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Prix Bettencourt
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Critiques
 
Chœur Les éléments
Iberia
26/06/2017
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19/06/2017
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16/06/2017
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09/06/2017
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Traversée lyrique en
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08/06/2017
Orchestre du Capitole
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23/05/2017
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Tugan Sokhiev, direction
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19/05/2017
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15/05/2017
Grands Interprètes
Nelson Freire, piano
15/05/2017
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Fantaisie et variations
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20/04/2017
Grands Interprètes
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Torino
Gianandrea Noseda, dir.
Betrand Chamayou, piano
18/04/2017
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Rafael Payare, direction
Benjamin Beilman, violon
14/04/2017
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Joseph Swensen, dir.
Adam Laloum, piano
07/04/2017
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Marc Minkowski, direction
Bach, Passion St Jean
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et direction
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Tugan Sokhiev, direction
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24/02/2017
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20/02/2017
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Tugan Sokhiev, direction
Lucas Debargue, piano
17/02/2017
Orchestre du Capitole
Josep Pons, direction
Raphaël Sévère, clarinette
10/02/2017
 

 

Concerts/ Grands Interprètes / Nelson Freire, piano - 15 mai 2017
     
 
COUP DE CŒUR


CRITIQUE

« Le poète parle »

Une fois encore, et plus que jamais, le grand Nelson Freire a porté très haut le sens musical. Ce 15 mai dernier, la Halle aux Grains accueillait, à l’invitation de l’association Grands Interprètes, l’un des pianistes les plus « musiciens » de la scène internationale. Sa pratique du clavier dépasse ô combien les contingences techniques d’un marteau frappant une corde. Son piano parle, élabore un vrai discours, chante, se confie, s’efface devant le message qu’il délivre.

C’est peut-être cette modestie de l’artiste devant l’œuvre qui frappe le plus dans l’art de Nelson Freire. Chaque phrase, chaque mouvement, chaque partition nous est offert avec un naturel, une vérité, une générosité authentiques. La parfaite virtuosité de son jeu ne s’exhibe jamais, considérée comme un outil de l’expression juste, jamais comme une démonstration gratuite.
Titulaire du Premier Grand Prix du prestigieux Concours International « Vianna da Motta » et à Londres des Médailles d’Or « Dinu Lipatti » et « Harriet Cohen » le grand pianiste brésilien n’a certes plus rien à prouver. Sa carrière internationale, initiée en 1959, se poursuit dans une sérénité qui le maintient sur les sommets. Le programme qu’il offre aux Toulousains ce 15 mai brosse un parfait portrait de sa personnalité musicale. De Bach à Villa-Lobos, en passant par Schumann et Chopin, l’étendue et la richesse de sa palette éclatent au grand jour.



Nelson Freire à la Halle aux Grains - Photo Classictoulouse -

Quatre transcriptions de pièces diverses de Johann Sebastian Bach ouvrent la soirée sur une sérénité hors du temps. Le Prélude en sol mineur pour orgue, BWV 535, dans sa version pour piano du Russe Alexandre Siloti, oppose le calme de son ouverture à l’effervescence qui suit, une effervescence qui prend des accents d’orgue sous les doigts du pianiste. Les deux chorals Ich ruf zu Dir, Herr Jesu Christ, BWV 639 (extrait de l'Orgelbüchlein) et Komm, Gott Schöpfer, heiliger Geist, BWV 667 dans leur transcription signée Ferrucio Busoni opposent là aussi la subtile méditation du premier à la ferveur bouillonnante du second. Et la séquence s’achève sur l’éternel Jesus bleibet meine Freude (approximativement traduit par « Jésus que ma joie demeure ») dont la transcription intemporelle de la grande Myra Hess transporte l’auditoire dans un paradis de lumière.
Le changement de ton s’avère radical lorsque retentissent les premiers emportements de la Fantaisie en ut majeur de Robert Schumann. Cette œuvre majeure composée par un amoureux de 26 ans sonne comme un déchirant cri d'amour adressé à Clara Wieck qui allait devenir son épouse quatre ans plus tard et dont le père refuse, pour l'instant, de donner la main. Révolte et tendresse s’opposent frontalement tout au long de la partition. Nelson Freire s’y révèle comme un architecte du cœur, des sentiments. Admirablement construite, son interprétation bénéficie d’un art accompli des nuances intermédiaires. Sans affectation aucune, son jeu se pare de couleurs et de lumière, définissant des plans sonores parfaitement élaborés, aussi à l’aise dans la fièvre amoureuse que dans l’angoisse. Un très grand moment de musique et de poésie !



