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Concerts/ Musique en Dialogue aux Carmélites - Saison 2020 -
29 et 30 août 2020
     

CRITIQUE

Renaissance aux Carmélites : de Bach à Berlioz

Le retour à une vie musicale enfin partagée marquait ce dernier week-end du mois d’août. La quatrième saison de Musique en Dialogue aux Carmélites s’ouvrait ainsi sur deux rencontres, deux concerts-lectures consacrés à deux des grands compositeurs de la série des « B majeurs ». Avant de célébrer une fois encore en ce lieu magique le 250ème anniversaire de la naissance de Beethoven (ce sera à la mi-septembre), Catherine Kauffmann-Saint-Martin convoquait deux figures majeures de l’histoire de la musique : Johann Sebastian Bach le samedi 29 août, Hector Berlioz le dimanche 30.

Etant donné les circonstances épidémiques actuelles, toutes les précautions sont prises tout au long du week-end afin de garantir le… dialogue entre sécurité sanitaire et plaisir musical. Les masques équipent le public et la jauge de la chapelle est adaptée à la distanciation physique. Malgré ces dispositions nécessaires, mais peu conviviales, les retrouvailles entre les musiciens et le public s’avèrent chargées d’une émotion palpable.

Il était une fois Johann Sebastian Bach

La rencontre du samedi réunit deux musiciens de l’Ensemble Filigrane, composé ici de Franck Marcon, clavecin, et d’Étienne Mangot, violoncelle et viole de gambe, artiste bien connu des Toulousains notamment pour sa participation déterminante au sein de l’orchestre Les Passions de Jean-Marc Andrieu. Le concept original de cette série consistant toujours à marier lettres et notes, le comédien Laurent Montel assure le fil rouge d’un récit chronologique sur la vie de celui que l’on peut considérer comme le fondateur de la musique occidentale. Très intelligemment choisis, les textes déclamés évoquent les moments forts d’une existence riche en événements « familiaux » et musicaux.



De gauche à droite : Etienne Mangot, violoncelle, Franck Marcon, clavecin, et Laurent Montel, récitant - Photo Classictoulouse -

En effet les épouses et les fils de celui qui sera le Cantor de Leipzig occupent une place importante et justifiée dans le déroulement d’une existence hors norme. Tirés d’ouvrages aussi pointus et notables que « Bach en son temps » de Gilles Cantagrel ou « Les fils de Bach », de Marc Vignal, les textes choisis reprennent également les écrits de Johann Sebastian lui-même et de quelques-uns de ses contemporains.
De la naissance à la mort du compositeur, les grands événements sont habilement commentés par Laurant Montel d’une voix « caméléonesque » qui « tonitrue » autant qu’elle murmure, ceci sans l’aide d’une sonorisation. L’humour cohabite avec l’émotion, la colère avec l’humilité. Certains propos, comme ceux concernant l’opinion de Johann Sebastian vis-à-vis de ses fils tiennent du vaudeville !


Etienne Mangot, ici au violoncelle baroque
©JJ.Ader
O
Les deux musiciens impliqués puisent dans un répertoire intarissable qui balise le récit de manière parfaitement appropriée. Le voyage s’ouvre sur des extraits de la 6ème suite pour violoncelle seul à laquelle Etienne Mangot confère une beauté formelle et expressive admirable, en phase avec l’évocation d’une naissance. Saluons l’habileté et la musicalité parfaite de l’artiste qui jongle sans hiatus aucun du violoncelle baroque à la viole de gambe, deux instruments « cousins » mais néanmoins bien différents. Franck Marcon, au clavecin, ne se contente pas d’accompagner avec ferveur Etienne Mangot. Il pratique une habile ornementation et se glisse avec malice dans les commentaires du texte, comme lors du mythique 1er prélude du Clavier bien tempéré. Notons en particulier que l’aria des Variations Goldberg est ici jouée en duo, la viole de gambe se joignant au clavecin.

