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Dialogue aux Carmélites
Saison 2017-2018
04/05/2017
Orchestre du Capitole
Saison 2017-2018
17/05/2017
Orchestre du Capitole
Kazuki Yamada, direction
Karine Deshayes, alto
Chœur du Capitole
Chœur Les Eclats
27/05/2017
 
Critiques
 
Grands Interprètes
Renaud Capuçon, violon
Nicholas Angelich, piano
23/05/2017
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Marianne Crebassa, mezzo
19/05/2017
Clefs de Saint-Pierre
Portrait de groupe
15/05/2017
Grands Interprètes
Nelson Freire, piano
15/05/2017
Arts Renaissants
Ensemble Pulcinella
26/04/2017
Grands Interprètes
Martha Argerich
Stephen Kovacevich
pianos
24/04/2017
La Dame d'Aragon
Orchestre Symphonique
du Royaume d'Aragon
Ricardo Casero, dir.
21/04/2017
À bout de souffle
Stéphane Delincak, dir.
Fantaisie et variations
autour de The Fairy Queen
20/04/2017
Grands Interprètes
Filarmonica Teatro Regio
Torino
Gianandrea Noseda, dir.
Betrand Chamayou, piano
18/04/2017
Orchestre du Capitole
Rafael Payare, direction
Benjamin Beilman, violon
14/04/2017
Orchestre du Capitole
Joseph Swensen, dir.
Adam Laloum, piano
07/04/2017
Grands Interprètes
Les Musiciens du Louvre
Marc Minkowski, direction
Bach, Passion St Jean
31/03/2017
Orchestre du Capitole
Christian Zacharias, piano
et direction
25/03/2017
Les Arts Renaissants
Ensemble Les Surprises
22/03/2017
Les Sacqueboutiers
Pôle des Arts Baroques
Jean-Pierre Canihac, dir.
19 et 20/03/2017
Grands Interprètes
Orchestre et Choeur de
l'Opéra du Bolchoï-Moscou
Tugan Sokhiev, direction
La Pucelle d'Orléans
P. I. Tchaïkovski
15/03/2017
Clefs de Saint-Pierre
Folk Songs
13/03/2017
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Don Quichotte,
Jules Massenet
24/02/2017
Orchestre L'Enharmonie
Serge Krichewsky, dir.
Philippe Monferran, piano
20/02/2017
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Lucas Debargue, piano
17/02/2017
Orchestre du Capitole
Josep Pons, direction
Raphaël Sévère, clarinette
10/02/2017
Grands Interprètes
Chamber Orchestra of
Europe
Yannick Nézet-Séguin, dir.
Jean-Guihen Queyras,
violoncelle
09/02/2017
Grands Interprètes
Scottish Chamber
Orchestra
Robin Ticciati, direction
Maria João Pires, piano
04/02/2017
Arts Renaissants
Claire Désert, piano
Pascal Moraguès,
clarinette
Gary Hoffman, violoncelle
01/02/2017
Orchestre du Capitole
Lorenzo Viotti, direction
Daniel Lozakovitj, violon
27/01/2017
Orchestre du Capitole
Rinaldo Alessandini, dir.
20/01/2017
Clefs de Saint-Pierre
D'âmes et d'anche
16/01/2017
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Alison Balsom, trompette
13/01/2017
Arts Renaissants
Quatuor Modigliani
11/01/2017
 

 

Concerts/ Grands Interprètes / Scottish Chamber Orchestra,
Robin Ticciati, direction, Maria João Pires, piano - 4 février 2017
     

COUP DE CŒUR

CRITIQUE

Magique !

Certains concerts laissent des traces profondes dans le cœur et l’esprit. A coup sûr ce sera le cas de cette soirée du 4 février. Le Scottish Chamber Orchestra et son jeune chef britannique Robin Ticciati étaient les invités de la saison Grands Interprètes. La soliste n’était autre que la légendaire pianiste portugaise Maria João Pires qui n’en finit pas d’enchanter les publics les plus divers. Sa prestation toulousaine, non seulement n’a en rien dérogé à cette habitude, mais elle a semblé franchir un pas de plus vers cette sorte de perfection qui si souvent se dérobe.



