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Concerts/ Grands Interprètes / Chamber Orchestra of Europe
Nicholas Collon, direction, Renaud Capuçon, violon - 2 décembre 2017
     

CRITIQUE

Nicholas Collon, Renaud Capuçon et
le Chamber Orchestra of Europe

Lors du 5ème concert de la saison des Grands Interprète, ce 2 décembre dernier, la splendide formation européenne de chambre devait être dirigée par Jaap van Zweden. Souffrant, le chef néerlandais a laissé la baguette au jeune Britannique Nicholas Collon que Toulouse avait déjà accueilli à deux reprises à la tête de l’Orchestre national du Capitole.

Le 26 avril 2014 et le 12 février 2016, le jeune Nicholas Collon avait en effet dirigé avec succès la formation symphonique toulousaine. Sa carrière avait déjà pris un bel essor à la suite de ses débuts remarqués aux BBC Proms en 2010. Fondateur et chef d’orchestre principal de l’Aurora Orchestra qui s’est forgé une forte renommée au Royaume-Uni ainsi qu’à l’étranger, Nicholas Collon a rapidement fait ses débuts à la tête de la plupart des grands orchestres britanniques. Il a dirigé plus de 200 nouvelles œuvres, dont les premières mondiales ou britanniques de grands compositeurs contemporains. Dirigeant aussi bien le concert que l’opéra, ce jeune musicien complet est également altiste, pianiste et organiste de formation.



Le Chamber Orchestra of Europe dirigé par Nicholas Collon - Photo Classictoulouse -

Ainsi propulsé à la tête du Chamber Orchestra of Europe, considéré par certaines institutions comme “le meilleur orchestre de chambre du monde”, Nicholas Collon fait preuve d’une grande élégance dans sa gestique, d’une précision et d’une souplesse remarquables. Ayant conservé le programme initialement annoncé, il ouvre le concert par la Symphonie de chambre Op.110a de Dmitri Chostakovitch. Il s’agit là de la transcription, réalisée en 1967 pour un ensemble de cordes plus étoffé par Rudolph Barschaï, de son quatuor à cordes n°8. La réécriture est très fidèle à l’original ; il s’agit à vrai dire de la même musique, avec une sonorité plus symphonique, plus ample que celle du quatuor d’origine. Néanmoins la même atmosphère d’angoisse, de désespoir, parcourt toute cette partition tragique. De l’aveu même de Chostakovitch, l’œuvre originale, et donc sa transcription qu’il a largement approuvée, n’est autre qu’une offrande à sa propre mémoire, une sorte d’auto-épitaphe, à l’image de l’autodérision qu’il n’a cessé de pratiquer. A preuve la nature autobiographique du thème initial qui structure et irrigue toute la pièce comme un fil rouge. Ce motif est formé à partir des notes DSCH, dans la notation anglo-saxonne, qui ne sont autres que les initiales du compositeur, là aussi dans l’orthographe anglo-saxonne. Cette signature envahit les cinq mouvements enchaînés à la manière d’une dramatique obsession, un peu comme l’idée fixe de Berlioz dans sa Symphonie Fantastique. La direction de Nicholas Collon, comme l’exécution raffinée et subtile de cet admirable orchestre à cordes, apparaissent d’une telle intensité expressive que l’on retient malgré soi sa respiration. Oppressante, désespérée, cette exécution, d’une absolue fidélité, se reçoit comme un drame silencieux. Oui une musique qui illustre le silence.
La Sérénade pour violon, orchestre à cordes, harpe et percussion, de Leonard Bernstein, emprunte, on s’en doute, d’autres chemins. Une histoire de tempérament… Le bouillant chef d’orchestre et compositeur américain s’inspire ici du fameux Banquet de Platon. Ce texte, écrit aux alentours de 380 av. J.C. décrit donc un festin au cours duquel Socrate et ses amis prennent  tour à tour la parole pour répondre à la question « Qu’est-ce que l’amour ? ». Chacun des cinq épisodes de ce quasi-concerto pour violon illustre donc un des personnages de ces échanges auquel le violon solo offre sa voix. Renaud Capuçon, de sa belle et ample sonorité, joue ainsi les caméléons, passant du lyrisme de l’épisode Phèdre-Pausanias à la débauche virtuose du final consacré à Alcibiade et Socrate lui-même.



Renaud Capuçon, soliste de la Sérénade de Leonard Bernstein - Photo Classictouoouse -

L’écriture de Bernstein, si elle ne révolutionne pas le langage des années 50, conserve toujours cet esprit mutin et généreux qui caractérise le musicien. Un fait historique accompagne cette exécution toulousaine. Le violon que joue Renaud Capuçon, le Guarneri del Gesù « Panette » de 1737, a appartenu à Isaac Stern qui fut le créateur en 1954 de cette Sérénade. La boucle est bouclée. Le soliste excelle dans les contrastes expressifs qui opposent les « prises de parole ». Ainsi, à l’impertinence joyeuse de celle d’Eryximaque, succède la rêverie touchante d’Agathon. Aux applaudissements nourris du public, le soliste et l’orchestre répondent d’ailleurs en rejouant l’épisode frétillant d’Eryximaque.
C’est avec la plus célèbre des symphonies de Beethoven, sa 5ème en ut mineur, si fréquemment paraphrasée, moquée parfois (Pom-pom-pom-pom !) que s’achève le concert. Nicholas Collon et son orchestre en offrent une vision originale et convaincante. Il s’agit bien là d’une version « de chambre » en ce sens qu’elle se distingue des exécutions convoquant un grand orchestre, avec d’opulents pupitres de cordes. Ici, la composition orchestrale, probablement plus proche de la composition originale, laisse à chaque pupitre la possibilité de s’exprimer en toute transparence, sans se trouver dominée par cette moquette de cordes assez fréquente par ailleurs. La contribution des vents, et notamment des bois, y gagne une lisibilité nouvelle. La direction nerveuse donne une impulsion particulière et un rythme vigoureux à chaque phrase musicale. Les tempi, certes vifs, laissent néanmoins respirer les développements imaginatifs. A preuve, la lumineuse intervention du hautbois solo au milieu de la tempête du premier mouvement. A preuve également la magnifique transition crescendo qui ouvre le final, comme une attente suspendue entre ciel et terre. L’énergie se déploie sans lourdeur jusqu’au dernier accord joyeusement asséné après une sorte de course poursuite irrésistible.
Ce n’est peut-être pas la seule et unique manière d’interpréter cette symphonie emblématique (Dieu merci, il n'y a pas qu'une interprétation possible pour les grands chefs-d’œuvre !), mais elle reste convaincante et passionnante de bout en bout.

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 3 décembre 2017

 

infos
 

 

Renseignements et locations :
61, rue de la Pomme,
31000 Toulouse,
tél : 05 61 21 09 00.
 

Programme du concert donné le 2 décembre 2017 à 20 h à la Halle aux Grains de Toulouse :

* D. Chostakovitch

- Symphonie de chambre, opus 110a

* L. Bernstein
- Sérénade

* L. van Beethoven
- Symphonie n°5, en ut mineur, opus 67

 

 
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