Une vingtaine d’extraits musicaux jalonnent le récit. Si Johann Sebastian s’avère le plus souvent cité, quelques pièces de ses quatre fils compositeurs, mais également de Dietrich Buxtehude et Georg Philipp Telemann épicent ce parcours. Répondant au beau succès recueilli par leur prestation, les musiciens offrent en bis l’Arioso de de la Sonate pour viole de gambe et basse continue de Carl Philipp Emanuel Bach. Ce fils dont Johann Sebastian disait sans sourcilier « C'est du bleu de Prusse, ça se décolore ! »

Hector Berlioz révélé

Le concert dominical du 30 août investit un domaine que l’on croit connaître et qui pourtant possède encore quelques zones d’ombre. Le plus célèbre des compositeurs romantiques français, autrement dit Hector Berlioz, n’est pas seulement l’auteur de la Symphonie Fantastique. Et encore cette œuvre majeure et universellement connue recèle-t-elle des secrets à redécouvrir.



De gauche à droite : Sandrine Tilly, flûte, Nicolas Lestoquoy, guitare, Maitane Sebastián, violoncelle, Sarah Laulan, mezzo-soprano, et François Castang, récitant ©JJ.Ader

Le titre de ce concert-lecture, « Eternelle Estelle », révèle une sorte de secret longtemps enfoui concernant la vie intérieure du compositeur. Le personnage d’Estelle Fornier, premier et dernier amour de Berlioz, illumina sa vie et fut certainement son inspiratrice. Le spectacle toulousain, une création originale, s’organise autour d’un texte élaboré par Philippe Hussenot à partir de lettres et d’extraits des Mémoires d’Hector Berlioz particulièrement significatifs. Délivrés avec le talent qu’on lui connait par François Castang, ce fil directeur brosse du compositeur, de sa vie mouvementée, de ses doutes et de ses enthousiasmes, un tableau particulièrement touchant. En particulier, les échanges épistolaires entre Hector et Estelle confèrent une conclusion douce-amère à ce voyage. On n’est pas loin des évocations désabusées de L’Education sentimentale de Gustave Flaubert.
Musicalement, on retrouve avec surprise la signification du fameux thème musical qui ouvre la Symphonie fantastique, thème secrètement baptisé « thème d’Estelle ». Joué avec une tendresse et une musicalité exemplaires par la flûtiste Sandrine Tilly, il ouvre cet itinéraire initiatique particulièrement émouvant. La violoncelliste Maitane Sebastián et le guitariste Nicolas Lestoquoy, deux excellents musiciens, complètent l’ensemble instrumental qui balise le récit. Les partitions abordées, conçues pour grand orchestre, s’avèrent habilement transcrites pour ce trio par Julien Costa.



Les mêmes au large salut... ©JJ.Ader

L’essentiel du programme est constitué de pièces vocales, interprétées ici par la mezzo-soprano Sarah Laulan. Déjà remarquée pour ses qualités vocales et expressives dans la création récente de l’opéra L’Annonce faite à Marie, de Marc Bleuse, Sarah Laulan aborde avec détermination le cycle des six mélodies sur des poèmes de Théophile Gautier, Les Nuits d’été. L’ampleur de sa projection vocale impressionne. La richesse de son timbre confère à chaque mélodie son caractère particulier, de la fièvre à la mélancolie. Elle complète ce recueil majeur avec deux pièces significatives. A la mélodie La Captive, composée en 1832 pendant son séjour romain, sur un poème de Victor Hugo, succède la noblesse de l’air de Didon « Adieu fière cité », extrait de son monumental opéra Les Troyens.
Ce touchant voyage s’achève (presque !) sur le retour émouvant du thème d’Estelle. Presque car un bis inattendu vient néanmoins répondre à l’accueil chaleureux du public. En effet la reprise de Villanelle, des Nuits d’été, associe la voix de François Castang à celle de Sarah Laulan. Un duo mémorable !

Le second cycle de Musique en Dialogue aux Carmélites se déroulera dans ce même lieu les 13 et 27 septembre prochains. Beethoven et Bach en seront les « B majeurs ».

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 31 août 2020

 

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