Maria João Pires, soliste du Concerto n° 27 de Mozart - Photo Classictoulouse -
L’association Pires-Mozart tient du pléonasme. L’extrême sensibilité de la pianiste, le naturel de son toucher ne sauraient trouver terrain plus favorable que l’œuvre d’un compositeur dont la simplicité cache d’insondables abîmes. Une fois de plus la musicienne a su atteindre l’immanente vérité d’un chef-d’œuvre. Et quel chef-d’œuvre puisqu’il s’agit cette fois de l’ultime concerto, le n° 27 en si bémol majeur que Mozart composa alors qu’il avait moins d’une année à vivre ! Il n’est peut-être pas inutile de rappeler à cet égard ce que le grand pianiste Artur Schnabel disait à propos de ses pièces pour piano qu’il considérait comme : « …trop facile pour les enfants et trop difficiles pour les adultes ». Le secret réside peut-être dans l’aptitude de l’interprète à conserver en soi un part de son enfance. C’est peut-être ce qui fait le prix des exécutions mozartiennes de Maria João Pires. Ainsi, les premières notes de l’Allegro qu’elle égrène à la suite d’une introduction orchestrale particulièrement soignée, illuminent le paysage sonore d’une clarté irréelle. La musicienne est peut-être l’une des rares pianistes à faire oublier que chaque note de son instrument est le résultat du choc d’un marteau sur une corde métallique. Les phrases, d’une simplicité désarmante, coulent comme une eau pure. Les nuances, les phrasés dont elle pare son jeu ne se remarquent même pas, tellement ce jeu sonne avec naturel, comme une vérité qui s’impose d’elle-même, fervente et pudique à la fois. La tendresse sans affectation qui s’exprime dans le Larghetto ferait fondre une banquise. Quant au motif lumineux qui ouvre l’Allegro final, il tient ici du miracle ! On ne peut écouter cela sans que la gorge se serre, sans que les yeux s’embuent.


Maria João Pires et Robin Ticciati - Photo Classictoulouse -

Il faut préciser à quel point la direction de Robin Ticciati, à la fois tendre et attentive entoure la soliste d’un véritable cocon musical qui prolonge le caractère intime de son interprétation. A ce sujet, l’un des moments magiques de cette soirée réside dans le retour impalpable de l’orchestre à la suite de la cadence du final. Comme un sourire complice, d’une extrême douceur. En outre, le jeu des cordes économe en vibrato et la sonorité feutrée des cors naturels et des autres vents confèrent à l’accompagnement cette finesse expressive qui magnifie encore la beauté de cette exécution.
Acclamés par un public sous le charme, la pianiste, le chef et l’orchestre offrent un bis inhabituel, l’Andante du concerto n° 21 en do majeur, de ce même Mozart, prolongeant ainsi la magie de la soirée. Précisons qu’initialement, c’est ce concerto qui devait être joué et qui a donc été remplacé par le n° 27. Remercions les interprètes pour l’élégance de ce geste !
La soirée s’ouvrait sur cinq des dix Légendes composées par Antonin Dvořák au cours des années 1880-1881 : les n° 1, 2, 7, 8 et 4. Initialement écrites pour piano à quatre mains, elles sont ici jouées dans leur version orchestrale élaborée par Dvořák lui-même. La direction souple et précise de Robin Ticciati confère à ces courtes pièces toute leur saveur « Mitteleuropa ». On pense évidemment aux Danses Slaves du même compositeur, en moins « sauvage ». L’orchestre en distille avec raffinement tout le charme, toute l’animation qui alterne avec cette nostalgie sous-jacente inséparable de ces musiques.



Robin Ticciati et le Scottish Chamber Orchestra - Photo Classictoulouse -

Prolongeant la rutilance de la première Ecole de Vienne, la seconde partie du concert est entièrement consacrée à l’ultime symphonie de Joseph Haydn, n° 104, en ré majeur, sous-titrée « Londres ». Composée lors du deuxième séjour du compositeur dans cette capitale qui sut si bien l’accueillir, elle représente peut-être la partition symphonique la plus élaborée de celui qui fixa les règles compositionnelles du genre musical. Comme pour Mozart, son ami et exact contemporain, Robin Ticciati équipe les cuivres (cors et trompettes) d’instruments naturels (sans piston) conférant ainsi à l’orchestre un relief sonore bienvenu. A la suite de l’imposant portique de l’introduction Adagio du premier volet, l’Allegro initial donne immédiatement le ton de cette exécution colorée, vivante, lumineuse. Le chef donne à chaque intervention un caractère éblouissant. Il souligne avec vigueur les contrastes étonnants de l’Andante, ses silences impressionnants que valorise l’extrême précision de la direction. Dans le Menuetto affleure l’humour si caractéristique de Haydn auquel le chef et l’orchestre confèrent une saveur délectable et irrésistible. Le final, Allegro Spirituoso, explose littéralement de vitalité, d’animation. Un soin particulier des accents, des phrasés, caractérise la direction.
Rappelé, acclamé, le chef offre en bis l’Andante de la Suite Américaine de Dvořák, comme pour boucler la boucle. Un grand concert !

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 5 février 2017

 

infos
 

 

Renseignements et locations :
61, rue de la Pomme,
31000 Toulouse,
tél : 05 61 21 09 00.
 
Programme du concert donné le 4 février à 20 h à la Halle aux Grains de Toulouse

* A. Dvořák
Légendes, n° 1, n° 2, n° 7, n° 8 et n° 4

* W. A. Mozart
- Concerto n°27 en si bémol majeur, K 595

* J. Haydn
- Symphonie n° 104, Londres

 

 
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