Nelson Freire au salut final - Photo Classictoulouse -

Le pianiste brésilien ouvre la seconde partie de la soirée sur le répertoire de son plus célèbre compatriote Heitor Villa-Lobos. Hommage mérité envers un compositeur dont la célébrité doit beaucoup à ses références à Bach, à travers ses fameuses Bachianas Brasileiras, qui réalisent une belle fusion entre des airs du folklore brésilien et le style de Johann Sebastian Bach. Nelson Freire joue tout d'abord le Prélúdio de la 4ème de ces pièces originales, pour piano seul, tout empreinte d’une sérénité nostalgique. Suivent trois extraits de la première des trois suites intitulées Prole do bebê (Famille du bébé). Décrivant les poupées de la collection du compositeur, cette première suite enfantine se compose de huit courtes pièces dont Nelson Freire révèle trois des plus caractéristiques. A la très ravélienne Branquinha (Blanchette – La poupée de porcelaine), succède la mélancolie de Pobrezinha (Pauvrette - La poupée de chiffon) puis la vivacité, l’agitation obstinée de Moreninha (Brunette - La poupée de papier mâché). Nelson Freire confère sa profonde authenticité à ces pièces originales qui faisaient l’admiration d’Arthur Rubinstein, le créateur de tout le cycle, sorte de miroir musical aux fameuses Kinderszenen (Scènes d’enfants) de Schumann.
L’ultime sonate de Frédéric Chopin, la Troisième en si mineur, conclut cette soirée chargée d’émotion. Ce chef-d’œuvre de la maturité convoque toute la complexité d’écriture que l’époque rendait possible. Le climat émotionnel contrasté de l’Allegro maestoso initial bénéficie de la lecture à la fois naturelle et raffinée de l’interprète qui déploie toute la palette possible des couleurs et des phrasés. Ici encore on admire le sens mesuré des nuances qui ne se réfugie pas dans une opposition systématique pianissimo/fortissimo tout en maintenant une tension palpable. Toutes les possibilités de toucher parcourent le fougueux Scherzo, léger et volubile, comme un havre de détente avant la touchante confidence du Largo. Nelson Freire en souligne le caractère émouvant de Nocturne qui évoque une lente randonnée à la « Wanderer ». Un rêve en marche. Fébrile et haletant, le mouvement final, Presto non tanto, évolue peu à peu vers une course effrénée, jusqu’à la plus exaltante des codas. La joie domine finalement cette conclusion, admirablement maîtrisée par l’interprète.
Celui-ci remercie l’ovation du public avec deux des ultimes pièces pour piano de Brahms, les crépusculaires Intermezzi : n° 2 de l’opus 118 et n° 2 de l’opus 117. Le repos de l’âme après ce parcours sensible et poétique.

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 16 mai 2017

 

infos
 

 

Renseignements et locations :
61, rue de la Pomme,
31000 Toulouse,
tél : 05 61 21 09 00.
 
Programme du concert donné le 15 mai 2017 à
20 h à la Halle aux Grains de Toulouse


* J. S. Bach / A. Siloti
- Prélude en sol mineur pour orgue, BWV 535

* J. S. Bach / F. Busoni
- Ich ruf zu Dir, Herr Jesu Christ, BWV 639
- Komm, Gott Schöpfer, heiliger Geist, BWV 667

* J. S. Bach / M. Hess
"Jesus que ma joie demeure"

* R. Schumann
- Fantaisie en ut majeur, opus 17

* H. Villa-Lobos
- Bachianas Brasileiras nº 4, Prelúdio
- 3 pièces de A Prole do Bebê:
Branquinha
Pobrezinha
Moreninha


* F. Chopin
- Sonate n°3 en si mineur, opus 58

 

 
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