La vivacité suscitée par la direction anime tout ce premier volet, alors qu’une touchante tendresse imprègne l’Adagio cantabile. Le court Menuet & Trio al roverso, avec sa particularité d’écriture, tient bien son rôle de divertissement. Quant au Finale, Presto assai, il distille une joie sans nuage que vient pimenter un humour typiquement haydnien.
Très différente apparaît la Symphonie n° 49, dans la sombre tonalité de fa mineur, intitulée « La Passione », et réputée écrite au moment de la Semaine Sainte 1768. L’inversion des deux premiers mouvements témoigne de la volonté du compositeur d’insister sur ce caractère ténébreux. Ainsi l’Adagio initial introduit une atmosphère de mystère et même de tragédie. Le drame, la passion imprègnent tout l’Allegro di molto, pris dans un tempo animé parfaitement justifié. Après l’élégance, la finesse du Menuet et de son Trio, le caractère général de l’œuvre rejaillit dans le Finale, Presto. Giovanni Antonini lui imprime une fièvre, une intensité qui révèlent des fêlures souvent enfouies chez ce compositeur du bonheur.



Isabelle Faust soliste des concertos de Mozart - Photo Classictoulouse -

Ces deux symphonies alternent avec deux des cinq concertos pour violon et orchestre composés par Mozart lorsqu’il se sentait « en esclavage » auprès du Prince Archevêque Colloredo que le jeune Wolfgang avouait « haïr jusqu’à la frénésie ». Les cinq partitions, écrites par un adolescent de 17 à 19 ans, marquent l’apothéose du style « galant » de l’époque auquel Mozart apporte sa marque personnelle faite d’élégance et de noblesse. Isabelle Faust aborde ces deux partitions avec une sonorité de rêve, un style d’un suprême raffinement, un sens profond du phrasé et un esprit aiguisé.
Le Concerto n° 1, en si bémol majeur, s’ouvre sur un Allegro souriant, le violon solo dialoguant simplement avec le tutti. Remarquons qu’Isabelle Faust se joint à l’orchestre en permanence, en dehors de ses interventions solistes. La cadence qui conclut ce mouvement s’avère particulièrement originale et imaginative. Comme les autres cadences de ces concertos, elle a été écrite à l’intention de la violoniste par son ami, l’excellent pianiste Andreas Staier. Grâce lui en soit rendue ! L’Adagio de ce premier concerto respire la tendresse d’une aria d’opéra. La soliste le joue comme une Fiodiligi chanterait son amour pour Ferrando. Le Presto final déroule son discours avec une admirable finesse, un sens aigu du récit.
Le plus élaboré des concertos, le n° 5 en la majeur, conclut ce beau programme. Le long portique d’entrée de l’Allegro aperto prépare l’arrivée du violon solo avec une infinie tendresse - un violon dont l’apparition véhicule une magie hors du temps. Tout le concerto baigne dans une lumière raffinée et développe un véritable dialogue entre le violon solo et l’orchestre au sommet de son art. Noblesse et pureté mélodique conduisent peu à peu à une nouvelle cadence pleine de charme. Le chant ineffable de l’Adagio est porté comme dans un rêve par la soliste, soutenue avec douceur par un ensemble orchestral devenu confident. Le Rondeau final alterne le sourire et l’animation. L’exécution confère à sa structure, particulièrement élaborée, le caractère d’une mise en scène d’opéra. Un vrai bonheur !
En réponse aux acclamations du public, Isabelle Faust, Giovanni Antonini et ses musiciens offrent un cadeau supplémentaire, l’Andante cantabile du Concerto n° 4 de Mozart. Signalons à nos lecteurs que ces mêmes interprètes viennent de recevoir le Gramophone Music Award - Enregistrement de l’Année, pour leur intégrale discographique de ces concertos chez Harmonia Mundi. Une récompense dont ce concert toulousain justifie amplement l’attribution !

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 21 octobre 2017

 

infos
 

 

Renseignements et locations :
61, rue de la Pomme,
31000 Toulouse,
tél : 05 61 21 09 00.
 

Programme du concert donné le 20 octobre 2017 à 20 h à la Halle aux Grains de Toulouse

* J. Haydn

- Symphonie n° 47 en sol majeur "Le Palindrome"
- Symphonie n° 49 en fa mineur "La Passione"

* W. A. Mozart
- Concerto pour violon et orchestre n° 1 en si bémol majeur K 207
- Concerto pour violon et orchestre n° 5 en la majeur K 219

 

 
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