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La note bleue
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27/08 et 03/09/2017
Maîtrise de Toulouse
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26/06/2017
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Chœur Les éléments
Iberia
26/06/2017
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Gustavo Gimeno, dir.
Adrien La Marca, alto
09/06/2017
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Tugan Sokhiev, direction
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15/05/2017
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20 et 21/04/2017
À bout de souffle
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Fantaisie et variations
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20/04/2017
Grands Interprètes
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Torino
Gianandrea Noseda, dir.
Betrand Chamayou, piano
18/04/2017
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Rafael Payare, direction
Benjamin Beilman, violon
14/04/2017
Orchestre du Capitole
Joseph Swensen, dir.
Adam Laloum, piano
07/04/2017
Grands Interprètes
Les Musiciens du Louvre
Marc Minkowski, direction
Bach, Passion St Jean
31/03/2017
Orchestre du Capitole
Christian Zacharias, piano
et direction
25/03/2017
Les Arts Renaissants
Ensemble Les Surprises
22/03/2017
Les Sacqueboutiers
Pôle des Arts Baroques
Jean-Pierre Canihac, dir.
19 et 20/03/2017
Grands Interprètes
Orchestre et Choeur de
l'Opéra du Bolchoï-Moscou
Tugan Sokhiev, direction
La Pucelle d'Orléans
P. I. Tchaïkovski
15/03/2017
Clefs de Saint-Pierre
Folk Songs
13/03/2017
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Don Quichotte,
Jules Massenet
24/02/2017
Orchestre L'Enharmonie
Serge Krichewsky, dir.
Philippe Monferran, piano
20/02/2017
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Lucas Debargue, piano
17/02/2017
Orchestre du Capitole
Josep Pons, direction
Raphaël Sévère, clarinette
10/02/2017
 

 

Concerts/ Grands Interprètes / Martha Argerich, Stephen Kovacevich
24
avril 2017

     
 
COUP DE CŒUR
 

CRITIQUE

Pianos complices

Toute apparition de Martha Argerich résonne comme un événement exceptionnel. Il en est de même pour Stephen Kovacevich, lui aussi personnalité essentielle de la planète du piano. Alors que penser d’une double présence sur un même plateau de ces deux personnalités ? C’est pourtant ce qu’a réalisé l’association Grands Interprètes ce lundi 24 avril.

Martha Argerich et Stephen Kovacevich ne sont certes pas des étrangers l’un pour l’autre, puisqu’ils ont même été un temps conjoints. Différents mais, d’une certaine manière, complémentaires, ils possèdent en eux la même flamme musicale. Une évidente complicité les unit dans une même communion pour le plus grand bonheur d’un public fasciné et heureux.
De manière inhabituelle, les deux pianos ne se font pas face, structures imbriquées, comme cela se pratique en général, mais côte à côte, permettant ainsi une plus grande proximité. Il est ainsi loisible d’observer la grande différence d’attitude devant le clavier de ces deux musiciens. Martha Argerich utilise un siège haut perché, alors que Stephen Kovacevich, à la manière jadis d’un Glenn Gould, est assis très bas sur un tabouret dont on doit même scier les pieds. Ainsi rassemblés, ils abordent un programme musical d’une grande originalité et d’une beauté là aussi complémentaire.



Martha Argerich et Stephen Kovacevich dans la configuration à deux pianos
- Photo Classictoulouse -

Claude Debussy, qui occupe toute la première partie, développe une poésie magique dont les deux interprètes exaltent la finesse et la profondeur. Le fameux Prélude à l’après-midi d’un faune, inspiré du poème de Stéphane Mallarmé, distille ici une fluidité lumineuse différente de sa version pour orchestre. Néanmoins, connaissant la science pianistique raffinée du compositeur, force est de constater que sa propre transcription pour deux pianos s’écoute comme une pièce originale conçue pour claviers. Les deux pianistes, unis comme un seul et même interprète, font vivre, palpiter, s’écouler comme une eau limpide cette partition dont ils soulignent la large dynamique et l’ample respiration. Jusqu’aux confins du silence…
Nettement moins jouée, la pièce intitulée Lindaraja d’après le nom de l’un des patios de l’Alhambra de Grenade, jamais publiée du vivant de Debussy, fut la première œuvre du compositeur expressément écrite pour deux pianos. Cette partition colorée est considérée comme un précurseur de la très fameuse Puerta del Vino du second livre des Préludes. Son rythme de habanera, habilement souligné par les interprètes, lui confère la magie d’un nocturne « dans les jardins d’Espagne »…
L’œuvre tardive pour deux pianos la plus emblématique du compositeur, la plus élaborée, peut-être aussi la plus audacieuse, autrement dit la suite En blanc et noir, referme ce court voyage dans le monde de Debussy. Les tableaux constitutifs de ce triptyque possèdent une étrange force expressive, comme hypnotique. Les deux claviers échangent avec virtuosité les accents contrastés du premier volet, Avec emportement. Le mouvement central, Lent. Sombre, combine l’angoisse et la révolte. La gestion des silences lui confère un poids expressif bouleversant. Enfin, avec le Scherzando final revient la lumière et l’éclat.



Martha Argerich et Stephen Kovacevich dans la configuration à quatre mains
- Photo Classictoulouse -

Rachmaninov occupe toute la seconde partie avec sa propre transcription pour deux pianos de ses célèbres Danses symphoniques. Cette partition tardive, imprégnée de souvenirs divers, témoigne, dans sa version originale d’une telle richesse orchestrale que sa « réduction » pour deux claviers pourrait apparaître a priori comme une gageure. Ce serait ignorer la science des couleurs pianistiques dont le compositeur reste le dépositaire et dont les deux interprètes sont capables. Cette éblouissante interprétation s’ouvre sur la puissance rythmique, la vigueur et le lyrisme du premier volet, astucieusement intitulé Non allegro ! L’étrange rythme de valse de l’Andante central prend ici des allures fantomatiques, convoquant les ombres les plus inquiétantes. Quant au final, qui alterne les mouvements les plus extrêmes, il coupe le souffle. Fulgurances et menaces se succèdent dans une urgence haletante. Le Dies Irae prend ici un aspect de victoire.
L’ovation unanime que reçoivent les deux compagnons les incite à revenir sur scène et à offrir pas moins de trois bis. Le premier emprunte les délicieuses harmonies de la Danse de la Fée Dragée, extraite de Casse-Noisette de Tchaïkovski. Puis les deux complices reprennent la belle pièce Lindaraja de Debussy. Enfin, ils se réunissent sur le même clavier pour jouer la Valse n° 6, extraite des Liebeslieder Waltzer Opus 52 pour piano à quatre mains de Johannes Brahms.
Le bonheur est au bout de ces quatre mains !

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 25 avril 2017

 

infos
 

 

Renseignements et locations :
61, rue de la Pomme,
31000 Toulouse,
tél : 05 61 21 09 00.
 
 

Programme du concert donné le 24 avril 2017
à 20 h à la Halle aux Grains de Toulouse

*
C. Debussy
arr. pour 2 pianos par Debussy
- Prélude à l'après-midi d'un faune
- Lindaraja
- En Blanc et noir

* S. Rachmaninov
arr. pour 2 pianos par Rachmaninov
- Danses symphoniques, opus 45

 
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